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6 octobre 2013 7 06 /10 /octobre /2013 14:02

Lundi 29 juillet 2013

Après une nuit venteuse et pluvieuse, nous quittons le camping de Schalding. Le ciel est menaçant, les températures se sont sérieusement rafraîchies, mais pour l'instant il ne pleut pas, et finalement ça fait du bien de pédaler au frais. Nous évitons le centre de Passau (on a compris à quel point il est difficile de sortir des centres-villes sans tourner en rond pendant des heures...) et continuons en direction de l'Autriche. Avisant un cycliste qui prend des photos en même temps qu'il roule, nous tentons de l'imiter, mais les résultats de ces essais guère fructueux ne seront pas publiés ici.

 

Au bout de quelques heures, un doute nous envahit : quand sommes-nous censées passer la frontière ? Elle n'est pas loin de Passau, serions-nous déjà...? Les plaques de voitures nous le confirment : nous sommes en Autriche. L'effet "attention, je m'apprête à passer la frontière... ça y est !" est complètement raté. Inutile de s'attarder sur cette déception.

 

 

A Schlögen, la véloroute s'arrête tout net. Il faut prendre un petit bac, traverser le Donau et retrouver l'eurovélo sur l'autre rive. Heureusement, à deux, nous parvenons à réunir assez de monnaie pour payer la traversée.

 

 

Note à nous-mêmes : toujours avoir de la monnaie sur soi, on ne sait jamais quand une traversée par bateau sera incontournable...

 

Nous arrivons suffisamment tôt au camping d'Aschach pour un petit tour à pieds le long du Donau et faire amies-amis avec les canards du coin. Ensuite, il se met à pleuvoir à verse (alors que nous n'avions pas eu une goutte tant que nous étions à vélo !), et la journée s'arrête là.

 

Le lendemain, le temps est toujours frais et maussade. Pas terrible pour le moral, mais efficace pour les kilomètres. 

30 juillet 2013 - Ottensheim

30 juillet 2013 - Ottensheim

Nouvelle traversée par bac au niveau d'Ottensheim, puis longue halte à Linz : notre merveilleuse carte routière allemande s'arrête ici, il nous faut dégoter un autre guide. Après déambulation, nous tombons sur le centre commercial Lentia City, achetons "Donauradweg 2 Von Passau über Wien nach Bratislava" ainsi que deux menus McDo parce qu'il ne faut quand même pas se laisser aller. 

Note à nous-mêmes : McDo à emporter pour un trajet à vélo = mauvaise stratégie. 

 

Après calcul de notre itinéraire, nous réalisons que notre journée de repos à Vienne risque de tomber un dimanche. Pour éviter de renouveler l'erreur de Passau, nous décidons d'accélérer notre rythme. Rattraper le petit retard qu'il nous reste. Arriver avec une journée d'avance. Pas sûres d'y arriver, ça ne coûte rien de tenter le coup...

 

Vingt-troisième soir : camping à Au a.d. Donau.

 

Mercredi 31 juillet

Il fait de nouveau beau. La véloroute est plate, bien goudronnée, facile. Nous arrivons sans encombres à Grein (nom que nous prononçons en français et qui du coup nous fait bêtement marrer).

31 juillet 2013 - Grein

31 juillet 2013 - Grein

C'est là qu'un deuxième incident technique se produit (j'ai passé sous silence le pneu lisse qu'il a fallu changer car cela ne nous empêchait pas de rouler) : installée (de manière instable, je l'avoue) dans un parking vélo classique, ma monture se casse soudainement la figure, entraînée par les kilos de bagages. La roue avant, restée bloquée dans son emplacement, se voile. Ou plutôt, se tord au point d'être complètement hors d'usage. Un peu de chance dans notre malheur : un magasin de vélos nous tend les bras de l'autre côté de la rue. Le pneu râclant gentiment contre le garde-boue, nous traversons et expliquons au réparateur que "the tire is dead" (ce qui n'est pas tout à fait juste, le pneu va relativement bien, c'est la roue qui est morte, mais peu importe, le réparateur n'a pas besoin de cette précision pour dresser son constat).

En dix minutes, la roue est changée, et je repars plus légère de presque 70€, consciente de m'être fait arnaquer, mais n'ayant guère le choix.

 

Nous mangeons à Grein, décidons de rester sur cette rive du Donau plutôt que de traverser pour suivre la véloroute officielle (mauvais plan, nous nous retrouvons à longer une route, pas très agréable), retombons sur une variante de l'eurovélo 6 à Ybbs et terminons au camping de Granz. Granz, la ville morte. Granz, où des gens font de la rando-vélo suivis de deux voitures qui apportent tentes, barbecue, aspirateur. Là, on se dit qu'on a tout vu...

 

Juillet laisse place à août. Le paysage autrichien est vraiment plaisant : nous longeons toujours le Donau, traversant des vergers ; sur l'autre rive, quelques cultures en terrasse, des ruines auxquelles on accède par un escalier taillé dans la pierre.

1er Août 2013 - Mautern a.d. Donau

1er Août 2013 - Mautern a.d. Donau

Vingt-cinquième soir : camping à Zwentendorf (pour info : l'emplacement se paie au restaurant à côté).

 

Une quarantaine de kilomètres nous sépare de Klosterneuburg, où se situe notre prochain camping. Nous parcourons la distance dans la matinée et nous y installons en tout début d'après-midi. A la réception, on nous donne plans, dépliants et autres prospectus sur Wien. On nous explique également comment gagner la capitale.

Un car. Un métro. Et ça y est. Nous sommes vendredi 2 août. Nous avons rattrapé notre retard et pris une journée d'avance. Nous sommes à Wien ! 

 

Nous achetons un pass 48h qui donne accès à l'ensemble des transports en commun de la ville (exception faite du car Wien-Klosterneuburg, évidemment...). Il existe également une formule transports en commun + réductions dans de nombreux musées.

Fin d'après-midi, nous découvrons le château du Belvédère, son jardin, ses statues, ses fontaines.

2 août 2013 - Vienne : Château du Belvédère

2 août 2013 - Vienne : Château du Belvédère

Puis, notre pass en poche, nous embarquons dans un bus au hasard. Le soleil se couche, nous passons devant le parlement, le long du quartier des musées, devant plusieurs églises et cathédrales. 

 

Il fait nuit. Nous descendons du bus près d'une église. Sur son mur est fixé un immense écran blanc. A proximité, des dizaines de petites baraques cuisine du monde. On peut manger indien, chinois, mexicain...

Il s'agit d'un festival : chaque soir, un concert, un opéra, un ballet, un film en lien avec la musique, est projeté sur l'écran géant. Un peu partout dans le petit marché, des enceintes retransmettent la musique. Ce soir, nous sommes trop crevées pour rester, mais demain...

 

Samedi 3 août : journée de pause à Wien

Pour la première fois depuis quatre semaines, chacune part seule de son côté. Musée Klimt pour l'une, musée Freud pour l'autre. Mais même en s'organisant de cette façon, nous n'aurons jamais le temps de voir tout ce que nous voudrions.

 

Après Freud, je vais admirer l'entrée de la bibliothèque nationale puis erre un moment dans le quartier des musées.

3 août 2013 - Vienne : Quartier des musées

3 août 2013 - Vienne : Quartier des musées

Nous nous retrouvons dans la cour du Leopold-museum, mangeons un morceau dans un parc, puis prenons la direction du palais impérial pour la visite des appartements de Sissi, François-Joseph et Marie-Thérèse d'Autriche.

Retour dans le centre-ville pour quelques incursions dans les églises et vieux quartiers. Et, le rendez-vous à ne pas manquer : le festival. Ce soir est projetée La Bohême, chantée en italien sous-titrée allemand. Nous ne comprenons rien aux paroles mais profitons des voix et musiques, du petit marché, des températures douces malgré la nuit tombée. Nous sommes cependant contraintes de partir au deuxième acte, par peur de ne plus avoir de car pour rentrer au camping. 

 

Dur de se lever le lendemain. Dur de quitter Wien alors qu'il reste tant de choses à faire et à voir. Nous nous perdons dans le centre-ville (classique), parvenons à rejoindre l'eurovélo 6 au niveau du Prater et quittons la capitale autrichienne. 

 

Quelques kilomètres plus loin, la véloroute traverse une succession de plages de nudistes. Nous qui pensions avoir tout vu... 

 

Nous entamons la grande ligne droite qui figure sur notre guide. Comme on pouvait s'y attendre, c'est monotone. En plus, le temps se couvre et le camping n'est pas tout près. 

 

En chemin, un type nous parle de Dieu et essaie de nous refourguer un dépliant pour des réunions religieuses. Autant par crainte de la pluie que pour fuir ce monsieur qui pourrait nous tenir la jambe pendant des heures, nous accélérons.

Il nous faut traverser le Donau à Bad Deutsch-Altenburg puis revenir environ 6 kms en arrière sur l'autre rive pour atteindre le camping de Petronell-Carnuntum. Enfin, "camping"... c'est un bien grand mot. "Ancien micro-complexe sportif" serait plus approprié. Quelques terrains de tennis couverts entourés d'une petite cour où planter la tente ; pas de sanitaires en tant que tels, mais les anciens vestiaires avec -chez les femmes en tout cas- un unique toilette et des douches communes.

Wien nous manque déjà !!

 

Un gros orage vient clôturer cette quatrième semaine et nos 1 293 kms. Et, pour prouver que nous n'avons pas tout le temps la poisse : notre tente ne prend pas l'eau.

 

Direction la dernière semaine de route

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commentaires

J
C'est amusant car je pense qu'on se connait. Je chantais dans la chorale universitaire.
En ce qui concerne Besançon-Budapest, j'avais prévu ce voyage pour 2013. Le temps d'être prêt et de monter un duo musicale avec un copain.
Nous avons chanté avec ukulele et mélodica dans les grandes villes que nous avons traversé. ça nous a permis de payer la nourriture quotidienne.
Nous avons joué à Sigmaringen, Ulm, Ingolstat,Regensburg, Passau, Wien,Linz, Bratislava, Budapest. Parfois délogé par la "Polizei" mais plutôt bien accueilli par le public en général.
Bratislava est la ville que j'ai préféré.De nuit comme de jour. La vieille ville j'entends car le reste est un peu effrayant.J'étais content d'avoir aperçu les montagnes des Carpates.
Nous avons fait une bonne bringue à Budapest au For Sale Pub pour fêter la fin de notre voyage.
Nous avons fait notre retour en train.Pas le moment le plus agréable surtout en France. Retard, billet assez cher, controleur pas sympa, ... Alors que franchement Budapest-Wien n'était pas gagné
étant donné la gueule du train.
Bravo pour votre aventure car c'est tout de même une belle performance physique.
Nous, on avait des cartes depuis le début et on chopait les plans des villes aux offices de tourisme. Sans elles, on se serait bien galéré.A Wien particulièrement, une ville énorme.Bien pratique le
plan pour retrouver la HauptBahnof.
Bravo pour votre aventure.
Au plaisirs d'en suivre d'autre. Il existe 12 EuroVélo. Le tour du monde à bicyclette, ça fait envie aussi ! Non ?
Répondre
C


Effectivement, je chante encore à la chorale U ! 


C'est super comme façon de financer son voyage. On a croisé un groupe de jeunes qui faisaient de même à Stein am Rhein.


Nous, on a beaucoup aimé Wien, une ville très vivante, avec plein de musées et beaucoup d'animations. D'ailleurs, si on avait su ce qui nous attendait après, on se seraient arrêtées là. Assez
déçues de la véloroute entre Wien et Budapest. 


Et le retour en train, j'en parle même pas ! Grosse galère... 


Bravo à vous aussi ! Et oui, on a déjà repéré les autres véloroutes. On réfléchit à un autre style de vélo (tandem ou vélos couchés) pour voir ce que ça donne...



J
salut à vous.
Nous avons fait le même parcours. Départ de Besançon fin aout 2013 arrivée à Budapest 21 jours plus tard. Belle aventure . Nous n'avons pas été au camping mais dormi à la belle. Nous avons été
parfois un peu mouillé. Etes vous allez jusqu'a Budapest ? Avez vous vu Bratislava ?
Répondre
C


Bonjour !


Je vais essayer de publier le dernier article ce week-end. Nous sommes effectivement allées jusqu'à Budapest, en passant par Bratislava. Mais nous ne sommes restées que quelques heures dans la
capitale slovaque et n'avons pas eu le temps de la visiter. Avez-vous eu cette chance ? Et comment êtres-vous revenus de Budapest ? Train ? Avion ?



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La route hors du monde - partie 3 - Au bout du chemin

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