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21 août 2020 5 21 /08 /août /2020 17:02
GTJ épisode 7 : Chapelle-des-Bois – Les Rousses

Même si cela remonte à presque un an, je me rappelle avoir été un peu déçue de la dernière portion réalisée et qui reliait Mouthe à Chapelle-des-Bois. Peut-être parce que ça avait un peu mal commencé avec le premier hébergement où l’accueil avait été plutôt froid de prime abord (ma faute, j’étais arrivée très en retard) ; peut-être parce que deux jours et demi de marche, c’était trop court ; peut-être parce que le tronçon s’avérait moins difficile. C’est donc un peu moins confiante que les fois précédente que je monte dans ma voiture ce mardi de fin juillet, même si la perspective d’aller marcher me ravie de toute façon !

Je ne pars que deux jours cette fois-ci, juste un aller-retour pour me rappeler à quel point j’aime l’itinérance, le sac sur le dos et les gîtes de randonneurs. Le dernier trek remonte déjà à trop loin…

Un aller-retour, donc, sous forme de boucle pour éviter de revenir par le même chemin. L’aller par la GTJ. Le retour, on avisera plus tard.

 

28 juillet 2020 : Chapelle-des-Bois – Les Rousses

 

Je ne sais plus bien à quelle heure je prends la route pour quitter Dijon. Je sais que je me lève à 5h30 et que j’arrive sur place à 9h15. Pour le reste, c’est un peu flou, mais de toute façon ça n’a aucun intérêt. Une fois à Chapelle-des-Bois, c’est assez rapide : parcage de la vaillante Clio à côté du cimetière, vérification des panonceaux de rando, calage du sac sur le dos, et c’est parti.

Au bout de trois minutes environ, oubliés les doutes, les craintes comme quoi je pourrais ne pas apprécier la rando. Il fait frais, il fait soleil, il fait calme. Sans être grandiose, l’endroit est apaisant.

28.07.20 - Chapelle-des-Bois

28.07.20 - Chapelle-des-Bois

Une fois passée la tourbière et le cimetière des pestiférés, le topoguide indique qu’il faut remonter à la Madone. Je lève la tête et vois une croix en haut, tout en haut, qui surplombe la vallée. Si c’est ça le premier kilomètre, comment sera le reste ? La journée s’annonce plus difficile que prévue !

La croix du Risoux

La croix du Risoux

Bon, en fait, c’était se faire peur toute seule : la Madone n’est absolument pas au niveau de la croix. Il n’y a une petite montée histoire de se dégourdir les jambes après la voiture, et c’est bon, on y est. Puis le chemin se poursuit tranquillement. Il y a quelques autres randonneur/ses, mais vraiment pas beaucoup.

Le chemin passe ensuite un peu au-dessus du Lac des Mortes et du Lac de Bellefontaine. Je ne saurais vous dire pourquoi le premier s’appelle ainsi (le 2ème, c’est parce qu’il est sur la commune de Bellefontaine). Ces deux lacs, si peu profonds qu’ils sont à la limite d’être en réalité des marais, et les tourbières qui les entourent sont écologiquement très riches : 17 espèces végétales y sont protégées.

28.07.20 - Lac de Bellefontaine

28.07.20 - Lac de Bellefontaine

Petite surprise en arrivant aux Mandrillons, juste avant de descendre sur Bellefontaine : déviation ! Il y a d’importants travaux dans la zone forestière, indique une petite pancarte en précisant, juste en-dessous, le chemin à suivre. Je cherche une date pour vérifier que ce n’est pas un vieux papier oublié, mais ne trouve aucune indication. La déviation est-elle toujours d’actualité ? Est-ce que ça vaut vraiment la peine de la suivre ou bien est-ce un détour pour rien ? Est-ce que je tente le tracé initial, au risque de devoir faire demi-tour ? Il ne me faut pas longtemps pour me décider : bête et disciplinée, je prends la déviation. C’est de la route, ça monte, c’est pas terrible.

Au bout d’un certain temps, mon sens inné de l’orientation commence à me titiller (celles et ceux qui me connaissent ont le droit de se moquer, et même de douter, mais je vous jure que c’est vrai) : j’ai l’impression de tourner le dos à Bellefontaine, où j’étais censée me rendre. Au carrefour suivant, nouveau panonceau de déviation avec petit plan intégré (il faut souligner que sur toute cette portion, déviation comprise, le balisage est nickel), qui me permet de constater que j’ai raison (eeet oui !), je m’éloigne de Bellefontaine. Mais c’est normal, la déviation fait contourner le village assez au large (si j’avais regardé le premier plan de déviation plus attentivement, je m’en serais rendue compte plus tôt et ne me serais pas posé de questions…). Bref, je ne passerai pas à Bellefontaine.

La suite se fait toujours sur route ou voie carrossable. Il y a du soleil, il commence à faire chaud. J’ai oublié mon chapeau. Erreur de débutante. Mais j’ai un foulard (bah ouais, partie tôt ce matin, il faisait frais. En plus météofrance prévoyait de l’orage). N’ayant rien de mieux, hormis la capuche de mon vêtement de pluie, je m’entoupine (mot normand) le foulard sur la tête (petite pensée pour notre trip en Inde) et poursuis.

Je retrouve la GTJ 1 ou 2 kilomètres avant le chalet rose. Avant que vous ne vous imaginiez un mignon petit chalet de bois aux volets roses ouvrant sur une vallée, je vous arrête tout de suite : c’est un vieux bâtiment en tôles à un carrefour de chemins au fond d’une descente boisée. Certes, les tôles sont rosâtres.

Finalement, quand je m’arrête pique-niquer, je ne suis plus qu’à 4 ou 5 kilomètres des Rousses.

 

Je termine tranquillement, en surveillant quand même le ciel du coin de l’œil. Le vent a fini par se lever, les nuages s’avancent, météofrance ne s’est peut-être trompé que de quelques heures… Dans le doute, je ne m’attarde pas aux Rousses et gagne le hameau les Rousses d’Amont, où se situe le gîte d'étape du Grand Tétras. J’y arrive aux alentours de 15h30/15h45, mais l’accueil ouvre à 17h. Qu’à cela ne tienne, il y a un petit banc sous l’avancée devant l’entrée, il suffit de s’installer et de bouquiner ! (à ce stade, on sent que la pluie n’est plus très loin, il paraît risqué de s’éloigner d’un abri)

Une demi-heure plus tard, trois cyclistes débarquent. Et deux minutes après eux, l’orage. On peut dire qu’on a eu de la chance (surtout eux !). Et finalement, la dame du gîte arrive peu après. Le gîte est chouette, avec une salle de jeu, une terrasse à l’arrière, et j’ai ma chambre individuelle.

Entrouvrant le volet de la chambre

 

L’orage passe pendant que je m’installe et prend la douche. La météo est parfaite pour finir l’après-midi dehors, tranquille, à bouquiner encore. C’est un Stephen King qui m’accompagne : le premier tome du Talisman des Territoires, un « petit » poche de 1 140 pages (sérieusement, dans quelles poches ça rentre, un bouquin comme ça ?). On est d’accord, ce n’est pas le livre le plus approprié à emmener en rando, il pèse son poids au fond du sac. Mais c’était celui qui était en cours de lecture, je n’allais pas en commencer un nouveau juste pour 2 jours…

 

Bilan journée : 21,5 km

Avancée GTJ : 254,8 km

 

 

 

 

29 juillet 2020 : Les Rousses – Chapelle-des-Bois

 

Deuxième jour et déjà le retour, même si je ne sais pas encore par quel chemin.

Au Grand Tétras, le petit-dèj débute à 8h. Je me lève à 7h30, m’étant couchée vers 21h45, je me sens en forme ! A table avec un randonneur qui marche seul pour la première fois, grosse discussion technique sur le poids des sacs, les éléments indispensables ou superflus, le camping sauvage, qu’il pratique avec un hamac, et finalement ce n’est peut-être pas plus léger qu’une tente, parce qu’il a quand même un matelas à trimballer, et les cordes et mousquetons pèsent leur poids, faudrait comparer avec les tentes super légères, mais bon elles coûtent cher… Bref, ça pourrait s’éterniser, mais j’ai de la route. D’ailleurs, laquelle vais-je suivre pour revenir à Chapelle-des-Bois ? Le propriétaire des lieux me conseille gentiment en me montrant plusieurs possibilités sur une carte plus précise que la mienne. Ce sera donc une portion du GRP (sentier de grande randonnée de pays, des GR qui font des boucles de quelques jours, balisés jaunes et rouges, à la différence des GR blancs et rouges qui eux sont linéaires et ne reviennent pas à leur point de départ) Tour de la Haute-Bienne pour la première partie, puis un tronçon de GR5 pour la seconde. Cela devrait me permettre de revenir à la voiture en n’empruntant que quelques kilomètres du chemin de la veille.

« Et puisque vous allez jusqu’au lac, prenez la passerelle. Elle passe au-dessus du lac, c’est très joli », conclut-il.

Si c’est très joli, alors allons-y !

Dans ma tête, je m’imagine déjà le petit pont suspendu qui passe au-dessus de l’eau (à ma décharge, sur la carte, le trait représentant la passerelle passait vraiment sur le bleu du lac).

La passerelle du lac des Rousses

Bon. Il s’avère que la passerelle ne passe pas vraiment au-dessus de l’eau, mais au-dessus de la tourbière. Mais pas de déception, car c’est effectivement très joli.

29.07.20 - Depuis la passerelle du lac des Rousses

29.07.20 - Depuis la passerelle du lac des Rousses

Comme prévu, je raccroche le GRP Tour de la Haute-Bienne, très bien balisé, tout comme le GR5 d’ailleurs. Ça monte, mais sous les arbres et avec la pluie d’hier, il fait frais. Il y a un peu plus de randonneur/ses qu’hier, mais dans l’ensemble, c’est très tranquille.

 

Je me surprends moi-même en reconnaissant l’endroit où j’ai pique-niqué la veille (en arrivant dans le sens inverse ! une véritable prouesse personnelle), juste avant le chalet rose, que je rejoins rapidement. C’est la seule partie commune avec le tronçon d’hier. Mais mon sens de l’orientation est mis à rude épreuve quand, un peu plus tard, un monsieur me demande si j’arrive de Mouthe. J’avoue avoir un petit bug de surprise avant de répondre :

« Non, puisque je vais en direction de Mouthe… »

Il se marre et avoue :

« C’est parce que j’ai discuté tout à l’heure avec une jeune femme à Mouthe, elle marchait aussi, et elle vous ressemblait, j’ai cru que vous étiez elle ».

Bah non.

 

 

A partir de là, cyclistes et marcheurs se multiplient le long du chemin. C’est en arrivant au belvédère de la Roche Bernard que je comprends pourquoi :

29.07.20 - Lac des Mortes et lac de Bellefontaine

29.07.20 - Lac des Mortes et lac de Bellefontaine

Les Lacs des Mortes et de Bellefontaine, vus « d’en bas » hier, sont encore plus beaux vus « d’au-dessus » ! Le point de vue est magnifique. C’est le moment de s’arrêter manger et de profiter du paysage.

Le GR5 suit ensuite la crête et les deux lacs réapparaissent régulièrement, de plus en plus loin. C’est ainsi que j’arrive à la croix du Risoux, aperçue hier matin.

Il faut ensuite redescendre. Repasser devant le cimetière des pestiférés. Retrouver la vaillante Clio et reprendre la route, direction la Suisse où une autre belle rando m’attend.

Le soir, dans ma tente, je regarde plus en détails ce qu’il me reste à faire sur la GTJ. Grosso modo, j’en aurais pour 7 jours de marche, en comptant la variante qui relie Les Rousses – Saint-Cergue – Nyon, passage obligé par la plaine de l’Asse, sorte de pèlerinage pour l’Aspirator Paléo que je suis.

7 jours.

Et si, la prochaine fois, je la terminais, cette GTJ ? Des amateur/trice/s pour faire tout ou partie de ces 7 jours avec moi ? ^^

 

Bilan journée : une vingtaine de kilomètres (ce n’est pas hyper précis, je n’ai pas le kilométrage du GRP Tour de la Haute-Bienne)

Bilan épisode : une quarantaine de kilomètres (bah oui, forcément, ça se répercute sur le total)

 

Un an plus tard, vous trouverez ici la partie 1 de l'ultime épisode de la GTJ.

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La route hors du monde - partie 3 - Au bout du chemin

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