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23 mai 2018 3 23 /05 /mai /2018 17:42

Le GR 221 permet de découvrir les paysages de la pierre sèche de la Serra Tramuntana, déclarée aujourd’hui Patrimoine Mondial de l’UNESCO dans la catégorie Paysage Culturel. Le parcours longe parfois la cote et parfois à proximité des sommets les plus important de la sierra. Cette combinaison, à laquelle s’ajoute la diversité de la végétation, en particulier les chênaies denses et la garrigue typique de la Méditerranée, contribue à la beauté des paysages du sentier.

Guide de la Ruta de pedra en sec du Consell de Mallorca

La Route de la pierre sèche – Partie 1 – Port d’Andratx - Muleta

Tout a commencé avec l’achat du bouquin « Randos autour du monde » à Nature & Découverte, qui répertorie, comme son nom l’indique en partie, les plus beaux sentiers de grande randonnée à

22.04.18 - L'équipe

travers le monde. Quand Céline a demandé où on pourrait partir en vacances en avril ("et faut pas que ce soit trop loin parce qu’on a peu de temps"), on a tout naturellement ouvert le livre et inspecté ses propositions selon nos différents critères.

Deux choix nous sont apparus.

La sélection s’est ensuite faite par la facilité à accéder au départ de la randonnée. C’est ainsi que nous avons choisi la Route de la pierre sèche / Ruta de pedra en sec / GR 221 et que nous sommes parties pour Majorque le lendemain de mon anniversaire.

 

21 avril 2018 : prologue

 

Nous atterrissons à Palma à 17h45, récupérons le bagage en soute et prenons un premier bus jusqu’à la station intermodale, puis un second pour Port d’Andratx. Il nous faut presque 4h pour réaliser l’opération décrite en une phrase, puisque nous arrivons à l’hôtel Catalina Vera (très sympa) à plus de 21h30.

Nous savons que demain, nous commencerons par une étape dite « en projet », c’est-à-dire qui n’apparaît pas dans notre guide et ne bénéficie pas du balisage GR. C’est pourquoi nous avons acheté une carte de la région, et que nous l’étudions soigneusement avant d’aller dormir.

 

22 avril : étape 1 : Port d’Andratx – Estellencs

 

22.04.2018 - La petite cour de l’hôtel Catalina Vera

 

 

Nous quittons l’hôtel à 9h19 après un bon petit-déjeuner. Le Port d’Andratx est très joli, et nous prenons le temps de quelques photos avant d’entamer la marche.

22.04.2018 - Face au port : les montagnes

22.04.2018 - Face au port : les montagnes

Les 5 km entre Port d’Andratx et Andratx sont l’occasion d’un meilleur réglage des sacs (perso, je n’ai pas pesé le mien, je n’ai aucune idée du poids qu’il fait). Il fait beau et déjà chaud. Comme on le sait, nous ne sommes pas encore sur le GR 221 officiel, mais la carte et un peu de logique suffisent pour s’y retrouver. Nous passons Andratx et suivons un chemin de petite randonnée jusqu’à une aire de pique-nique. Nous mangeons au soleil, parce qu’il n’y a pas d’ombre, et repartons assez rapidement pour échapper aux merveilleuses odeurs de barbecue (évidemment, nous, on n’a pas de quoi faire barbec’).

22.04.2018 – Peu après l’aire de pique-nique

22.04.2018 – Peu après l’aire de pique-nique

 

Au départ, tout se passe bien, il n’y a qu’un sentier, on ne peut pas se tromper. Des panneaux indiquant Estellencs apparaissent, nous sommes donc confiantes. Trop peut-être. Au bout d’un moment, il n’y a plus d’indications, et plus vraiment de sentier non plus. Heureusement, Céline comprend rapidement qu’il faut suivre des cairns disposés le long du chemin, ce que nous faisons. De petit tas de cailloux en petit tas de cailloux, nous grimpons sur les collines (montagnes ?) ce qui nous offre un très chouette paysage.

22.04.2018 – Poursuivant les cairns

22.04.2018 – Poursuivant les cairns

Suivre les cairns devient compliqué. Ton sur ton, on ne les repère pas très bien. Nous les perdons une première fois (heureusement, Sandrine repère un autre marquage, un point rouge, à suivre), puis une seconde fois (cette fois, c’est Céline qui a une suspicion de cairn très loin sur un autre sommet). Nous revoilà, péniblement, sur un petit chemin.

Nous avons changé de versant, et le paysage pierreux est devenu herbeux, de hautes herbes, larges et dures, qui poussent en touffes et qui coupent si on s’y accroche. Quand je dis « hautes », c’est qu’au début, elles nous arrivent aux genoux, et qu’au fur et à mesure de notre avancée, elles arrivent à la taille, voire un peu plus. Elles finissent par engloutir le chemin (ou en tout cas, ce que nous pensions être le chemin). Les cairns ont eux aussi disparu. Nous nous écartons du chemin pour essayer d’en trouver, en vain. Nous faisons demi-tour dans l’idée de revenir au dernier cairn que nous avons vu. En vain également : avec ces herbes, nous ne parvenons même plus à retrouver le « chemin » !

Techniquement, nous ne sommes pas du tout perdues, nous pouvons nous situer précisément sur la carte (loin en contrebas, nous voyons la route et le refuge de Coma d’en Vidal), mais. Mais nous sommes au sommet d’une colline/montagne et ne voyons absolument pas comment en descendre. Les herbes sont maintenant parfois plus hautes que moi, la pente est raide et l’heure tourne. Nous tentons de descendre vers un muret plus bas. On ne compte plus les chutes, les roulades et les égratignures, mais on atteint le muret. Guère salvateur, le muret, puisqu’il nous mène à un flanc de colline, beaucoup trop abrupt. Nous poursuivons sur un autre versant (ou alors nous avons changé de colline, on ne sait pas trop) mais c’est la même déception. On réitère l’opération, descendant comme on peut là où ça paraît le moins dangereux.

Après pas mal d’efforts et une bonne montée d’adrénaline, nous terminons notre descente dans une propriété privée et rejoignons la route environ ¼ d’heure avant la nuit. De là, décision collective de ne plus prendre de risque : nous suivons la route, et non le chemin, jusqu’à Estellencs, jusqu’à notre hôtel, jusqu’à une terrasse de resto, jusqu’à une bière et un bon dîner.

 

Bilan de la journée : 31 km.

 

23 avril : étape 2 : Estellencs – Esporles

 

  1. L’étape du jour est beaucoup plus courte et devrait être correctement indiquée.
  2. L’hôtel Maristel & SPA dispose d’une piscine intérieure et d’un jacuzzi (et aussi d'un spa comme son nom l'indique).

Nous voyons ces deux points comme une belle récompense de nos efforts de la veille et décidons d’en effacer les traces par une grasse matinée et un temps de jacuzzi. Revigorées, nous partons à midi.

Le parcours est effectivement bien balisé, par de petits panneaux de bois autrement plus jolis que nos traits tracés (parfois effacés) vite-fait sur des arbres (on peut pour cela se référer au dernier épisode de la GTJ, entre autres). Heureusement, car, dans notre descente infernale de la veille, j’ai lamentablement perdu notre carte !

Le balisage nous emmène au-dessus d’Estellencs puis nous fait suivre un petit sentier sous les arbres. On est à l’ombre, la mer sur notre gauche, des fleurs tout autour, c’est très agréable.

23.04.2018 – La possessió d’Es Rafal

23.04.2018 – La possessió d’Es Rafal

23.04.2018 – Mangeant les casse-croûtes

 

Nous arrivons à Banyalbufar (que je ne parviendrai jamais à prononcer correctement) sans encombre et y mangeons nos casse-croûtes. Nous savons que pour la suite, une bonne grimpette nous attend, et repartons donc assez rapidement. La montée nous paraît un peu longue, mais on réalisera dans la soirée qu’il ne s’agissait que de 300m de dénivelé…

 

 

 

 

De grosses pierres forment à présent le chemin, et on comprend pourquoi le nom de la rando.

 

La descente n’est pas si simple sur ces cailloux branlants, mais on s’en sort.

 

Arrivées à Esporles vers 18h, nous gagnons notre logement, réservé sur airbnb. Notre hôte est super et nous aide à organiser l’étape du lendemain (il a peut-être pitié de nous quand je lui explique que j’ai perdu notre carte).

 

La plus grosse péripétie de la journée se résume au fait que l’une de nous (dont je ne citerai pas le nom pour respecter sa dignité) est restée momentanément enfermée dans les toilettes et a été vaillamment secourue par un allemand (heureusement pour elle, car les deux autres ne l’avaient absolument pas entendue appeler au secours).

 

Bilan journée : 14 km.

 

24 avril : étape 3 : Esporles - Deià (refuge de Can Boi)

 

24.04.2018 – Suivant (à nouveau) les cairns

En sortant d’Esporles, le GR est très bien balisé jusqu’au coll de la Basseta. De là (notre hôte nous a prévenues hier soir) nous revenons à la bonne vieille méthode des cairns. Vue notre expérience du jour 1, nous appréhendons un peu mais, hormis quelques hésitations, nous nous en sortons bien (et bien mieux que beaucoup d’autres, comme nous l’apprendrons par la suite).

La montée au-dessus de Valldemossa est un peu dure, surtout parce qu’il fait chaud, mais le point de vue sur la ville est une belle récompense.

24.04.2018 – Vue sur Valldemossa

24.04.2018 – Vue sur Valldemossa

La descente est elle-aussi difficile, surtout pour les genoux (Céline et moi sommes toutes deux handicapées à ce niveau, personnellement surtout à cause d’une des chutes du jour 1). Nous pique-niquons à côté de l’office du tourisme et nous payons le luxe de prendre une glace. La ville, très touristique, semble jolie, mais nous ne nous attardons pas et reprenons la route. Nous passons par la réserve sur la Muntanya del Voltor. Sur conseil de notre hôte, nous avons demandée l’autorisation (gratuite) de passer par la partie privée de la réserve afin de raccourcir notre parcours.

Notre itinéraire nous fait rapidement ressortir de la partie privée. Là, nous nous retrouvons seules sur un chemin/muraille qui fait passer d’un sommet à l’autre, au-dessus de la mer, dans un paysage d’autant plus beau que l’on ne peut y accéder qu’à pied.

24.04.2018 – Par la réserve sur la Muntanya del Voltor

24.04.2018 – Par la réserve sur la Muntanya del Voltor

La descente, en revanche, est rude : environ 700m de dénivelé réalisés en au moins 2 heures. Nous arrivons à Deià par une sorte de jungle, qui nous rappelle les herbes hautes dans lesquelles on a chu plusieurs fois au jour 1, et qui contraste avec la rudesse du sommet pierreux.

Refuge de Can Boi

Au refuge de Can Boi, le gars qui s’occupe des lieux est en train de servir la popotte quand nous débarquons. On ne sait pas s’il y aura un resto d’ouvert quelque part, alors on demande si on peut manger là. Bien que nous n’ayons pas réservé de repas, le gars accepte de nous servir un petit quelque chose. Nous en profitons pour discuter avec d’autres gens qui ont réalisé l’étape. Un couple de danois et une brésilienne se sont perdus entre Esporles et Valldemossa, à tel point qu’ils ont ensuite gagné Deià en bus. Nous sommes assez fières de pouvoir dire que ce n’est pas notre cas.

 

Bilan journée : 17 km.

 

25 avril : étape 4 : Deià – Muleta

 

Petite journée en prévision. Heureusement, car nos trois colloc’ de chambrée ont bien ronflé et on a mal dormi. On arrive à la bourre pour le petit-déjeuner (qu’on ne se souvenait plus avoir réservé) mais le gars (toujours le même) doit avoir pitié de nous et nous le sert quand même (il a dû être content de nous voir partir !).

25.04.2018 - Muleta Gran

25.04.2018 - Muleta Gran

L’étape est facile, la plus grosse difficulté consiste à doubler un groupe de lycéens qui se trimballe sur le chemin. Nous parvenons sans encombre, et sans plus de commentaires, au refuge de Muleta, où nous retrouvons nos voisins de chambrée et quelques autres de can Boi.

 

On abandonne les gros sacs et on repart, toujours à pied, jusqu’au Port de Sóller, où l’on a tout le temps de manger, se balader et acheter des cartes postales. On n’en est pas encore à acheter des souvenirs, parce qu’on sait qu’il faudra ensuite les porter sur notre dos !

25.04.2018 : Vue sur Port de Sóller

25.04.2018 : Vue sur Port de Sóller

Nous retournons ensuite au refuge pour nous installer et faire nos lits dans cet immense dortoir d’au moins une trentaine de places. Après un brin de nettoyage (corps et vêtements), nous redescendons au Port pour manger et poster nos cartes écrites entre-temps. A croire qu’on ne marche pas suffisamment le reste du temps.

Les refuges ont des horaires précis, il nous faut être rentrées pour 22h/22h30 pour une extinction des feux à 23h.

Au final, nous aurons fait 23 km alors que c’était censé être notre journée de repos.

 

Pour la suite de la route de la pierre sèche, c'est ici.

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La route hors du monde - partie 3 - Au bout du chemin

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