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1 octobre 2013 2 01 /10 /octobre /2013 12:16

Lundi 22 juillet 2013

Bye bye l'étrange jugendherberge de Günzburg, où nous étions quasiment les seules personnes entre 16 et 30 ans. 

Nous rejoignons la véloroute (quittée la veille pour entrer dans le centre de Günzburg) qui s'enfonce dans les bois. Depuis hier déjà, certains tronçons ne sont pas goudronnés et les VTC ne sont pas du luxe.

Nous prenons quelques instants pour consulter notre merveilleuse carte routière qui ne sert pas à grand-chose sur les chemins de terre. Quatre cyclistes (deux hommes, deux femmes) s'arrêtent près de nous pour vérifier les panneaux. Ils parlent français. Remarquent que nous aussi. Ils sont Suisses et vont jusqu'à Passau. Nous faisons un petit bout de chemin ensemble, puis ils partent devant, bien plus rapides que nous. Pour notre défense, ils n'avaient pas leurs bagages à transporter. Mais de toute façon, nous les rattrapons quelques kilomètres plus loin. Au carrefour suivant, pour être exacte. Ils sont encore en train de débattre de la direction à suivre. Nous les doublons, sûres de notre route. Ils nous suivent, nous doublent à nouveau. Jusqu'au carrefour suivant... Le petit jeu dure une partie de la matinée, jusqu'à ce que nos chemins se séparent. Nous suivons l'eurovélo 6, eux vont tenter une variante. Une rencontre bien sympathique. 

 

Est-ce à cause d'une mauvaise indication ou d'un moment d'inattention, nous ne saurions le dire, mais dans l'après-midi nous quittons l'eurovélo 6 sans le vouloir. Nous suivons une véloroute qui longe la nationale 16. La carte nous indique que la 16 file tout droit vers Donauwörth, notre destination. Il n'y a donc qu'à la suivre. L'eurovélo est peut-être perdue, mais pas nous ! 

 

La jugendherberge de Donauwörth affiche complet. Deux soirs de suite, ça commence à faire beaucoup. L'été est bien avancé, à peu près tout le monde doit être en vacances maintenant. Il faudrait songer à se méfier et à réserver nos prochaines chambres... La responsable de la jugendherberge, habituée, nous indique un canoë-club pas très loin d'ici où il est possible de camper. Nous nous y rendons. Il y a le minimum vital : douche et toilettes, pour pas cher. Nous n'en demandons pas plus !

22 juillet 2013 - Canoë club de Donauwörth

22 juillet 2013 - Canoë club de Donauwörth

Le lendemain, nous retrouvons la véloroute sans (trop) de difficultés (le passage par l'office du tourisme de Donauwörth est salutaire !). Tout juste le temps de faire une petite grimpette que PAF, au détour d'un carrefour, qui apparaît ? Nos quatre amis suisses croisés la veille ! Après quelques échanges sur nos parcours respectifs, le petit manège recommence : ils nous devancent ; s'arrêtent aux carrefours ; nous les rattrapons ; les dépassons... "Elles ont la carte dans la tête !" s'exclament-ils. Mais non. Nous avons seulement regardé notre itinéraire la veille au soir et lu les noms de patelins à traverser. Pour le reste, nous nous contentons de suivre les panneaux.

Nos quatre compagnons continuent leur route alors que nous nous arrêtons pour une pause près d'une petite rivière tellement glacée qu'on ne peut guère y tremper plus que les pieds. Sur le Danube, des bateaux patientent :

23 juillet 2013

23 juillet 2013

Plusieurs heures plus tard, nous nous apprêtons à entrer dans Ingolstadt, la ville où nous passerons la nuit. Et là, oui, ce sont bien eux. Nos quatre Suisses, aussi amusés que nous de ces croisements, décroisements et recroisements. Ils vont à l'hôtel, nous continuons jusqu'au camping. 

Le ciel s'est couvert, nous craignons un orage. Mais, arrivées plus tôt qu'à l'accoutumée, nous prenons le temps de faire le tour du lac à pied. C'est agréable, de marcher. 

 

Mercredi 24 juillet

Le ciel est toujours menaçant. Pour la première fois, nous couvrons nos sacoches en prévision d'une averse. 

De-ci de-là, nous rencontrons quelques soucis au niveau des panneaux indicateurs qui, sans que l'on en comprenne l'utilité, font suivre des routes qui rallongent plutôt que de longer simplement le Donau. Nous n'avançons pas aussi vite que nous le voudrions. Cela ne nous empêche pas de faire une pause.

Quatre vélos au loin. Pas possible, est-ce que ce serait encore...? Non, nos amis suisses partent plus tôt que nous et vont plus vite, ils doivent être loin devant à présent ! Pourtant, les cyclistes ralentissent. S'arrêtent. 

-C'est vraiment incroyable ! lance un des messieurs.

-Comment ça se fait que vous n'en êtes que là ? leur demande-t-on.

-Et bien pour tout dire, ce matin on a rejoint le Danube et on l'a longé. Dans le mauvais sens, avoue-t-il.

Et l'autre monsieur de préciser :

-Je t'avais dit que tu retournais direction Ulm et que je ne te suivrai pas par là ! C'est pourtant pas compliqué de suivre le courant !

Nous nous moquons gentiment et roulons de concert jusqu'à Vohburg. Là, nous faisons une petite photo de groupe pour immortaliser cette rencontre, certains que nous ne nous recroiserons plus. Ils partent de leur côté visiter le village tandis que nous reprenons la route.

24 juillet 2013

24 juillet 2013

Dans l'après-midi, le temps se fait encore plus menaçant. Le vent se lève, l'orage gronde. Comme par hasard, à ce moment-là nous sommes dans une suite de montées-descentes (majoritairement de montées, en fait...) en pleine forêt, sans véritable abri, et avec une véloroute qui risque de devenir boueuse et glissante si la pluie venait à tomber. Parfois à côté, parfois sur le vélo, nous pressons l'allure.

A la sortie de la forêt, nous arrivons sur une route. Il n'y a aucun panneau indicateur, nous tentons une direction, apprécions une bonne descente. C'est une fois en bas que les panneaux routiers nous indiquent notre erreur. Il nous faut remonter tout ce que nous avons descendu. Pour couronner le tout, les vélos déraillent une fois chacun.

Enfin, nous arrivons sur Kelheim. Vu le temps, il serait peut-être plus judicieux de dormir à l'auberge de jeunesse. Après un passage obligé par l'office du tourisme, nous appelons la jugendherberge. Pu de place. Il se met à pleuvioter. Ne manquerait plus qu'une crevaison pour que le tableau soit complet. Heureusement, cela n'arrive pas, et nous gagnons sans trop de problèmes le camping d'Herrnsaal. Camping à la ferme, pas cher. Toujours ça d'économisé. 

 

Jeudi 25 juillet

Au matin, toute la vallée est plongée dans le brouillard. Il semble faire très gris, cela n'est guère encourageant. Mais les nuages se lèvent très vite et nous partons sous le soleil.

(Note à  nous-même : se méfier des lapins de ferme qui bouffent les fils de tente)

 

 

Nous déjeunons à Regensburg et fêtons avec joie la moitié du parcours ! Entre les problèmes de vélo et la rage de dent (sans compter les maux de fesses et de cuisses !) qui aurait cru que nous arriverions jusque-là ?     

 

Le soir, nous optons pour Wörth a.d. Donau. Il n'y a pas de camping dans le village mais quelques entrées de champs paraissent prometteuses. Nous posons à peine pied à terre près de l'église qu'une femme en voiture s'arrête. Elle ne parle pas anglais mais connait les bases du français. Plutôt surprenant ! Nous lui expliquons que nous cherchons un endroit pour dormir. Elle nous emmène jusqu'à la pension, mais une fois encore, c'est complet. 

"Venez chez moi", décide-t-elle. 

Nous la suivons. Elle commence par nous offrir une glace pour le goûter pendant que nous nous demandons où nous allons bien pouvoir planter notre tente sans abîmer le beau gazon. Puis elle nous fait descendre au sous-sol. Là, Ô surprise ! Elle nous fait visiter un magnifique appartement ! Salon, cuisine, salle de bain et chambre, tout cela rien que pour nous ! Nous nous extasions, nous débarbouillons, nous extasions encore. Si nous avons la poisse avec le matériel et les jugendherberge, nous avons une chance inouïe quant aux gens que nous croisons sur notre chemin. Mais notre chance ne s'arrête pas à ce superbe appartement... Après nous avoir présenté sa fille, son fils, sa petite-fille et son mari, notre hôtesse nous invite à dîner ! Nous mangeons avec elle et son mari. Celui-ci ne parle ni anglais ni français, et sa femme doit jouer les interprètes. Malgré les difficultés de compréhension, nous passons une bonne soirée. 

 

Le lendemain matin, le petit-dèj' nous attend. Le couple nous informe que les températures devraient avoisiner les 40°C pour toute la fin de semaine. Ils nous questionnent sur notre itinéraire du jour. Nous prenons congé en notant leur adresse, leur promettant de leur envoyer une carte à notre arrivée à Budapest. Comme dernière marque d'attention, la femme monte sur son vélo et nous remmène jusqu'à la véloroute. Elle s'assure que nous la reprenions dans le bon sens avant de nous saluer et de tourner vers le village. 

 

Déjeuner à Straubing.

 

Le soir, nous dégotons un petit camping quelques kilomètres avant Deggendorf. Il se situe le long de la véloroute, on dirait un camping à la ferme, sur le coup c'est parfait. Mais en fait, le tarif nous paraît élevé au vu des services proposés. Et la petite route est très utilisée la nuit : contrairement aux apparences, le coin n'est pas calme du tout. Nous dormons très mal. Surtout que, nous souvenant des conseils de nos hôtes ce matin, nous avons décidé de nous lever plus tôt afin de pédaler à la fraîche.

27 juillet 2013

27 juillet 2013

Inutile de dire que le réveil est difficile.

Il est 6 heures. Nous avons au moins droit à un beau lever de soleil...

 

Nous arrivons à Vilshofen a.d. Donau vers 13h après avoir longé une nationale un brin dangereuse (les panneaux de la véloroute nous paraissaient suspects, nous n'avons pas osé les suivre. ERREUR). Il fait tellement chaud que nous nous dégotons une petite cahute au bord du Donau et restons plusieurs heures dans un état larvaire, immobiles et transpirantes. Heureusement que les vélos sont là pour prouver notre statut de cycliste, sinon on passerait presque pour des clodos.

Ce n'est que vers 16h30 que nous trouvons le courage de bouger. Après les petites difficultés classiques pour retrouver la véloroute et la prendre dans le bon sens, nous repartons.

Nous réservons deux nuits au camping de Schalding, à quelques kilomètres de Passau.

Passau, notre première vraie journée de pause depuis que nous sommes parties ! (Fridingen ne compte pas vues les circonstances) 

 

Dimanche 28 juillet

Aujourd'hui, nous ne touchons pas aux vélos ! Pour gagner Passau, nous prenons le bus. Il nous dépose au centre-ville. A peine avons-nous marché un quart d'heure que déjà, notre enthousiasme retombe. Dimanche. Tout est fermé. Les rues sont presque désertes, seuls les touristes sont de sortie. Les églises sont fermées à cause de la messe. Il semble n'y avoir absolument rien à faire. Errance dans les rues... C'est là que, fait inattendu, nous repérons deux personnes un peu plus loin...

-Ce seraient pas deux de nos Suisses ?! s'étonne ma co-équipière.

-Tu crois ? (je n'ai jamais été particulièrement physionomiste, et pour ma défense, ils ne portaient plus leurs casques et leurs lunettes de soleil, et ça change TOUT)

-Bah oui, je crois...

-ça fait deux jours qu'on ne les a pas croisés, ce serait un truc de fou...

-Si ! Si, c'est eux, je reconnais le sac de la dame ! 

Le sac. LE détail qui nous permet de nous approcher et de lancer un joyeux bonjour. C'étaient bien eux. Nous discutons de ce qui nous est arrivé depuis la dernière fois, trois jours plus tôt. Puis nous nous séparons, pour de bon cette fois, puisque l'équipe suisse s'arrête ici. Nous continuerons seules.

Midi. Heureusement, les restos sont ouverts. Il commence à faire très chaud. Après manger, nous nous réfugions dans une église -à présent accessible au public- dont l'architecture et la décoration nous occupent un certain temps. Faut l'avouer : c'est très joli. Au bout d'un moment, je ressors déambuler dans les rues, m'arrête écouter un petit orchestre qui joue à la terrasse d'un café, marche jusqu'au confluent du Donau, de l'Inn et de l'Ilz. Les eaux qui se rencontrent ici ont chacune une couleur différente. Le résultat est surprenant. 

Je retrouve ensuite mon équipière dans l'église, pas tout à fait là où je l'avais laissée mais presque. S'ensuivent ensuite une série de cocas et de glaces, puis un trempage de pieds dans une des fontaines. Nous reprenons le bus en faisant des traces d'eau, et moi un vieux "schpouik schpouik". 

 

Un peu déçue de notre journée de repos, nous ne regrettons pas de quitter Passau. S'il y avait des choses à voir (et il y en avait, à n'en pas douter), nous les avons manquées. 

 

Passau clôture notre troisième semaine de voyage. Nous en sommes à 911 kms et avons toujours un peu de retard sur notre planning de départ. Demain, nous gagnons l'Autriche...

Direction lundi 29 juillet

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La route hors du monde - partie 3 - Au bout du chemin

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