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14 mai 2018 1 14 /05 /mai /2018 17:18

 

Nous partîmes trois, devînmes quatre, arrivâmes deux.

Cela faisait presque 11 mois jour pour jour que le dernier épisode de la GTJ était sorti. Aussi était-il temps d’avancer un peu sur le parcours. L’équipe de ce nouvel épisode est un mix de celles des épisodes 1 et 2, et se compose de la frangine, Céline et Léon en plus de moi-même. Nous sommes à 2 voitures, ce qui nous évite d’avoir à transporter toutes nos affaires sur le dos (Céline et moi revenons tout juste de Majorque où nous avons réalisé la grande randonnée de « La route de la pierre sèche » dans ces conditions d’itinérance, on vous en parle ici). Comme d’habitude, on vous épargnera le descriptif du ballet des véhicules pour se concentrer sur la rando.

 

Nous sommes donc partis à 3, Céline, Léon et moi, le samedi après-midi. Le week-end a commencé par une visite à Môtiers, chez nos amis suisses du Paléo, qui ont eu l’excellente idée de nous proposer de pousser jusqu’au village d’à côté où avait lieu un petit concert. Gadjo, c’est le nom du groupe, a joué une bonne heure, dans le décor fort agréable de cet ancien séchoir à absinthe. La soirée était vraiment sympa. Ce que l’on ne vous détaillera pas, c’est l’heure à laquelle elle s’est terminée, l’heure à laquelle nous sommes rentrées au logement airbnb, et la difficulté que nous avons eue à nous lever le lendemain pour attaquer les deux gros jours de rando.

 

6 mai 2018 : étape 9 : Les Alliés - Malbuisson

 

Nous retrouvons la frangine et gagnons Les Alliés (975m d’altitude), où Maud et moi nous étions arrêtées il y a presque un an. L’église est toujours à la même place, la GTJ aussi, il fait super beau, on se lance.

06.05.18. Au départ des Alliés

06.05.18. Au départ des Alliés

Nous passons entre les champs en fleurs, c’est calme, la température est idéale, bref, parfait. Il nous faut cependant rester attentives, car le balisage n’est pas au meilleur de sa forme. Après la ferme de la Barillette, nous entrons dans les bois, et là les traits rouges et blancs deviennent presque invisibles. Ils ne sont pas inexistants, on les devine parfois, mais il faut vraiment les chercher pour repérer la peinture trop vieillie. Il y a bien quelque fois où, même en cherchant, on ne les trouve pas, mais nous poursuivons le chemin par la logique, et ça semble fonctionner. En tout cas, on arrive bien là où l’on est censées arriver.

La pause déjeuner, accueillie avec plaisir par Léon

 

Sans nous en rendre compte, nous sommes passées en Suisse (nous repasserons en France de la même manière).

La pause déjeuner se fait au milieu d’une grande pâture. On ne mange pas sur le pouce, mais on ne s’attarde pas trop non plus : il nous reste du chemin !

 

Nous repartons donc à travers champs.

 

Au moment où l’on se dit que le balisage s’est grandement amélioré, nous reperdons sa trace. Mais la logique de l’une, la carte de l’autre et la vue perçante de la troisième permettent de rester sur le bon chemin (on ne vous cache pas que Léon est peu utile dans ces moments d’hésitation).

06.05.18. Fort Malher

 

 

On monte, on descend, le vent se lève, le ciel se couvre, avec la veste on a trop chaud, mais sans on a un brin froid. Mais tout ça, on l’oublie quand on arrive au niveau du fort Mahler (du nom du général Jean-Pierre Mahler, 1761-1808) depuis lequel on a une vue superbe sur le château de Joux.

06.05.18. Château de Joux, vu depuis le fort Mahler

06.05.18. Château de Joux, vu depuis le fort Mahler

Bâti il y a dix siècles, son architecture est signée Vauban (quelle surprise dans cette région... - j'ironise bien sûr). Les bâtiments qui le composent datent cependant de différentes époques, et ont accueillis, entre autres, Mirabeau (incarcéré à la demande de son père pour des dettes de jeu) et Toussaint-Louverture (ancien esclave devenu général en chef des armées de Saint-Domingue, Bonaparte le fait arrêter sous la pression des colons blancs avant de rétablir l’esclavage). Il y a aussi l’histoire de Berthe de Joux, enfermée 12 ans dans son cachot. Aujourd’hui, on n’a pas le temps pour la visite, mais c’est dommage, parce que dans mes souvenirs, elle était chouette.

 

Nous descendons au Frambourg, remplissons nos gourdes au cimetière, remontons au parking du château et bifurquons sur un sentier. Après une bonne grimpette dans la forêt, pas longue, mais très raide, nous suivons une piste forestière puis une petite route jusqu’aux Granges Tavernier. Il y a des grondements au loin, mais je me persuade que ce sont des bruits de camions ou tracteurs malgré les nuages un brin menaçants. C’est en supportant très bien nos vestes, cette fois, que nous arrivons au-dessus du lac de Saint-Point, 3ème plus grande étendue d’eau naturelle de France : 398 ha, 8 km de long, 62 m de profondeur à l’endroit de la cassure sous-marine appelée « trou noir ».

06.05.18. Vue sur le lac de Saint-Point depuis Montperreux

06.05.18. Vue sur le lac de Saint-Point depuis Montperreux

Avec ces nuages, on a l’impression qu’il va bientôt faire nuit. On accélère un peu la cadence, surprises de ne pas avoir avancé plus vite. On échange sur ce point, on se rend compte qu’en pensant adapter son rythme aux autres, chacune a marché en sous-régime. Un peu plus loin, une montée contraint Céline et moi à ralentir à nouveau. La frangine et Léon ne semblent même pas remarquer la petite difficulté, que le topoguide qualifie pourtant de « forte pente ».

 

Finalement, le ciel se dégage, on y voit à nouveau très bien, on profite même d’un très beau coucher de soleil pour terminer cette dernière portion de route.

06.05.18. L'équipe dans le soleil couchant

06.05.18. L'équipe dans le soleil couchant

Le soir, nous retournons au airbnb que Céline, Léon et moi avons déjà occupé la nuit précédente. Pour info, il est situé à Rochejean, et il est vraiment top !

 

Bilan journée : 32 km d’après le topoguide, 37 d’après l’appli de Céline (mais je ne vous cache pas que j’ai parfois quelques doutes quant à sa précision)

Avancée GTJ : 163,8 km

 

7 mai : étape 10 : Malbuisson - Mouthe

 

Le lendemain, on pensait être au taquet, mais bien sûr c’est raté, et on prend la route aux alentours de 10h30.

Nous partons de Malbuisson, où nous avons terminé la veille. Il fait de nouveau très beau.

07.05.18. Peu après Malbuisson

07.05.18. Peu après Malbuisson

Et même, rapidement, il fait très chaud. Une partie de la matinée se marche sur bitume ou cailloux le long d’une voie ferrée, avec peu d’ombre : j’ai sorti le bob et Léon peine un peu (en plus de la chaleur, il a peut-être aussi quelques courbatures de la veille, il faut dire que quand nous on fait 30 bornes, lui doit en faire environ 50 !).

Nous faisons la pause dèj’ aux Hôpitaux-Neuf, anticipant le besoin d’énergie pour les plus de 400m de dénivelé des 5 prochains kilomètres (Hôpitaux-Neuf : 993m – Morond : 1 419m). Nous montons par la route à travers un petit lotissement, retrouvons le chemin et nous installons là, en plein milieu, ce qui ne dérangera absolument personne.

Au moment de repartir, la frangine se rend compte que ce chemin (balisé rouge et blanc !) nous ramène aux Hôpitaux-Neuf que nous quittons à peine. On regarde partout, on réfléchit, on va voir plus loin. Il y a effectivement un autre balisage (avec des panneaux en plus) qui reprend un peu plus loin. Nous avons failli tourner en rond, mais ne sommes pas en cause et nous en sortons bien ! On entame la montée.

 

Jusqu’à l’intersection du Pouillet, tout se passe bien -à part que ça monte, j’entends- mais au carrefour suivant, plus rien. Quatre possibilités de chemin, et zéro indication. Pas de panneau, pas de traits rouges et blancs (ni dans un sens ni dans l’autre), juste une petite randonnée balisée en jaune dont nous ignorons l’origine et la destination. Nous croisons des VTT, qui ne connaissent pas la GTJ mais nous renseigne sur la direction du Morond. Un peu plus tard, alors que Céline, Léon et moi sommes retournés en arrière pour vérifier que nous n’avons pas loupé de carrefour, ces mêmes VTTistes font, de très loin, signe à la frangine pour lui confirmer que nous devons les suivre. Nous retrouvons notre balisage -Merci à eux !- qui longe une piste de descente de VTT. Nous avons donc le loisir, au fur et à mesure de notre ascension, de faire de petites pauses pour regarder les vélos débouler à fond les ballons en se demandant s’ils en ont autant ch*** que nous dans la montée. Plus loin, nous aurons la réponse à cette question : ils n’en chient pas du tout : ils montent par le télésiège venant de Métabief.

07.05.18. Vue depuis la station

07.05.18. Vue depuis la station

Il y a du monde au Morond, avec ces vélos partout et plein de marcheurs. Nous ne nous attardons pas et contournons la station pour découvrir une petite étendue d’eau, vers laquelle nous descendons. Nous la contournons et remontons de l’autre côté, direction le Mont d’Or !

07.05.18. Vue depuis le Mont d'Or

07.05.18. Vue depuis le Mont d'Or

Pour en atteindre le sommet (1 461m) il faut quitter notre itinéraire GTJ et marcher 10 mn de plus (20 aller-retour). Pas vraiment besoin de nous concerter pour poursuivre notre parcours sans s’ajouter de bornes supplémentaires.

 

La suite est une succession de pâtures, aussi mignonnes que les granges qui les garnissent sont imposantes. Comme la veille, le vent se lève, le ciel devient sombre, et les camions tonnent. Au bout d’un moment, il faut se rendre à l’évidence : ce ne sont définitivement pas des camions. L’orage approche. On accélère. On finit par se prendre l’averse, mais rien de bien méchant, et derrière, le soleil brille. Après une hésitation (qui nous a paru très longue), l’orage décide de nous contourner et nous laisse, comme la veille, un ciel superbe pour le début de soirée. C’est donc dans une lumière magnifique que nous découvrons la source du Doubs.

07.05.18. Source du Doubs

07.05.18. Source du Doubs

Nous rejoignons Mouthe sans problème. Céline et Léon doivent rentrer chez eux le soir même et reprennent aussitôt la route.

Avec la frangine, on se paie le luxe d’une dernière nuit sur place, pour refaire une petite marche le lendemain (10 km qui n’ont pas d’intérêt à figurer ici). Nous sommes accueillies par Véronique au gîte d’étape La Randonnée. Nous avions réservé 2 places en dortoir, mais pour des raisons pratiques, Véronique nous propose la petite chambre, avec salle de bain privée. La chambre est charmante, comme l’hôtesse est accueillante. Nous discutons du trail Oxfam, que Véronique a fait 2 ans plus tôt et pour lequel je suis en cours de préparation.

Mais pour de vrai, après cette deuxième journée, on ne fait pas long feu.

 

Bilan journée : 30,5 km

Bilan épisode : 62,5 km

Avancée GTJ : 194,3 km

Et la suite : épisode 6

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La route hors du monde - partie 3 - Au bout du chemin

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