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22 juillet 2020 3 22 /07 /juillet /2020 19:42

Presque un an que j’ai commencé à écrire cet article. Qui commençait lui-même par « Un an et trois mois que ». Ce n’est pas très consciencieux tout ça, mais là je m’y mets, parce que j’y retourne bientôt, sur la GTJ… Dire que j’ai commencé cette traversée du Jura en 2017 ! Faut pas être pressé.

Donc (faisons comme si nous étions autour du 20 août 2019).

 

Un an et trois mois que je n’étais pas venue refaire un petit tour du côté de la GTJ. Ça fait long,

et à la fois, le temps passe si vite… Tout ça pour dire que j’étais vraiment heureuse de revenir dans le coin.

Pour cet épisode, ce sera un trajet solo, comme pour la portion La Rasse - Villers-le-Lac. Cela m’oblige à revenir à pied à mon point de départ, où je laisse la vaillante Clio et on sait que ce n’est pas très plaisant de faire deux fois le même chemin. Heureusement, cette fois, les entrecroisements de sentiers permettent de programmer une boucle. J’avancerai donc sur la GTJ (GR509 de son nom officiel) à l’aller et reviendrai par le GR5 au retour.

16.08.19 - Entre Mouthe et la Combe Simon

16.08.19 - Entre Mouthe et la Combe Simon

16 août 2019 : Mouthe – Combe Simon

 

Je pars tranquille le vendredi midi et fais un détour par Maisod pour passer chez une copine récupérer un sac oublié 2 semaines plus tôt. Cette histoire n’a aucune importance, mais elle permet de mentionner un rapide passage à côté du Lac de Vouglans. Malgré mes 5 années franc-comtoises, je n’y étais jamais allée, et c’est bien dommage, parce que c’est magnifique ! Je découvre complètement l’endroit, et je me dis qu’il faudrait vraiment revenir pour profiter pleinement des lieux.

 

La récupération du sac prend un peu plus de temps que prévu (petit papotage oblige) et j’arrive à Mouthe, mon point de départ, beaucoup plus tard que prévu. En soit, ce n’est pas bien grave, j’avais anticipé le coup et n’ai que 7 km à faire avant de rejoindre le chalet de la Haute Joux. On est en août, il fait nuit tard. En plus, aujourd’hui il fait beau. Bref, pas de panique. Sauf que. Sauf que la réception du chalet ferme assez tôt, et qu’ensuite, bien qu’il y ait encore des personnes pour gérer le dîner, ces personnes ne sont pas censées accueillir les retardataires. Au final, il me reste moins d’une heure.

 

Une heure pour faire 7km, c’est jouable, et au pire un quart d’heure de retard, c’est encore un peu excusable, pense naïvement la fille habituée des Audax, ces marches de 25 km qui doivent être effectuées à une moyenne de 6km/h.

Je pars bon train, inutile de dire que je ne m’attarde pas sur le paysage. Une photo de Mouthe pour la forme, et c’est à peu près tout. Je pense que j’avance pas trop mal, mais contrairement aux Audax, là, j’ai un sac sur le dos, et un petit dénivelé dans les pattes.

16.08.19 - Mouthe

16.08.19 - Mouthe

Le chalet m’appelle - pour me prévenir que la réception ferme bientôt. Je ne sais même pas si j’en suis à la moitié du chemin. J’indique que je vais être en retard. Je ne précise pas de combien – je n’en ai aucune idée.

Au final, ce seront environ ¾ d’heure de retard, et la première personne que je rencontre au chalet me fera bien ressentir son hostilité. J’en suis évidemment fort désolée (et ce n’est pas parce que cette tournure de phrase désuète donne un côté comique à l’écriture que je n’en étais pas gênée, sur le coup). Heureusement, une autre dame vient finalement m'accueillir (la première ne m’ayant pas même adressé la parole) très chaleureusement (peut-être me prend-elle en pitié, avec mon visage écarlate et dégoulinant de sueur, et mon sac toujours sur le dos). Toujours est-il que la soirée est très agréable, il y a apéro au chalet, puis plancha avec buffet. J’ai ma petite chambre pour moi toute seule, je lui trouve une forte ressemblance avec celles des ibis budget, et surtout, j’y dors bien (mais où est-ce que je dors mal, de toute façon ?).

 

Bilan journée : 7,5 km

Avancée GTJ : 201,8 km

C’est ainsi que le plut petit tronçon réalisé jusqu’à présent permet de dépasser la moitié du parcours !

17.08.19

17.08.19

17 août 2019 : Combe Simon – La Chapelle-des-Bois

 

Le lendemain matin, on ne s’attarde pas : petit-déjeuner, et on repart. Il fait moins beau, un peu frais même. On est dans le Jura : d’habitude, au bout d’un temps de marche plus ou moins long, on tombe sur une petite montée qui réchauffe. Là, comme par hasard, on est plutôt sur de la descente tranquille : 975m d’altitude pour la Combe Simon, 930m pour Arsure-Arsurette.

A un moment, je ris toute seule (et bêtement, je l’avoue) d’un panneau. Mais le rire ne dure pas, car s’annonce ensuite la montée qui conduit au belvédère du Bulay (1 140m) et pour arriver en haut, chaque inspiration est bonne à prendre !

Mais comme cela vaut le coup !

D’après le topoguide, on doit pouvoir apercevoir le Mont Blanc. Mais soit la vue n’est pas tout à fait assez dégagée, soit je ne sais pas me repérer (plus probable), je ne suis pas certaine de distinguer la bonne montagne. Tant pis. L’endroit n’en est pas moins beau, j’en profite pour pique-niquer.

17.08.19 - Belvédère du Bulay

17.08.19 - Belvédère du Bulay

La GTJ fait ensuite passer par un petit sentier botanique. Je ne fais pas le petit détour par la source de la Saine et ne m’attarde pas non plus à Foncine-le-Haut, parce que mine de rien, il y a un peu de kilomètres à faire aujourd’hui. Je ralentis quand même pour monter le chemin de croix. Ou plutôt, le chemin de croix m’oblige à ralentir, le ralentissement n’étant pas un souhait de ma part mais plutôt une nécessité respiratoire.

 

J’arrive finalement à la Chapelle-des-Bois en fin d’après-midi. J’ai un peu de mal à me repérer et à trouver le gîte d’étape, la maison du montagnon. Mais au moins, cette fois, pas de stress concernant l’heure d’arrivée à la réception !

Il y a 2 lits superposés dans la petite chambre, que je partage avec un couple de soixantenaires. Grands randonneurs, ils me racontent que leur terrain de jeu favori, ce sont les Alpes. Je me dis que le Jura, ça doit leur paraître une promenade. Ils se rendent finalement au dîner pendant que je descends à la petite salle-cuisine dédiée aux randonneurs qui se font leur repas. J’y suis toute seule, ça me convient. Ensuite, pause lecture dans une petite pièce aux allures de bibliothèque, avec ses livres et ses banquettes. Quand, à côté, la grande salle à manger finit par se vider, je regagne mes pénates pour poursuivre ma lecture au lit : L’intelligence des plantes, de Stefano Mancuso. Et si vous voulez vraiment tout savoir : il est très intéressant, mais après on ne regarde plus ses plantes vertes de la même manière.

 

Bilan journée : 32,5 km

Avancée GTJ : 234,3 km

 

18 août : La Chapelle-des-Bois – Mouthe

 

Troisième jour, il me faut revenir à mon point de départ. Après un copieux petit-déjeuner en compagnie d’autres randonneurs, je reprends en sens inverse un petit bout de route effectué hier, puis laisse la GTJ sur ma gauche et m’embarque sur une portion de GR5. Il fait beau. Je suis toute seule avec les vaches. C’est parfait.

18.08.19

18.08.19

N’ayant « que » 20 km à faire, je m’octroie pique-nique et petite sieste juste avant de descendre sur Chaux-Neuve. Il fait bien plus chaud, et je sens passer les 32 bornes d’hier. Je me traîne un peu. Et bien que le sentier soit très mignon, j’adhère moins que d’habitude au parcours. Est-ce que ce serait parce que c’est déjà le chemin du retour ?

 

Nouvelle pause quelques kilomètres avant d’arriver sur Mouthe. Une jeune femme arrive à vélo pendant que je suis tranquillement assise. Assez naturellement, elle s’arrête et s’assoit. Je porte un tee-shirt du Paléo festival, et elle me dit qu’elle va essayer d’y être bénévole l’année prochaine.

Il n’en faut pas plus pour lancer la discussion, sur le Paléo, puis sur je ne sais combien d’autres sujets. Et pour finir, elle habite Dijon… à 10mn de chez moi. C’est drôle comme le monde est petit. Certes, le Jura ce n’est pas bien loin de Dijon, mais quand même, se croiser sur la GTJ…

Je pense qu’on reste quasiment une heure à discuter de tout et de rien, avant de repartir chacune de notre côté.

Puis c’est le retour sur Mouthe. La vaillante Clio est toujours sur le parking de la mairie. Je m’installe à la terrasse d’un café pour m’accorder une grenadine avant de reprendre la route. J’en ai pour 2h de voiture sans clim… finalement, le plus dur reste à faire !

 

Bilan journée : 20 km

Bilan épisode : 60 km tout rond !

Et l'épisode 7 --> ici

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La route hors du monde - partie 3 - Au bout du chemin

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