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31 juillet 2021 6 31 /07 /juillet /2021 15:43

Quasiment un an après l'épisode 7, mais surtout, plus de 4 ans après le premier épisode, je me décide à finir la GTJ commencée le 25 mars 2017. J’ai réalisé cette Grande Traversée du Jura par petits tronçons, au gré de mes week-ends disponibles, seulement cette fois j’ai envie de marcher plus longtemps et d’arriver à la fin. Comme un beau projet qui à force de traîner perd de son sens, il est temps d’aller jusqu’au bout et de mettre un point final au parcours.

GTJ, l’ultime épisode : Les Rousses – Culoz, partie 1

Lundi 21 juin 2021, j’embarque mon sac dans la vaillante Clio, direction Bellegarde-sur-Valserine. Je gare la voiture près du lycée et arrive juste à temps pour sauter dans un premier car. Je vous passe les détails du trajet, sachez simplement que pour faire Bellegarde – Les Rousses en transports en commun, c’est un peu long, mais c’est possible par car, re-car, TER et dernier car.

J’arrive aux Rousses en fin d’après-midi, juste avant l’orage. C’est très curieux, puisqu’un an auparavant, j’étais arrivée au même endroit dans les mêmes conditions. Ce qui est encore plus curieux, c’est qu’au refuge du Grand tétras, on m’attribue la même chambre que la dernière fois. Etrange sensation de continuité malgré l’année passée.

 

Comme je devais vider mon frigo avant de partir, je n’ai pas pris la demi-pension ce premier soir, mais je descends quand même dans la salle commune. Mon idée de départ était de prendre un thé. Mais pendant que j’attends à l’accueil, une dame me rejoint et nous commençons à discuter. Elle a commencé la GTJ depuis le début (Mandeure) il y a 13 jours et randonne seule. Cinq minutes plus tard, nous sommes assises chacune avec notre bière à nous raconter notre expérience de la GTJ, à échanger sur notre matériel et sur la météo du lendemain. Nous sommes interrompues lorsque nos hôtes nous indiquent que c’est l’heure du dîner (morbiflette pour ceux que ça intéresse). Je remonte dans ma chambre, mange et me couche presqu’aussitôt. Juste le temps de lire quelques pages de « Marcher, éloge des chemins et de la lenteur », de David Le Breton, qui m’a semblé approprié pour l’occasion.

 

22 juin 2021 : Les Rousses - Lajoux

 

J’avais imaginé marcher ce premier jour toute seule, mais les circonstances en ont décidé autrement.

Au petit-dèj’, je retrouve Danièle, la dame avec qui j’ai eu le plaisir de discuter la veille, ainsi que les autres randonneurs. Nous sommes une demi-douzaine, attablés dans le respect des normes sanitaires. Les conversations vont bon train, des conversations de randonneurs : d’où vous venez, quelle étape vous faites aujourd’hui, où vous dormez ce soir, que prévoit la météo, quel temps avez-vous eu jusqu’à présent… Je n’ai même pas commencé à marcher que je suis déjà plongé dans l’ambiance ! J’aime !

A l’extérieur, il pleut. Danièle hésite à partir. De mon côté, je ne me pose pas la question : j’ai un hébergement ce soir à Lajoux, il faut bien que je m’y rende ! Sans vraiment le vouloir, je la convaincs de partir. C’est d’autant plus facile qu’au moment de sortir, la pluie s’est arrêtée. Il fait frais mais au moins, on ne démarre pas sous la flotte.

Nous partons donc ensemble.

GTJ, l’ultime épisode : Les Rousses – Culoz, partie 1

Du Grand tétras, situé aux Rousses d’Amont, nous regagnons le centre des Rousses. Nous hésitons sur la direction à suivre, mais deux hommes nous renseignent et nous voilà parties.

Comme promis, l’itinéraire indiqué par les deux hommes nous fait arriver rapidement au Bief de la Chaille. Malheureusement, il nous a fait manquer le fort des Rousses. Nous avons néanmoins retrouvé nos balisages rouges et blancs sans difficulté, alors nous poursuivons.

Pendant cette première partie de matinée, le ciel reste couvert, mais il ne pleut toujours pas. Danièle et moi continuons la conversation débutée la veille. Elle a fait toute une partie du parcours avec sa tente et son sac de couchage sur le dos, à bivouaquer ou à dormir dans des abris de fortune (« refuges sommaires », comme dit le topoguide). Je l’interroge beaucoup là-dessus, car si j’aime l’idée d’être totalement autonome, de ne pas avoir à prévoir mes hébergements tout le long du chemin, je n’ai jamais osé bivouaquer. Son expérience, ses rencontres, ses difficultés, ses satisfactions et sa sérénité sont inspirantes.

De fil en aiguille, les conversations dévient, dérivent, sans s’arrêter longtemps sur un sujet en particulier, parce qu’elles sont incroyablement tributaires de notre marche. La discussion politique est interrompue par une brève montée pour laquelle nous avons besoin de notre souffle. Celle sur la famille par un rayon de soleil, qu’il nous faut admirer et commenter : il pleuvait tellement au réveil, jamais on n’aurait cru qu’il puisse faire beau, même si ça ne dure qu’un instant ! Et là, des gens qui s’entraînent au ski sur une piste goudronnée, c’est la première fois que je vois cela. Puis une nouvelle montée, plus longue, qui nous amène au belvédère des Dappes, que nous admirons d’abord en silence avant de partager nos impressions.

Belvédère des Dappes

Belvédère des Dappes

Ensuite, nos rythmes de marche se distinguent. Danièle me laisse partir seule devant. Je ne saurais dire combien de temps je ne marche qu’avec moi-même. J’adore aussi cette façon de cheminer, en solitaire.

Le nom de la Forêt du Massacre, dans laquelle j’avance tranquillement, date de 1535 : François Ier envoie un détachement de 1 000 mercenaires italiens pour défendre Genève, mais la troupe se heurte à l’armée du duc de Savoie. Repoussés au-dessus de Lajoux, les soldats sont massacrés sous les coups de haches savoyardes (c’est le topoguide qui le dit).

En ce qui me concerne, ce n’est pas à des haches savoyardes, mais à une soudaine averse que je dois faire face au moment où j’arrive à la croisée Pierre de la Baume. Je m’empresse de poser le sac pour en sortir le manteau de pluie. L’averse est plus rapide que moi et s’arrête aussi vite qu’elle a commencé. Dans le doute, je garde le vêtement de pluie à portée de main. Danièle en profite pour me rejoindre, à l’abri sous son petit parapluie.

Peu de temps après, à ma grande surprise, nous arrivons à la combe à la Chèvre. Je ne comprends pas comment nous avons pu arriver aussi vite. Nous avons réussi à rater le crêt Pela, sommet du département du Jura et de la Franche-Comté ! Je tourne mon topoguide dans tous les sens, on vérifie les panonceaux et rapidement la conclusion s’impose : nous avons suivi la variante hivernale. Je ne comprends toujours pas comment nous avons pu délaisser l’itinéraire principal pour la variante sans nous en rendre compte. C’est en vérifiant sur le topoguide de Danièle que tout finit par s’expliquer : le mien date de 2014, le sien de 2017. Et dans le plus récent, effectivement, la « variante hivernale » est devenue l’itinéraire principal. Le sentier officiel de la GTJ ne passe plus par le crêt Pela. Il est cependant possible d’y accéder en suivant un autre balisage, jaune, mais en ce qui nous concerne nous laissons tomber l’idée et continuons notre route.

 

Nous poursuivons nos discussions, dont la marche et la nature effilochent la logique, entrecoupent le raisonnement, interrompent la cohérence. Ici, les vaches que nous croisons, les pâtures que nous traversons et le soleil qui brille maintenant avec certitude ont tellement plus d’importance que le reste.

Nous mangeons sous un ciel bleu. Puis, sans se presser, pas après pas, nous arrivons sur Lajoux. Et c’est ici que nos chemins se séparent. Danièle rentre chez elle, elle doit arrêter ici sa GTJ. Et c’est certainement ici qu’elle viendra la reprendre, dès que possible.

Arrivée sur Lajoux

En ce qui me concerne, je grimpe le long de la « route de sur les champs » au bout de laquelle m’attend le studio d’Agnès, réservé sur airbnb. Le studio est petit mais très fonctionnel et très bien décoré, agréable avec une vue magnifique. C’est là que me rejoint Céline, mon binôme de trek.

Le binôme

 

 

Nous passons quelques heures sur la route, à récupérer ma voiture à Bellegarde, déposer la sienne à l’auberge sur Lyand puis à revenir à Lajoux. Ensuite, il est temps de se coucher, car demain débute une nouvelle étape.

 

 

 

 

 

Bilan journée : 25 km

Avancée GTJ : 279,8 km

 

23 juin 2021 : Lajoux – L’Embossieux

 

 

Ce second jour pour moi, premier pour Céline, débute avec une météo clémente, pour ne pas dire sous un ciel bleu. Nos gros sacs nous tiennent chaud, on ne fait même pas 1km avant de s’arrêter pour retirer nos vestes. Il y a un peu de route goudronnée pour gagner le Manon, mais ensuite nous poursuivons dans des pâtures pleines de fleurs. Le ciel se couvre mais tout va encore bien lorsque nous parvenons à la Vie Neuve des Molunes.

 

 

Ici, je ne peux m’empêcher de citer le topoguide, c’est plus simple qu’essayer de décrire les lieux : « Les Molunes : ne cherchez pas le village, il n’y en a pas ! ». Nous faisons une pause face à la mairie, et effectivement, il n’y a pas grand-chose autour. La pause ne s’éternise pas car à l’arrêt il fait vite froid.

 

C’est sous un ciel toujours plus menaçant que nous parvenons aux Moussières. Il est 14h, on se dit qu’il est temps de manger. Prises d’un doute concernant la météo à venir, nous avisons un terrain de jeux pour enfants à côté duquel une petite cabane en bois nous fait de l’œil. Je précise quand même qu’a priori, la cabane ne fait pas partie des jeux, mais sert à ranger la brouette. Toujours est-il qu’on s’installe là. Et on fait bien, car quelques instants plus tard débute l’averse, la bonne grosse averse orageuse, avec des gouttes énormes, et même un peu d’éclairs et un lointain tonnerre. Coup de chance : il n’y a pas de vent, notre petite cabane ouverte nous suffit donc pour rester au sec. Comme si l’orage était national (ou peut-être parce que c’est le seul endroit où il y a du réseau depuis plusieurs heures), je reçois deux messages coup sur coup, l’un de Dijon, l’autre de Normandie, m’informant que la météo fait aussi des siennes là-bas. On me demande si tout va bien, je réponds que oui, ce qui est entièrement vrai, tout en continuant de manger mon casse-croûte. Céline fait des pronostics sur la durée de l’averse et s’il risque d’y en avoir d’autres dans l’après-midi.

Quand la pluie se calme, nous enfilons pantalons et manteaux de pluie, parées à sortir. Le temps de nous équiper, il ne pleut plus (au choix, soit l’averse s’est arrêtée subitement, soit on est très longues à s’équiper). Le ciel reste incertain un moment, pour finalement opter pour le beau. C’est avec le soleil que nous traversons une suite de pâtures dont les couleurs changent au gré des fleurs. Violettes, blanches, jaunes. On finit d’ailleurs par enlever les pantalons de pluie parce qu’on crève de chaud là-dedans.

Nous arrivons à L’Embossieux, il n’est guère possible de rater l'Auberge des érables, où nous attend notre chambre. Après une bonne douche, il nous reste le temps pour une bière en terrasse avant le dîner.

En début de soirée, alors que nous dégustons notre jambon braisé, nouvel orage. Un vrai déluge qui noie le parking en 5mn ! Et la météo pour le lendemain ne s’annonce guère mieux…

 

Bilan journée : 18,5 km

Avancée GTJ : 298,3 km

 

24 juin 2021 : L’Embossieux – Refuge de la Loge

 

Il a plu à peu près toute la nuit. Il pleut toujours pendant le petit-dèj’. La motivation pour quitter l’auberge est au plus bas. Comme nous n’avons pas trop de kilomètres à faire aujourd’hui, nous décidons de prendre notre temps, histoire de voir comment tout ça évolue. De mauvaise grâce, nous nous équipons, nous équipons nos sacs (d’après Céline, le mien ressemble à un sac poubelle) et nous sortons. Comme lorsque j’ai quitté Les Rousses, il fait frais et humide mais il ne pleut plus. Nous gagnons La Pesse par la route, d’un, parce qu’on n’a pas envie de se tremper les pieds tout de suite et de deux, parce qu’on a loupé le chemin officiel de la GTJ et qu’on a la flemme de revenir en arrière ! A La Pesse, nous nous ravitaillons pour les 2 prochains déjeuners. C’est sans difficultés que nous trouvons le balisage qui nous ramène à la GTJ, au carrefour de Sous les Bois. Comme il ne pleut toujours pas, nous prenons le temps de retirer nos pantalons de pluie (parce que vraiment, on crève de chaud là-dedans). 

 

Nous nous reprenons quand même un peu de pluie après, mais rien de trop méchant, et nous atteignons la Borne au Lion. « Jadis nommée borne des Trois-Empires, cette pierre historique, posée en 1613, marquait la frontière entre le Bugey, la Franche-Comté (ancienne possession espagnole) et l’enclave savoyarde. (…) C’est également un lieu de la résistance des maquis de l’Ain ». Je ne vous réécris pas tout le topoguide, mais vous avez compris l’idée. En ce qui nous concerne, nous n’avons pas pu définir visuellement quel écusson était sur quel côté de la borne.

Vue depuis la Borne au Lion

Vue depuis la Borne au Lion

Pas très loin du Crêt au Merle, nous croisons un groupe d’une dizaine de personnes. Une vraie foule ! La descente jusqu’au Niaizet se fait tranquillement. Les balisages nous paraissent parfois un peu rares, mais comme il n’y a pas 36 chemins, nous essayons de ne pas nous poser trop de questions et poursuivons sur la piste principale. Arrivées en bas, un banc nous attend pour la pause déjeuner. Nous prenons des paris : va-t-on se prendre l’averse sur le coin de la figure alors que nous sommes bien installées pour manger ?

Il s’avère que non. Nous avons même le temps de gagner Lélex avant que les premières gouttes ne tombent. En fait, c’est en entamant les 2,5km de montée (546m de dénivelé) que la pluie commence. Comme nous savons très bien que nous allons avoir trop chaud dans la côte, nous ne prenons pas la peine de nous ré-équiper. Un pied devant l’autre, sans bien distinguer si ce que l’on essuie sur nos visages c’est de la pluie ou de la sueur, nous grimpons. Lorsque l’averse s’arrête, elle laisse derrière elle une brume qui parfois s’éclaircit, parfois s’épaissit. Nous avons l’impression que la nuit tombe. Il n’est pourtant que 17h lorsque nous arrivons au refuge de la Loge.

 

C’est un petit refuge de montagne (un dortoir de 19 lits) sans eau courante. Le gardien des lieux

nous verse de l’eau chaude dans 2 bassines pour que nous puissions nous laver derrière un paravent. Ce soir-là, nous ne sommes que 4 dans le refuge, en plus du couple qui gère l’endroit. La soirée est particulièrement calme, chacun bouquine sans mot dire devant le poêle. C’est à table,

Refuge de la Loge

devant notre bol de soupe puis notre plat de saucisses-lentilles, que la discussion s’amorce et s’anime. Discussion de randonneurs sur la météo, le parcours, l’étape du lendemain. Sur les treks déjà réalisés et leur niveau de difficulté. Ce couple a débuté par le GR Corse, réputé difficile, je les interroge longuement en essayant de juger de ma capacité à réaliser cette rando.

Et puis sans que rien ne le signale, on se dit que c’est l’heure. Il est encore relativement tôt, mais on va se coucher. Dehors, c’est pluie et brouillard.

 

Bilan journée : 16,5 km

Avancée GTJ : 314,8 km

 

25 juin 2021 : Refuge de la Loge – Lancrans

 

Nous avons mal dormi. Moi qui n’ai habituellement aucun souci de sommeil, je suis presque plus frustrée que fatiguée. Le coupable ? L’absence d’oreiller. C’est dans ces moments-là que l’on prend conscience à quel point c’est important, un oreiller. Mettre un vêtement plié à la place, ce n’est pas pareil.

Dehors il fait toujours brouillard et la météo s’annonce très moyenne. Bref, tout pour bien débuter la journée. Au petit-dèj’, les conversations de la veille se poursuivent. Puis il est temps de se séparer. Nous prenons le même chemin, mais pas au même rythme (et c’est nous les trainardes, dans l’histoire) !

Ce 4ème jour débute direct par une montée dans la brume. Tout est voilé de gris, les paysages sont invisibles. Seules les fleurs les plus proches détonnent par leurs couleurs vives sur ce fond terne. Nous montons, sans vraiment voir jusqu’où il nous faudra monter, sans vraiment distinguer la hauteur. Monter donne chaud mais les températures sont fraîches (environ 6° ce matin). On ne sait pas s’il faut retirer ou garder la veste.

Panorama depuis le Crêt de la Neige

 

C’est finalement en tee-shirt que nous parvenons au Crêt de la Neige, plus haut sommet du massif jurassien avec ses 1 720m d’altitude. La tête dans les nuages, nous ne voyons pas grand-chose du panorama à 360° ! Qu’à cela ne tienne : nous aurons peut-être plus de chance au Reculet !

 

Panorama depuis le Reculet

Avec ses 1 719m, le Reculet est le concurrent direct du Crêt de la Neige pour le titre de plus haut sommet. Il nous sera peut-être plus favorable question point de vue ?

 

Une fois au Reculet, on constate que c’est un peu mieux, mais ce n’est pas non plus fou-fou ! En plus, y’a du vent, y caille ! On ne s’attarde pas et on se lance sur la ligne de crête.

 

Nous cheminons pendant environ 2h. Durant ces 2h, la chance nous sourit : le ciel s’éclaircit et même si on ne voit pas jusqu’à l’horizon, on distingue au moins la pointe du lac Léman. Le paysage est chouette, on aurait envie de s’arrêter manger là. Mais le vent souffle trop froid. Nous préférons attendre le premier bouquet d’arbres pour se poser à l’abri.

GTJ, l’ultime épisode : Les Rousses – Culoz, partie 1

Juste après la pause, nous passons le chalet du Gralet. Nous en sommes à 13km environ, pas encore à la moitié de l’étape du jour. C’est une « grosse » étape (je mets des guillemets car bien consciente que certains marcheurs riraient de voir 27 bornes qualifiées de « grosse étape » ! Mais pour nous, c’est l’une des plus grosses de la semaine).

Après un paisible passage en forêt, nous atteignons la Poutouille, un « abri sommaire » (dixit le topoguide, ma seule référence sur ce parcours !) dans une grande et belle clairière.

Nous avons dû bien descendre depuis le Reculet, car en fin de journée arrive une nouvelle grande montée qui nous emmène au Crêt de la Goutte (de sueur, très certainement) à 1 620m d’altitude. Et là, grand moment de satisfaction : il fait beau ! On voit cette crête sur laquelle nous avons cheminé, on a bien du mal à réaliser qu’on est parties d’aussi loin, qu’on a « fait tout ça » !

Depuis le Crêt de la Goutte

Depuis le Crêt de la Goutte

Mais ce n’est pas encore le moment de se poser. Il nous reste environ 2h de marche avant d’atteindre Lancrans (on est ridicules à côté du mec qui est monté et qui redescend en courant. Lui, il faut 1h pour rentrer chez lui). L’heure qui tourne nous inquiète un peu : jusqu’à quelle heure l’hôtel-restaurant sert-il les repas ? Au téléphone, le réceptionniste nous indique 20h15/20h30 dernier carat. Calcul rapide : nous devrions arriver vers 20h15. Le fait que je mentionne la bouffe à chaque étape peut paraitre obsessionnel, mais à l’instar de la météo, la nourriture fait partie des choses importantes quand on marche toute la journée. C’est d’ailleurs ce que j’aime dans la grande randonnée : l’ancrage dans l’instant présent et dans les besoins essentiels. En attendant, avec ce petit coup de stress, la descente nous parait longue. Il faut dire que ce n’est pas ce que l’on préfère. Mais au moins, elle se fait sous un agréable soleil.

Nous arrivons au Sorgia à 20h pétantes ! Nous sommes crevées, débraillées et transpirantes. Tout pour plaire. La dame qui accueille avec bienveillance les deux boules puantes que nous sommes devenues nous laisse gentiment ¾ d’heure pour nous laver. C’est donc propres et sereines que nous nous présentons à 20h45 devant la salle de restaurant. C’est vendredi soir, autour de nous tout le monde s’est bien habillé pour la sortie restau. On détonne un peu avec nos vestes polaires et nos claquettes, mais on s’en fout. Le principal : on ne pue plus et surtout on mange super bien ! On a à peine le temps d’utiliser les couverts pour l’entrée qu’on nous les retire pour nous en mettre d’autres pour le plat.

 

 

 

 

Nous nous couchons très satisfaites de la journée.

 

 

Bilan journée : 27,4 km

Avancée GTJ : 342,2 km

 

 

 

Rendez-vous dans une semaine pour la suite et fin !

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La route hors du monde - partie 3 - Au bout du chemin

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