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13 août 2019 2 13 /08 /août /2019 20:51

 

Suite et fin du magnifique trek du Laugavegur, en Islande. Pour celles et ceux qui ont loupé le début, c'est .

 

27 juin 2019 : étape 3 : Alftavatn – Botnar-Emstrur

 

Nous démarrons sous un ciel plus clément que la veille et avec moins de vent. Le parcours commence par une petite montée pour se mettre en jambes. On arrive à avoir trop chaud. Les nuages sont bas, mais pas menaçants.

27.06.2019. Quittant le refuge d'Alftavatn

27.06.2019. Quittant le refuge d'Alftavatn

Nous réalisons notre premier déchaussage de la journée. C’est toujours plus agréable quand on n’est pas pressées par la pluie, même si l’eau reste très froide !

Refuge de Hvanngil

 

Nous faisons une brève halte au refuge de Hvanngil pour utiliser les toilettes. Comme les précédents, ce ne sont que quelques maisonnettes au milieu de nulle part auxquelles on n’accède qu’à pied ou en 4X4. Ou à vélo pour quelques fous/courageux (oui oui, on en a vus, ils réalisaient le trek dans le même sens que nous. On pourrait sûrement écrire tout un roman à leur sujet mais ce n’est pas le lieu).

27.06.2019. Non loin du refuge de Hvanngil

27.06.2019. Non loin du refuge de Hvanngil

 

Peu après le refuge, un pont permet de traverser une rivière au courant trop violent pour passer à gué.

 

Le 2ème déchaussage de la journée (4ème depuis le départ) est le plus difficile. La rivière est nettement plus haute, arrivant presque aux genoux des plus petit/e/s d’entre-nous. Il y a plus de courant et le lit est nettement plus large. On hésite sur l’endroit où traverser, on regarde où passent les autres, on apprend de leurs erreurs, on se lance… Certain/e/s font une halte sur un banc de cailloux au milieu de la rivière, d’autres font la traversée d’une traite… L’eau est froide, on le sent vraiment cette fois. On se répète que c’est bon pour la circulation, tout en ayant conscience de perdre un peu de sensibilité au niveau des orteils de seconde en seconde. Et comme les bâtons (8€ - 500g) sont utiles pour se stabiliser ! On a l’impression qu’on ne pourra plus jamais randonner sans eux.

27.06.2019. Désert noir

27.06.2019. Désert noir

Après cela, nous traversons un désert de sable/cendres noir, qui semble étirer les distances autant que le temps. Tout est sombre et il n’y a pas un bruit autre que celui de nos pas. Parce qu’à part une remarque de temps en temps à propos des lieux, nous n’avons apparemment rien à dire. Le désert noir nous enlève les mots. Pour ma part, je ne trouve pas l’endroit beau, c’est bien trop au-delà de la désolation pour être beau, mais c’est fascinant, presque hypnotique. On se demanderait presque si on a le droit d’être là, pas le droit du point de la loi des humains, mais le droit accordé par la Nature elle-même.

27.06.2019. Désert noir

27.06.2019. Désert noir

Pour autant, ces considérations ne nous coupent pas l’appétit. Nous mangeons en plein vent, parce que nous ne trouvons pas vraiment d’endroit à l’abri, et repartons rapidement avant d’attraper froid.

 

Refuge d'Emstrur

Le refuge d’Emstrur est bien planqué derrière une colline et nous le découvrons au dernier moment : plusieurs petites cabanes… au milieu de nulle part. Ici, nouvelle surprise : nous devons dormir à 2 personnes par matelas ! Bon. On laisse nos affaires, on avisera en revenant. Car cette fois, on ne se fait pas avoir : il y a une nouvelle balade à faire dans les alentours et on compte bien en profiter.

Et quelle bonne idée on a eue là !

Nous découvrons ce qui sera pour moi probablement le plus bel endroit de ce trek : le canyon Markarfljotsgljufur. Le canyon en lui-même est très impressionnant, profond de 200m et paré de ces couleurs incroyables que l’on a déjà croisées à plusieurs reprises. En haut de ces à-pics et face aux deux grands glaciers que sont Eyjafjallajökull et Myrdalsjökull, on se sent paradoxalement à la fois le roi du monde et rien du tout. Mais ce qui rend ces images encore plus précieuses à mon sens est leur quasi-inaccessibilité, l’effort qu’il faut fournir pour les atteindre et le sentiment de quiétude qui se dégage de cet ensemble.

27.06.2019. Markarfljotsgljufur

27.06.2019. Markarfljotsgljufur

Je crois que je pourrais rester assise ici des heures. Malheureusement, le ciel se couvre. De toute façon, une douche à 100 kr (≈ 70 cts) la minute nous attend.

27.06.2019. Markarfljotsgljufur

27.06.2019. Markarfljotsgljufur

La soirée, comme les précédente, est calme. La pluie tombe. Nous discutons joyeusement avec un couple de Québécois qui loge dans la même cabane que nous. Eux font le trek en 3 étapes (comme d’autres, ils ont couplé les 2 premières étapes de 12 km en une seule de 24). Ils ont déjà fait leur petit tour d’Islande et ils nous donnent des infos sur les lieux à voir.

Finalement, notre cabane-dortoir n’étant pas au complet, je parviens à avoir un matelas pour moi toute seule.

 

Compteur : 15km sur le trek

+ balade le long du canyon

 

28 juin 2019 : étape 4 : Botnar-Emstrur – Thorsmörk

 

On a un peu de mal à le croire, mais c’est déjà le dernier jour. On essaie de ne pas trop y penser, et on part sous un ciel incertain mais sans pluie. Et ce ciel ne fera que s’éclaircir au fur et à mesure de la journée, jusqu’à nous offrir un magnifique soleil à notre arrivée. Mais nous n’en sommes pas encore là.

28.06.2019. Quittant le refuge d'Emstrur

28.06.2019. Quittant le refuge d'Emstrur

Nous poursuivons d’abord dans ce paysage désolé que nous commençons à connaître sans pour autant nous en lasser. On traverse des ponts, on grimpe des petites côtes, qui sont l’occasion de rattraper, ou se faire rattraper par d’autres marcheurs, de ceux que l’on côtoie depuis un soir ou deux dans les refuges.

28.06.2019. Entre Emstrur et Thorsmörk

28.06.2019. Entre Emstrur et Thorsmörk

Assez rapidement, quelques fleurs de toutes les couleurs réapparaissent. Puis ce sont des buissons, et encore plus loin, des arbrisseaux avec de l’herbe. Après la désolation, cet endroit ensoleillé plein de verdure est paradisiaque. Pour couronner le tout, il y a même une jolie cascade. On décide de s’arrête là pour manger. La météo nous permet un vrai pique-nique, on étale la cape de pluie en guise de nappe, certaines se mettent même en tee-shirt. Qu’elle semble loin la traversée dans le blizzard ! Pourtant, c’était hier… (façon de parler hein)

Nous passons la rivière -sur un pont !- et remontons de l’autre côté, ce qui nous donne un nouveau superbe point de vue. De là, on voit très nettement l’étrange démarcation entre le côté désertique que l’on quitte et le paysage de plus en plus verdoyant qui nous accueille. La rivière est la frontière.

28.06.2019. La rivière frontière

28.06.2019. La rivière frontière

Nous effectuons notre dernier déchaussage. On sait que c’est le dernier, alors, en quelque sorte, on en profite : la rivière est large avec pas mal de courant, mais l’eau n’est pas trop froide, c’est le moment d’un bon bain de pieds !

28.06.2019. Approchant de Thorsmörk

28.06.2019. Approchant de Thorsmörk

Nous entrons ensuite dans la forêt, pleine d’oiseaux et de fleurs. Cela n’a tellement rien à voir avec ce que l’on traversait à peine 10 km plus tôt que l’on a l’impression d’avoir changé de pays.

 

Nous descendons sur le refuge de Thorsmörk-Langidalur. Rachel a tout juste le temps de sauter dans son bus, et la voilà partie pour Reykjavik. Ça a été tellement rapide qu’on n’a pas tout compris. Céline et moi, qui ne repartons que le lendemain en fin de journée, prenons le temps de découvrir notre dortoir -nous ne le partageons qu’avec 2 gars, ce qui nous laisse 2 matelas par personne, une grande première !- et les environs du refuge. On découvre que notre arrêt de bus ne se situe pas à Langidalur, mais à 2km de là. Le pas léger sans nos gros sacs, nous faisons l’aller-retour jusqu’à Volcano huts, histoire de checker tout ça.

Refuge de Langidalur - Thorsmörk

Il fait tellement beau que nous réussissons à prendre un coup de soleil. On ne sait pas exactement à quel moment ça s’est produit.

Le soir, on se paye le luxe de dîner dehors, avec un couple de français que nous croisons régulièrement depuis deux jours. Eux, ils vont poursuivre sur le Fimmvörduhals, un autre sentier de grande randonnée qui va jusqu’à Skogar. Nous n’avons pas beaucoup discuté avec eux le long du trek. Avec quelques autres, ils ont été de ceux avec qui l’on a échangé quelques moqueries au moment des déchaussages, quelques mots de bonjour le matin, quelques commentaires sur la journée terminée. Rien de sensationnel, mais déjà, des habitudes, des visages souriants, et surtout cet incroyable parcours en partage.

 

Compteur : 15km sur le trek, pour un total officiel de 54 km (un peu plus diront les podomètres et applications de certain/e/s)

+ quelques pas de-ci de-là

Arrivée sur Thorsmörk - Crédit photo Céline Piot

 

 

29 juin 2019 : épilogue

 

C’est l’anniversaire de Céline, mais on ne le sait pas tout de suite. Cela peut paraître étrange, mais cela fait 5 jours que nous ne comptons plus en dates (« 28 juin », « 29 juin »), nous comptons en étapes (étape ou jour 1, étape 2…). Mais les messages de « Bon anniversaire caniculaire » arrivent rapidement en nombre, nous informant au passage qu’on a bien de la chance de tourner autour de 12-14°c.

Tous nos compagnons de route ont repris le car la veille ou se sont lancés sur le Fimmvörduhals ce matin. On se sent un peu esseulées malgré les autres touristes autour de nous : Thorsmörk étant desservi par les bus, il y a ici bien plus de gens que sur le trek.

Perso, je sens déjà pointer la déprime, mais Céline ne se laisse pas aller. Après un bon petit-déj dehors au soleil, nous laissons nos gros sacs à l’accueil du refuge et nous lançons sur une petite rando autour du Valahnukur. Celle-ci nous amène à un point de vue superbe, mais elle est un peu trop courte à notre goût. On en veut encore, et comme notre car est à 18h, on se lance en toute logique sur la route de Skogar.

29.06.2019. Rando autour du Valahnukur

29.06.2019. Rando autour du Valahnukur

Le lit de la rivière, sec mais plein de cailloux, est assez pénible à traverser. Nous passons sur un pont à roulettes, surprenant mais ingénieux. Puis c’est le refuge de Basar. Nous sommes à Godaland, le Pays des Dieux. Nous parcourons les crêtes, essayant d’enregistrer le plus de détails possibles de cette dernière journée. Enfin, on se lance dans l’ultime montée comme dans un défi : « je suis sûre qu’on peut y arriver en moins d’une demi-heure ! », et on y parvient… avant de faire demi-tour.

29.06.2019. Sur le chemin de Skogar

29.06.2019. Sur le chemin de Skogar

Nous regagnons Langidalur sous la pluie. Patientons sous une grande tente en attendant l’heure du bus. Gagnons Volcano huts.

Bus de retour - Crédit photo Céline Piot

Le bus est un véritable char d’assaut, 4x4, surélevé. Et pour cause, peu après notre départ, le chauffeur nous recommande : « we are going to cross the big river, please don’t put your seatbelt ». Après un regard un peu inquiet vers la rivière que nous nous apprêtons à traverser, nous supposons que, si le bus venait à être renversé par le courant, mieux valait ne pas avoir sa ceinture de sécurité afin de s’extraire facilement. Perspective assez peu rassurante, car il y a effectivement beaucoup de courant. Ça secoue un peu, mais le chauffeur sait ce qu’il fait, et nous passons sans difficulté.

 

La météo se dégrade tout au long du trajet de retour, c’est déprimant au possible.

Nous arrivons à Reykjavik à 21h50. Rachel vient nous faire un petit coucou à notre descente du bus. Elle a visité un peu la capitale aujourd’hui avant de repartir en France demain matin très tôt.

Nous, on va poursuivre le voyage. D’abord, deux jours à Reykjavik, puis un petit road trip dans le sud du pays. Mais je sens bien que, le trek du Laugavegur terminé, la suite du séjour n’aura plus le même attrait malgré le magnifique parcours qui nous attend.

C'est dur de terminer quelque chose qu'on a si longtemps attendu...

2019. Trek du Laugavegur

2019. Trek du Laugavegur

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