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8 août 2015 6 08 /08 /août /2015 22:45

J'avais d'abord pris l'habitude de prendre en photo la vue depuis ma fenêtre, parce que je la trouvais jolie. Puis, j'ai réalisé que ces images m'inspiraient parfois des textes (bons ou mauvais, mais des textes quand même).

Encore plus tard, arc-en-ciel oblige, j'ai commencé à prendre en photo la vue depuis les fenêtres des autres, images ensuite classées dans un dossier secrètement intitulé "from your window, dear friends".

Par manque de temps, je n'ai pas pu les publier plus tôt, mais en voilà maintenant quelques-unes. Peut-être certain/e/s d'entre-vous reconnaîtront-ils la vue...

 

 

Depuis les fenêtres des autres

Pour commencer son écrit, hésiter entre

« Pourquoi ces couleurs bizarres sur la photo »

et

« Pourquoi ces constructions humaines viennent gâcher le coucher de soleil ».

Ne pas réussir à choisir.

Décider de ne rien écrire.

 

~~~

 

Depuis les fenêtres des autres

Dans les grues, un arc-en-ciel s'est accroché.

Peut-être tombait-il et l'ont-elles rattrapé.

Peut-être s'élevait-il et l'en ont-elles empêché.

Dans les grues, un arc-en-ciel s'est empêtré

Y aura-t-il quelqu'un pour l'en démêler ?

 

~~~

 

Depuis les fenêtres des autres

Ce matin, deux nuages croisent le fer

Pendant qu'il est encore chaud ?

Pourquoi cette querelle ?

Ah non, c'est « battre »...

Pour le sourire timide d'une aube rosée ?

« Battre le fer tant qu'il est chaud »

Pour s'approprier un pont ?

« De l'eau a passé sous les ponts », ça, ça va.

Qu'est-ce qui pousse un nuage à en combattre un autre ?

Du vent !

Quels sont leurs sujets de discorde ?

La pluie et le beau temps

Ou peut-être n'est-ce qu'un jeu ?

Tu ?

Ils s'étirent, s'élancent, se lancent des

La

réflexions.

réflexion ?

 

~~~

 

Depuis les fenêtres des autres

Si la ville était mon esprit,

je n'aurais pas le droit

de penser par ici.

 

~~~

 

Depuis les fenêtres des autres

Un abri-bus de nuit.

Juste une pensée :

Où sont les fantômes ?

 

Puis une deuxième voix :

Pourquoi y en aurait-il ?

Ce n'est qu'un abri-bus

dans la lumière d'un lampadaire.

 

Puis un murmure :

Et pourquoi pas ?

Pourquoi pas de fantômes

dans la lumière du lampadaire ?

 

Puis un petit rire narquois :

Dites-donc,

on est combien à penser en même temps ?

 

Puis un regard en soi.

Les fantômes,

ne seraient-ils pas plutôt là... ?

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25 février 2015 3 25 /02 /février /2015 15:49

C'est une fenêtre pas bien grande, pas bien large,

coincée au fond du mur.

En bas, une cour, pas bien grande, pas bien large,

toute pavée.

Deuxième étage, vue pas bien grande, pas bien large,

de maisons enserrée.

 

Mais, plus loin...

 

Abbatiale

9 février 2014

9 février 2014

Abbatiale qui accroche le soleil

et en fait des clins d’œil

                  amusés

à ma fenêtre

                  mal éclairée. 

                            

 

 

Abbatiale au coucher

derrière des fils

                     emprisonnée

dans une toile

                     désertée.

                                

 

 

Abbatiale aux deux horloges

Quel leurre est-il ?

                      Tromp'heure

Qui se déguise

                      en l'autre ?

                                  

 

 

Abbatiale.

 

Mais plus près...

 

Toits sous ciel d'orage

instant suspendu en sentant

                  la pluie

les antennes

                  murmurent.

19 septembre 2014

19 septembre 2014

Ils se connaissent

et l'un attend

                   l'autre

ou ne se connaissent pas

                   et s'ignorent.

                             

 

 

C'est une fenêtre pas bien grande, pas bien large,

coincée au fond du mur.

En bas, une cour, pas bien grande, pas bien large,

toute pavée.

Deuxième étage, vue pas bien grande, pas bien large,

de maisons enserrée.

 

Mais, toujours, à la fenêtre

le chat

          guette.

          

 

Les fenêtres d'avant, et les fenêtres des autres.

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22 septembre 2014 1 22 /09 /septembre /2014 13:11
Une pincée de ciel

Je peux avoir du ciel s'il te plaît ? 

Pardon ?

Du ciel. 

Du sel ? 

Du ciel !

Je ne comprends pas. 

Tu ajoutes bien un nuage de lait à ton thé, pourquoi ne pourrais-je pas relever ma soupe d'une pincée de ciel ? 

Parce que c'est loin pour aller en chercher, et que je ne saurais pas comment le rapporter. Il ne se coule pas dans une bouteille et passe entre les mailles des filets. L'oiseau qui vole le plus haut pourrait peut-être l'approcher, mais il serait bien en peine de l'attraper. 

Comment tu fais, toi, pour tes nuages ? Qui va te les chercher ?

Personne. J'attends qu'ils tombent pour les ramasser. Mais le ciel, lui, est trop bien accroché. 

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28 juin 2014 6 28 /06 /juin /2014 19:42

Proposition de texte pour le concours "écrire et jouer ensemble" d'Ecrire ensemble

 Thème imposé :

- Composer un acrostiche double (inversé ou non) avec ECRIRE ENSEMBLE.

- Pas plus de deux propositions par personne.

 

 Esquisse une terrE,

 Crée un cieL,

 Relie-les d'un baobaB.

 Imagine le son lointain d'un tam-taM.

 Rassemble au pied de l'arbre toutes les couleurs de chaque espècE

 Et recule de quelques paS...

 

 Ecoute ce fascinant langage commuN

 Né d'un partage millénairE

 Souffler, crier, rugir, pleurer, rirE,

 Envoûter, terrifier et raconteR

 Mille légendes d'ici, d'ailleurs, d'hier et d'aujourd'huI.

 Bienveillante assemblée de créatures sans encre ni papieR

 La langue que tu parles ne se fige pas en noir sur blanC.

 Et pourtant tu écris et transmets jour après jour l'histoire du mondE

Illustration : Hanahys

Illustration : Hanahys

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1 mai 2014 4 01 /05 /mai /2014 12:47

Alors le géant de pierres ouvrit la bouche en grand,

très grand,

comme pour engloutir l'arbre à son côté !

Ou comme si la fatigue des siècles s'abattait soudainement sur lui :

peut-être n'était-ce là qu'un simple bâillement ?

Ou comme si le printemps avait le pouvoir de le faire éternuer !

Imaginez la bourrasque !

Ou comme s'il s'apprêtait à pousser un cri monstrueux !

Est-ce que ce serait un cri de rage ou de terreur ?

Qu'est-ce qui met un géant de pierres en colère ?

Qu'est-ce qui peut bien lui faire peur ?

 

Alors le géant de pierres ouvrit la bouche en grand...

Qu'allait-il faire, personne ne le su jamais,

 car la bouche ainsi ouverte,

il resta figé !  

 

 

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12 mars 2014 3 12 /03 /mars /2014 13:06
Au bord du Doubs

Il est des matins comme celui-là,

qui semblent n'avoir rien de particulier

qu'un soleil dans l'hiver,

qu'un sentiment apaisé,

qu'une pensée d'abord floue qui prend forme peu à peu :

"Un sac sur le dos, de bonnes chaussures aux pieds,

et hop c'est parti, besoin de rien d'autre". 

Si seulement...

 

Tu rêvasses pendant que le chien tire sur la laisse.

Il aboie. Une fois. Puis pleure.

Truffe en l'air, il t'indique un écureil. 

Vous l'observez un moment

jusqu'à ce que vous en ayez assez qu'il vous nargue. 

 

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18 février 2014 2 18 /02 /février /2014 11:49

Texte écrit pour le concours "Prose sur l'humain", proposé par Ecrire ensemble

Thème imposé :

"Sous la forme d'un exercice de prose, développer votre propre définition de l'humanité, d'être humain en 2013"

Contraintes :

- Votre texte doit être un poème en prose

- Pas plus d'un texte par auteur(e)

 

 

Humain, espèce aux cent sourires,

sincères ou vicieux, tristes ou heureux.

 

Tu as le choix du devenir de tes découvertes :

de la science, tu peux faire arme ou médicament,

bienfait ou anéantissement.

Tu as inventé l'art, a suivi la censure.

Tu baves devant des chefs d’œuvre gastronomiques

tout en dégustant tes pesticides quotidiens.

Généreux et confiant, tu ouvres ta porte au voyageur inconnu et l'invites à ta table,

égoïste et méfiant, tu surveilles, dénonces ou accables ton voisin.

 

Humains, paradoxes à mille visages

dont on peut attendre tout et son contraire.

 

Certains d'entre-vous se sont faits protecteurs

parce que d'autres étaient devenus destructeurs.

Capables de tracer de nouveaux chemins, pour les clôturer de barbelés

tandis que dans d'autres mains, les tenailles se tiennent prêtes à ré-ouvrir toute route barrée.

Vous avez le courage de partir pour des continents inconnus

et la lâcheté d'y exterminer vos semblables.

Vous pouvez aussi bien dresser des barricades pour défendre vos valeurs

que privilégier vos possessions à vos droits : Victor Hugo, déjà, vous faisait ce reproche*.

 

Mais... « tu », « vous »...

Pourquoi cette distance, pourquoi ce regard de loin ?

Ne suis-je pas moi aussi être-humain,

ambivalente, parfois paradoxale,

capable de cent sourires ?

Humains, que sommes-nous ?

Que cachons-nous dans nos coffres-forts ?

Qu'emmenons-nous dans nos valises ?

 

 

*« Défends moins tes pommiers et défends mieux tes droits, paysan »

 V. Hugo, « Les enfants gâtés », L'art d'être grand-père.

 

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20 janvier 2014 1 20 /01 /janvier /2014 20:03

Est-ce nous qui avons enfermé le Petit Peuple sous terre,

ces djinns et feux-follets, tous les gnomes de nos histoires ?

 

Pourquoi ?

Parce que nous en avions assez

de leurs plaisanteries déjà subies cent fois,

de ces enfantillages qui siéent mal aux adultes.

Ils ne vieillissent ni de corps ni d'esprit, est-ce leur faute ?

Mais tout de même,

casser les objets, perdre les gens sur les chemins

ou les effrayer au milieu de la nuit,

cela ne fait rire qu'eux !

Les plus insolents, parfois les plus méchants,

sont portés aux nues.

 

Ou peut-être étions-nous jaloux.

Parce qu'ils s'étaient fait les oiseaux pour amis,

et n'avaient pas besoin de machines pour voler,

parce qu'une feuille morte leur suffisait

pour descendre les cours d'eau des caniveaux.

 

 

Est-ce nous qui avons enfermé le Petit Peuple sous terre,

ces elfes et korrigans, tous les minuscules de nos légendes,

ou ont-ils eux-même fermé la grille et jeté la clé ?

 

Pourquoi ?

Parce qu'ils ont des trésors qu'ils refusent de partager.

Des mines d'or ? Peut-être. Des secrets ? Sûrement.

Des promenades au centre de la Terre,

des plongeons dans les sources souterraines,

des dessins dans les profondeurs des grottes.

Et il y a ce soleil en leur cœur :

ils ne le retrouvent pas toujours en nous,

alors ils ont peur que nous le volions à la première occasion.

Ils préfèrent terrer le leur plutôt que nous réapprendre à faire briller le nôtre.

 

Ou peut-être sont-ils effrayés.

Parce qu'au-dessus, ça court, ça court,

mais pas pour faire des blagues ou jouer des mauvais tours !

Ça court, ça écrase... et ils ne comprennent pas pourquoi !

Mais si l'on prenait le temps de regarder l'herbe pousser

parviendrait-on finalement à y deviner

quelque lutin ou farfadet ?

 

 

Est-ce nous ? Est-ce eux ?

Qui a enfermé le Petit Peuple sous terre ?

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8 janvier 2014 3 08 /01 /janvier /2014 20:28

 

Il est apparu ce matin, sans prévenir,

parce que j'étais un peu en avance,

parce que le soleil levant faisait briller la fenêtre,

parce qu'il y avait de la buée sur les carreaux,

parce que parce que parce que...

 

Il est apparu, aussi raté que ceux que je pouvais faire, avant.

Avant quoi ?

« Avant », c'est tout.

Il me rappelle cette récitation d'école 

Le petit bonhomme sur le carreau*.

Il me rappelle ces illusions d'enfants

qui finissent par s'éteindre si l'on n'en prend pas soin,

comme un feu de cheminée que personne n'entretient,

comme une bougie que l'on souffle quand l'électricité revient.

La petite souris prise dans une tapette

ou agonisante de mort-aux-rats,

le père noël cramé dans un poêle à bois,

le lapin de pâques bouffé à la moutarde.

Les animaux deviennent muets,

les peluches ne sont plus que d'encombrants nids de poussière,

la cabane dans la chambre se résume à de vieux draps

tendus entre l'armoire et la commode.

Sur un carreau plein de buée, sur un pare-brise enneigé,

à quel âge remplace-t-on le petit bonhomme

par des symboles obscènes

ou des mots stupides ? Et... pourquoi ?...

Et celui-là, sorti de nulle part,

où ira-t-il quand la pièce se réchauffera

et que la buée disparaîtra ?

Existe-t-il un lieu pour tous les bonshommes éphémères,

qu'ils soient de buée, de neige, d'épices ou Hiver ?

 

Il est apparu ce matin, sans prévenir...

parce que j'étais un peu en avance...

8 janvier 2014

8 janvier 2014

*Les petits bonshommes sur le carreau, Isabelle Simon & Olivier Douzou.

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21 décembre 2013 6 21 /12 /décembre /2013 17:38

Actes I et II

***

 

Nous sommes deux à nous partager la fenêtre,

tantôt nous y croisant, tantôt nous y rejoignant

la plupart du temps en silence.

Elle guette, j'observe,

elle s'agite, j'attends,

mais nos regards ne s'arrêtent presque jamais aux mêmes détails...

Que sent-elle, qu'entend-elle ?

Qu'est-ce qui attire les yeux des chats ?

Que devine-t-elle que j'ignore ?

 

 

***

 

18 septembre 2013

18 septembre 2013

De ma fenêtre

je vois une brèche s'ouvrir entre les mondes

entre le monde gris et le monde bleu et blanc

entre le monde nuit et le monde jour

monde terre-à-terre, monde imaginaire :

C'est où, "ailleurs" ? C'est comment, "autrement" ?

8 novembre 2013

8 novembre 2013

***

 

Quand il est d'humeur taquine

le soleil lance une, deux, trois blagues 

toutes plus déplacées les unes que les autres.

Sa grivoiserie fait rosir tout le paysage alentour.

Et il en est fier...

19 septembre 2013

19 septembre 2013

***

 

Certains jours

la fenêtre s'ouvre sur les méandres d'un esprit embrouillé.

Enfumé par des vapeurs d'alcool et de fête ?

Troublé par des choix à faire, des décisions à prendre ?

Embrumé par des maux qui empêchent de penser ?

Encore perdu dans un rêve qui s'accroche après la nuit ?

21 septembre 2013

21 septembre 2013

***

 

Parfois

les nuages se décrochent du ciel et tombent sans se faire mal. 

Ils rient de leur maladresse

sans prêter attention aux regards blasés de la terre.

Ensuite, paresseusement, il leur faut remonter. 

21 septembre 2013

21 septembre 2013

***

 

 

La fenêtre donne sur un arbre capable de hisser le soleil à bout de branches,

toujours plus haut, jusqu'à s'en faire une couronne de lumière. 

Ainsi paré, il s'imagine que même le ciel l'envie.

Mais trop occupé à se pavaner, il finit toujours

par laisser le soleil lui échapper.

18 octobre 2013

18 octobre 2013

***

 

En blanc sur noir

l'hiver trace ses messages.

Que signifient-ils ? A qui s'adressent-ils ? 

En noir sur blanc

animaux et humains écrivent

leurs pas, leur chemin, leurs hésitations et leurs décisions.

 

***

 

Quelqu'un a trempé un pinceau dans le ciel

des courbes s'en sont échappées,

des courbes dans lequelles on peut plonger,

des courbes avec lesquelles on peut voler. 

Il suffit d'ouvrir la fenêtre et de laisser l'esprit vagabonder.

28 novembre 2013

28 novembre 2013

La fenêtre se ferme. D'autres mains la rouvriront.

Le volet se baisse. Une autre personne le remontera.

La lumière s'éteint, la clé tourne dans la serrure, une dernière fois.

 

Promesses de nouveaux paysages...

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La route hors du monde - partie 3 - Au bout du chemin

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