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24 septembre 2013 2 24 /09 /septembre /2013 12:56

Lundi 15 juillet 2013

(pour la semaine précédente : ici)

Nous nous pointons à l'office du tourisme de Schaffhausen.

Coup de chance : il existe dans la ville un magasin de réparation qui ouvre le lundi après-midi !

Le hic : il faut s'y rendre en bus.

Heureusement, ici, les vélos sont acceptés dans les transports en commun. MAIS entre les sacoches, les sacs de couchage et le reste, nos vélos sont deux fois plus larges que la moyenne (et aussi bien plus lourds, n'oublions pas !). Nous effectuons donc notre trajet en bloquant l'allée et l'ouverture de la porte centrale, tenant nos vélos instables et nous-mêmes avec difficultés, se demandant comment réussir à descendre sans se casser la figure (réflexions qui s'avèrent inutiles puisque je me casse quand même la figure en descendant).

Nous arrivons devant le magasin avec plus d'une heure d'avance sur l'ouverture, pleines d'espoir, même si la perspective de poireauter dans cette pseudo-zone commerciale le long de cette grande route, à côté de cette station-service sans toilettes gâche un peu notre bonne humeur. Et cette bonne humeur déjà bancale s'étiole à mesure que les minutes s'égrènent, que l'heure d'ouverture approche et que le réparateur n'apparaît pas. L'heure d'ouverture passe. Les minutes continuent de s'égrener. Toujours rien. Prises d'un sérieux doute, nous interrogeons la dame qui gère le magasin voisin. Elle nous indique que le réparateur de vélos est exceptionnellement absent aujourd'hui, c'est écrit en gros sur la vitrine.

 

Note à nous-mêmes : prochain voyage à l'étranger, connaître les mots "magasin fermé" ainsi que les jours de la semaine...

 

Après un retour en bus aussi périlleux que l'aller, nous décidons de parcourir les 18 kms qui nous séparent de Stein am Rhein, dépitées d'avoir perdu du temps.

Le vélo pétouille, merdouille et déraille plus que jamais, mais nous parvenons à destination.

 

Huitième soir : camping à Stein am Rhein.

 

Mardi matin. Nous nous précipitons chez le réparateur de vélo de la petite ville. A l'aide d'un anglais approximatif, de gestes et de bruitages (très importants, les bruitages), nous lui expliquons le problème. Il accepte de réparer le vélo dans la matinée. Cela nous laisse le temps de déambuler dans la grande rue de Stein am Rhein.

Toutes les façades sont couvertes de fresques, différentes d'une maison à l'autre. Certaines chargées, d'autres plus softs, les couleurs varient, les thèmes se suivent parfois sans logique. Quelles sont les histoires de ces maisons ? Pourquoi cette scène sur ce mur ?

15 juillet 2013 - Stein am Rhein

15 juillet 2013 - Stein am Rhein

Nous récupérons le vélo, mangeons, puis quittons Stein am Rhein en début d'après-midi. Direction le Lac de Constance... et l'Allemagne. 

16 juillet 2013 - Lac de Constance

16 juillet 2013 - Lac de Constance

Arrivées à Radolfzell, nous réalisons que nous avons manqué le raccourci qui relie Schaffhausen à Donaueschingen (la source du Danube). Deux choix s'offrent alors à nous :

- suivre le parcours "officiel" de l'eurovélo 6 : c'est à dire rejoindre Donaueschingen depuis Radolfzell (mais cela nous fait revenir vers l'ouest, alors que la suite du parcours va plein est).

- prendre un raccourci qui nous amène directement à Tuttlingen (mais alors nous ne verrons pas la source du Danube).

Il faut voir les choses en face : nous avons déjà deux jours de retard sur notre planning. Déçues, nous choisissons la seconde option. 

Nous achetons au passage une carte routière de l'Allemagne et pédalons encore quelques kilomètres pour nous poser au camping de Wahlwies.

 

Mercredi 17 juillet

Le jour qui restera dans nos mémoires comme "l'étape Tuttlingen", ou "l'étape-la-plus-difficile-de-notre-parcours", ou "l'étape-qui-n'en-finissait-pas-de-monter". Les différents témoignages sur internet avaient prévenu : ça grimpe. Nos cuisses et mollets le confirment. Ils le hurlent, même. Péniblement, nous arrivons au point le plus élevé. Et enfin, nous entamons la descente sur Tuttlingen. 

... où nous ne trouvons pas de camping. Pas le choix, nous passons notre chemin malgré la fatigue.

 

Quelques kilomètres plus loin, nous croisons un serpent qui faisait bronzette sur le bitume (détail d'une importance négligeable, je vous l'accorde).

 

Depuis Tuttlingen, nous longeons le Danube (Donau) et, à Fridingen, prenons le temps de faire un peu plus ample connaissance avec ce nouveau compagnon de route.

17 juillet 2013 - Fridingen

17 juillet 2013 - Fridingen

Ce soir-là, nous atterrissons finalement quelque part entre Fridingen et Beuron, sur une presqu'île privée louée par une colonie de vacances allemande. Les monos et la directrice nous laissent nous installer un peu à l'écart, nous autorisent à squatter douches et toilettes et nous servent même une énorme assiette de crudités et charcuteries. Quelques-uns parlent français, les autres anglais, nous échangeons avec gaieté nos expériences véloroutardes respectives.

 

Le lendemain, un nouveau problème nous tombe dessus : une rage de dent. Comme pour le vélo : ça couvait depuis plusieurs jours, mais à présent, impossible de l'ignorer plus longtemps ! Nous ne pouvons pas continuer avec une cycliste qui ne dort plus, ne mange plus et souffre 24h/24. Nos monos préférés nous indiquent que le dentiste le plus proche se trouve à Fridingen. 

Je passe les détails médicaux. Sachez simplement que le dentiste de Fridingen prend sans rendez-vous, qu'il parle anglais et qu'il est très sympathique. Mais malgré toute sa bonne volonté, il ne parvient pas à soulager la douleur aujourd'hui. Il nous faut revenir demain pour une nouvelle tentative. 

La directrice de la colo nous autorise à rester une nuit de plus avec eux. 

Nous sommes coincées ici, frustrées de ne pas pouvoir repartir alors que nous étions sur le point de rattraper notre retard, inquiètes quant au rendez-vous dentaire du lendemain, et très douloureuse pour l'une de nous.

18 juillet 2013 - Entre Fridingen et Beuron

18 juillet 2013 - Entre Fridingen et Beuron

On ne va pas faire durer le suspens plus longtemps : le lendemain, le dentiste parvient (non sans mal) à soigner la dent malade. Nous quittons la presqu'île après avoir chaleureusement remercié la directrice et les monos.

 

Douzième soir : camping de Sigmaringen.

 

 

Journée suivante : rien de particulier à signaler. Nous avons pris pas mal de retard, serons-nous capable de le rattraper ? 

Nous campons à quelques kilomètres d'Ehingen, près d'un lac. Il ne s'agit pas d'un camping à proprement parler, juste d'un emplacement limité sur la "plage" où les tentes sont autorisées. Du coup, nous avons failli passer à côté sans le voir. Le type de la cabane à frites nous demande 8€ pour la nuit. Je le soupçonne de nous avoir arnaquées...

 

Dimanche 21 juillet

Après une mauvaise nuit (merci à nos voisins particulièrement bruyants), une petite baignade dans le lac (les douches étant 1. payantes, 2. crades, on s'en est passé...), nous partons direction Ulm. 

 

Ulm semble être une jolie ville. "semble", car nous n'en voyons pas grand-chose : un festival a lieu (justement) ce week-end et tout le centre-ville est fermé. Incapables de retrouver la véloroute, nous tournons un peu en rond, jusqu'à ce qu'un monsieur avec des faux-airs de père noël (il a une barbe blanche, c'est un critère suffisant), un vélo en guise de traineau, nous propose son aide. Habitué, il nous guide à travers rues et boulevards jusqu'à ce que nous retrouvions notre chemin. Il s'assure que nous le reprenions dans le bon sens, puis s'éloigne.

 

Nous arrivons sur Günzburg en tout début de soirée. Suivons un panneau "camping" sans jamais trouver le camping en question. Dégotons un autre panneau pour un autre camping que nous ne trouverons jamais non plus. Tentons de suivre les indications "Jugendherberge" [auberge de jeunesse] dont la prononciation nous échappe toujours mais que nous savons reconnaître visuellement. Pas mieux. Les indications laissent à désirer. Il nous faut interroger plusieurs personnes pour dégoter la Jugendherberge (non sans avoir tenté de suivre l'unique panneau "zeltplatz"...).

Etrange, la Jugendherberge de Günzburg. Accueil fermé à 18h, il faut téléphoner à la responsable qui ne cause ni français, ni anglais... Pratique. Heureusement, un couple nous vient en aide et passe le coup de fil pour nous.

Pas de bol : l'établissement est complet.

Un peu désespérées, nous repérons le camping le plus proche sur une carte accrochée dans le hall, notons les noms des rues à emprunter pour y parvenir et repartons. Deux rues plus loin, nous sommes déjà paumées et revenons à la Jugendherberge. Nous demandons au couple (patients et très serviables, ces gens) de téléphoner à nouveau à la responsable : nous avons une tente, pouvons-nous la planter dans le jardin de l'auberge, quitte à payer quelque chose pour l'eau des douches et l'accès aux toilettes ? 

Retournement de situation : une chambre est libre au premier étage ! Il est 21h. Il nous a fallu plus de deux heures pour trouver un endroit où dormir...

 

Fin de la deuxième semaine, 589 kms depuis le début du voyage au lieu de 600 et quelques. Fatiguées, un peu découragées, mais contentes de dormir dans un vrai lit !

La suite en Semaine 3 !

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La route hors du monde - partie 3 - Au bout du chemin

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