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29 mai 2018 2 29 /05 /mai /2018 21:15

Suite (et fin) de notre grande randonnée à travers la Serra Tramuntana (Majorque) dont on peut retrouver les premières étapes juste ici.

 

26 avril : étape 5 : Muleta – Tossals verds (refuge que nous appellerons affectueusement « refuge du crapaud »)

 

Nuit mouvementée, non à cause des ronflements, mais parce que, en courants d’airs, porte et fenêtres ont claqué une partie de la nuit. Nous nous levons donc la tronche enfarinée pour le petit-dèj et sommes déçues de constater qu’on nous propose du jus d’orange en brique alors qu’il y a de belles oranges juste à côté des tables (ce sera d'ailleurs le reproche qu'on pourra faire à tous les refuges suivants). Mais apparemment, l’orange pressée, c’est en supplément. C’est frustrant, parce qu’il y a des orangers couverts de fruits partout. Et on ne parlera pas des citrons, aussi gros que les oranges.

 

Du refuge à Sóller, rien de particulier, hormis qu’il ne fait pas beau et que le vent est froid.

Dans Sóller, le balisage redevient bof bof (ça faisait longtemps, on n’était plus habituées !) et on se paume un peu. Le mini-plan de la ville dessiné dans le guide nous permet de nous en sortir sans perdre trop de temps.

Nous nous arrêtons manger à la sortie de la ville, car nous savons que nous aurons besoin d’énergie pour la suite…

Petit échauffement entre Sóller et Biniaraix.

Après Biniaraix, nous commençons à monter un large escalier (en pierres évidemment) aux marches pas trop hautes.

26.04.2018 – Entre les montagnes du Morro de ses Solanes et d’Es Cornadors

26.04.2018 – Entre les montagnes du Morro de ses Solanes et d’Es Cornadors

Et on monte encore.

Et encore.

La vue superbe donne envie de s’arrêter à chaque tournant. On aperçoit, au loin, le phare des Cap Gros, point de départ du matin. Puis il disparait au coin de la montagne.

26.04.2018 – Barranc de Biniaraix

26.04.2018 – Barranc de Biniaraix

 

On monte encore un peu, dans la forêt à présent, jusqu’à arriver quasiment au sommet avec (encore) une vue superbe sur le bassin de Cúber. Le vent est très froid, on ne s’attarde pas et on descend à travers les pâtures, entre les ânes, les chèvres et les moutons.

 

Suivant le balisage GR, nous contournons le bassin et prenons la direction du refuge en longeant un canal à hauteur d’homme qui transvase l’eau du réservoir du Gorg Blau à celui de Cúber.

26.04.2018 - Bassin de Cúber

26.04.2018 - Bassin de Cúber

 

Une dernière montée, puis une nouvelle suite de beaux paysages, enchaînement de montagnes et vallées qui nous amène au refuge du crapaud dans la lumière orangée du soleil déclinant.

26.04.2018 – Non loin du refuge de Tossals verds

26.04.2018 – Non loin du refuge de Tossals verds

Bilan journée : le guide prévoyait 28 km, le téléphone de Céline nous en donne 33. Je décide que cette étape sera ma préférée, mais celle du lendemain me fera douter. 

 

27 avril : étape 6 : Tossals verds – Son amer

 

Nous avons eu la chance de dormir dans un dortoir de 6, au calme. Ce n’est pas plus mal, car si l’étape d’hier était la plus longue et celle avec le dénivelé positif le plus important, celle d’aujourd’hui est celle où nous atteindrons le point culminant de la Route, au Coll des Prats, à 1 200m.

En grande forme, nous quittons le refuge du crapaud, suivant, comme à notre habitude, les panneaux GR 221, sans se demander pourquoi ils n’indiquent que des villes que nous n’avions pas identifiées sur notre itinéraire. C’est après un bon kilomètre de descente qu’un panneau avec une carte nous informe que nous sommes parties à l’exact opposé de notre destination. Nous remontons au refuge : 40mn de perdues pour une erreur stupide.

Nous repartons sur le bon chemin, et il me faut 20mn pour réaliser que c’est celui par lequel nous sommes arrivées la veille. En grande forme, je vous dis. Après ça, je décide de ne pas m’occuper de l’itinéraire aujourd’hui, Sandrine et Céline s’en sortiront beaucoup mieux sans moi.

Nous refaisons donc une partie du chemin de la veille (et c’est normal) jusqu’au fond de Prats, puis direction le coll. Ça grimpe gentiment au début, un bon chemin en terre et pas en pierres, à l’ombre des arbres… on est confiantes. A peine cette réflexion faite, ça se complique : pente plus raide, cailloux qui roulent, en plein cagnard. C’est dur, mais on arrive en haut, le souffle coupé autant par l’ascension que par la vue : d’un côté, des montagnes à l’infini, de l’autre, discrète entre deux sommets, la mer.

27.04.2018 – Vue depuis le Coll des Prat

27.04.2018 – Vue depuis le Coll des Prat

On mange là, un peu envahies par les moucherons, en se demandant comment le mur sur le flanc de la montagne peut tenir sans être cimenté, et combien de kilomètres il peut bien y en avoir dans la Tramuntana. C’est aussi à ce moment qu’on entend un bruit bizarre, au loin. Dans ma tête, ça fait comme le passage d’un train, un TGV qui s’approche puis qui s’éloigne, ce qui parait très peu probable vu l’endroit.

27.04.2018 – Vue depuis le Coll des Prat

27.04.2018 – Vue depuis le Coll des Prat

Nous entamons la grosse descente de la journée quand le bruit non identifié se fait de nouveau entendre. On s’arrête, on cherche sa provenance, il est plus proche… Tout à coup, une nuée d’oiseaux (pour moi des hirondelles, mais Sandrine n’est pas d’accord et elle a sans doute raison) passe à toute allure au-dessus de nous et se précipite vers le vide ! Ce son, c’est le bruit de leur vitesse ! Impressionnant. Nous aurons l’occasion de le réentendre un peu plus bas, histoire de vérifier qu’on n’a pas complètement halluciné.

27.04.2018 – Monastère de Lluc

 

La descente jusqu’à Lluc se poursuit. Nous passons devant le monastère, qui a l’air superbe, mais nous lui préférons la terrasse d’un café pour finir la journée.

Nous terminons tranquillement au refuge de Son Amer, une très belle bâtisse, où nous retrouvons un groupe de Français que l’on suit depuis Can Boi, notre couple de Danois et quelques autres.

27.04.2018 – Refuge de Son Amer

 

Nous sommes dans un dortoir de 24 lits... 

 

Bilan journée : 16 km

 

28 avril : étape 7 : Son amer – Pollença

 

Les 24 lits du dortoir grincent terriblement, on a l’impression qu’un insomniaque monte et descend un vieil escalier en bois toute la nuit. On n’ose pas trop bouger. Pourtant, on dort plutôt bien.

 

L’étape du jour n’est pas longue et sera surtout descendante. Genouillère et bâtons sont de sortis pour les deux handicapées des genoux.

Nous commençons par monter, un peu, rien de difficile vus les jours précédents. Petit pincement au cœur : on sait que c’est notre dernière montée, car demain ne sera qu’un faux plat descendant. Déjà, le paysage n’est plus celui de la Tramuntana auquel nous nous sommes très bien habituées (mais dont nous ne nous sommes pas du tout lassées !). Les montagnes perdent de leur hauteur et nous les contournons par le bas au lieu d’en attaquer l’ascension. On prend moins de photos, c’est mauvais signe.

Nous longeons de loin la route Ma-10 ainsi qu’un petit ruisseau. C’est vert, c’est mignon, mais tellement rien à voir avec les sommets qui nous ont époustouflées qu’on a du mal à apprécier cette simplicité.

 

Nous arrivons à Pollença en début d’après-midi et posons nos sacs au refuge de Pont Roma pour aller nous balader en ville le dos léger.

28.04.2018 – Les 365 marches de l’église du calvaire

 

Déjeuner en terrasse, puis nous montons les 365 marches pour atteindre l’église du calvaire. Nous les redescendons en s’arrêtant dans les magasins de souvenirs. Cette fois, nous pourrons en acheter si l’envie nous en prend, car ils ne pèseront pas très longtemps dans le sac. Nous avons du temps devant nous, et nous en profitons bien.

28.04.2018 – Vue depuis l’église du calvaire

28.04.2018 – Vue depuis l’église du calvaire

Plus tard, nous allons également voir le petit pont romain, duquel le refuge tire son nom. Puis, comme c’est déjà le soir, on retourne manger. On se dégote un petit resto au top, mais je serai incapable de vous dire son nom ou de préciser son emplacement...

Petit doute sur l’heure du couvre-feu du refuge alors on rentre en pressant le pas. Ne manquerait plus qu’on se retrouve enfermées dehors. Mais tout va bien, nous sommes en avance, et cela nous laisse le temps de bouquiner un peu. Nous n’aurons pas avancé beaucoup dans nos livres respectifs (Brume – Paranoïa, de Stephen King, pour ce qui me concerne et pour ceux que ça intéresse).

 

Bilan journée : 17 km

 

29 avril : étape 8 : Pollença - Port de Pollença

 

Seulement 1h30 pour faire les 6 derniers kilomètres de marche, voilà le prévisionnel de ce dernier jour. Notre idée est d’arriver suffisamment tôt au Port pour attraper le bus de 11h05 qui nous remmènera à Palma.

29.04.2018 – Arrivée au Port de Pollença

 

Autant être concise, car l’étape ne mérite pas plus : il y a du vent, un peu de pluie, et cette dernière portion est moche et inutile.

Après un petit coucou d’au revoir à nos Danois, nous enchaînons nos 6 derniers kil déprimants au possible le long de la grande route toute droite. Il n’y a aucun intérêt à considérer cette portion comme une étape en elle-même, mieux aurait valu la coupler avec celle de la veille (largement possible en termes de temps et de distance) !

Mais c’est vrai qu’une fois arrivées au Port… ça y est, on l’a fait ! On n’en revient pas comme la semaine est passée vite !

Mais pas le temps de s’appesantir, il nous faut partir à la recherche de l’arrêt de bus. Après un dernier regard au panneau, de ceux qui nous ont guidées tout au long du GR 221, nous quittons la jetée.

29.04.2018 – Port de Pollença

29.04.2018 – Port de Pollença

Il y a du monde à l’arrêt de bus et, quand le bus arrive (un TIB jaune, comme nous en avons repérés plusieurs durant notre parcours, et dont on peut retrouver les horaires ici), nous obtenons de justesse les trois dernières places assises. Les autres gens doivent se contenter d’attendre debout dans l’allée centrale. La majorité descendra de toute façon à Pollença, que nous venons de quitter.

Nous poursuivons dans ce bus gelé par la clim jusqu’à la station intermodale de Palma là où, une semaine plus tôt, nous attendions le bus pour Port d’Andratx.

Nous gagnons le New Art Hotel à pied pour y déposer nos affaires et repartons, direction la plage puis le centre-ville pour manger. Soleil et bières/sangria aidant, nous retrouvons une certaine gaieté malgré le vent et surtout, le fait qu’il s’agisse de notre dernier après-midi sur l’île.

Nous nous promenons tout l’après-midi dans Palma, puis c’est le retour à l’hôtel.

29.04.2018 – La plage de Palma

29.04.2018 – La plage de Palma

Le lendemain, notre avion décolle à 7h. Nous réglons nos réveils à 5h10, le temps de se rendre à l’aéroport, d’enregistrer le bagage en soute et de passer le contrôle de sécurité. Là, ça devient vraiment tristounet. Ce qu’on ne sait pas encore, c’est que pour rajouter au déprimant de la situation, demain, en France, nous arriverons avec vent, froid et pluie, et Sandrine découvrira un problème sur sa voiture.

Nos inconscients se sont peut-être doutés qu’il ne fallait pas rentrer tout de suite, car nous avons bel et bien failli rater notre avion, en traînant trop longtemps dans le duty free de l’airport !

Mais finalement, nous embarquons, nous décollons et nous essayons de repérer, depuis le ciel, la chaîne de montagnes que nous avons suivie pendant ces huit jours superbes.

La Route de la pierre sèche – Partie 2 : Muleta – Port de Pollença
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La route hors du monde - partie 3 - Au bout du chemin

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