Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
22 septembre 2014 1 22 /09 /septembre /2014 13:11
Une pincée de ciel

Je peux avoir du ciel s'il te plaît ? 

Pardon ?

Du ciel. 

Du sel ? 

Du ciel !

Je ne comprends pas. 

Tu ajoutes bien un nuage de lait à ton thé, pourquoi ne pourrais-je pas relever ma soupe d'une pincée de ciel ? 

Parce que c'est loin pour aller en chercher, et que je ne saurais pas comment le rapporter. Il ne se coule pas dans une bouteille et passe entre les mailles des filets. L'oiseau qui vole le plus haut pourrait peut-être l'approcher, mais il serait bien en peine de l'attraper. 

Comment tu fais, toi, pour tes nuages ? Qui va te les chercher ?

Personne. J'attends qu'ils tombent pour les ramasser. Mais le ciel, lui, est trop bien accroché. 

Partager cet article
Repost0
28 juin 2014 6 28 /06 /juin /2014 19:42

Proposition de texte pour le concours "écrire et jouer ensemble" d'Ecrire ensemble

 Thème imposé :

- Composer un acrostiche double (inversé ou non) avec ECRIRE ENSEMBLE.

- Pas plus de deux propositions par personne.

 

 Esquisse une terrE,

 Crée un cieL,

 Relie-les d'un baobaB.

 Imagine le son lointain d'un tam-taM.

 Rassemble au pied de l'arbre toutes les couleurs de chaque espècE

 Et recule de quelques paS...

 

 Ecoute ce fascinant langage commuN

 Né d'un partage millénairE

 Souffler, crier, rugir, pleurer, rirE,

 Envoûter, terrifier et raconteR

 Mille légendes d'ici, d'ailleurs, d'hier et d'aujourd'huI.

 Bienveillante assemblée de créatures sans encre ni papieR

 La langue que tu parles ne se fige pas en noir sur blanC.

 Et pourtant tu écris et transmets jour après jour l'histoire du mondE

Illustration : Hanahys

Illustration : Hanahys

Partager cet article
Repost0
1 mai 2014 4 01 /05 /mai /2014 12:47

Alors le géant de pierres ouvrit la bouche en grand,

très grand,

comme pour engloutir l'arbre à son côté !

Ou comme si la fatigue des siècles s'abattait soudainement sur lui :

peut-être n'était-ce là qu'un simple bâillement ?

Ou comme si le printemps avait le pouvoir de le faire éternuer !

Imaginez la bourrasque !

Ou comme s'il s'apprêtait à pousser un cri monstrueux !

Est-ce que ce serait un cri de rage ou de terreur ?

Qu'est-ce qui met un géant de pierres en colère ?

Qu'est-ce qui peut bien lui faire peur ?

 

Alors le géant de pierres ouvrit la bouche en grand...

Qu'allait-il faire, personne ne le su jamais,

 car la bouche ainsi ouverte,

il resta figé !  

 

 

Partager cet article
Repost0
12 mars 2014 3 12 /03 /mars /2014 13:06
Au bord du Doubs

Il est des matins comme celui-là,

qui semblent n'avoir rien de particulier

qu'un soleil dans l'hiver,

qu'un sentiment apaisé,

qu'une pensée d'abord floue qui prend forme peu à peu :

"Un sac sur le dos, de bonnes chaussures aux pieds,

et hop c'est parti, besoin de rien d'autre". 

Si seulement...

 

Tu rêvasses pendant que le chien tire sur la laisse.

Il aboie. Une fois. Puis pleure.

Truffe en l'air, il t'indique un écureil. 

Vous l'observez un moment

jusqu'à ce que vous en ayez assez qu'il vous nargue. 

 

Partager cet article
Repost0
18 février 2014 2 18 /02 /février /2014 11:49

Texte écrit pour le concours "Prose sur l'humain", proposé par Ecrire ensemble

Thème imposé :

"Sous la forme d'un exercice de prose, développer votre propre définition de l'humanité, d'être humain en 2013"

Contraintes :

- Votre texte doit être un poème en prose

- Pas plus d'un texte par auteur(e)

 

 

Humain, espèce aux cent sourires,

sincères ou vicieux, tristes ou heureux.

 

Tu as le choix du devenir de tes découvertes :

de la science, tu peux faire arme ou médicament,

bienfait ou anéantissement.

Tu as inventé l'art, a suivi la censure.

Tu baves devant des chefs d’œuvre gastronomiques

tout en dégustant tes pesticides quotidiens.

Généreux et confiant, tu ouvres ta porte au voyageur inconnu et l'invites à ta table,

égoïste et méfiant, tu surveilles, dénonces ou accables ton voisin.

 

Humains, paradoxes à mille visages

dont on peut attendre tout et son contraire.

 

Certains d'entre-vous se sont faits protecteurs

parce que d'autres étaient devenus destructeurs.

Capables de tracer de nouveaux chemins, pour les clôturer de barbelés

tandis que dans d'autres mains, les tenailles se tiennent prêtes à ré-ouvrir toute route barrée.

Vous avez le courage de partir pour des continents inconnus

et la lâcheté d'y exterminer vos semblables.

Vous pouvez aussi bien dresser des barricades pour défendre vos valeurs

que privilégier vos possessions à vos droits : Victor Hugo, déjà, vous faisait ce reproche*.

 

Mais... « tu », « vous »...

Pourquoi cette distance, pourquoi ce regard de loin ?

Ne suis-je pas moi aussi être-humain,

ambivalente, parfois paradoxale,

capable de cent sourires ?

Humains, que sommes-nous ?

Que cachons-nous dans nos coffres-forts ?

Qu'emmenons-nous dans nos valises ?

 

 

*« Défends moins tes pommiers et défends mieux tes droits, paysan »

 V. Hugo, « Les enfants gâtés », L'art d'être grand-père.

 

Partager cet article
Repost0
20 janvier 2014 1 20 /01 /janvier /2014 20:03

Est-ce nous qui avons enfermé le Petit Peuple sous terre,

ces djinns et feux-follets, tous les gnomes de nos histoires ?

 

Pourquoi ?

Parce que nous en avions assez

de leurs plaisanteries déjà subies cent fois,

de ces enfantillages qui siéent mal aux adultes.

Ils ne vieillissent ni de corps ni d'esprit, est-ce leur faute ?

Mais tout de même,

casser les objets, perdre les gens sur les chemins

ou les effrayer au milieu de la nuit,

cela ne fait rire qu'eux !

Les plus insolents, parfois les plus méchants,

sont portés aux nues.

 

Ou peut-être étions-nous jaloux.

Parce qu'ils s'étaient fait les oiseaux pour amis,

et n'avaient pas besoin de machines pour voler,

parce qu'une feuille morte leur suffisait

pour descendre les cours d'eau des caniveaux.

 

 

Est-ce nous qui avons enfermé le Petit Peuple sous terre,

ces elfes et korrigans, tous les minuscules de nos légendes,

ou ont-ils eux-même fermé la grille et jeté la clé ?

 

Pourquoi ?

Parce qu'ils ont des trésors qu'ils refusent de partager.

Des mines d'or ? Peut-être. Des secrets ? Sûrement.

Des promenades au centre de la Terre,

des plongeons dans les sources souterraines,

des dessins dans les profondeurs des grottes.

Et il y a ce soleil en leur cœur :

ils ne le retrouvent pas toujours en nous,

alors ils ont peur que nous le volions à la première occasion.

Ils préfèrent terrer le leur plutôt que nous réapprendre à faire briller le nôtre.

 

Ou peut-être sont-ils effrayés.

Parce qu'au-dessus, ça court, ça court,

mais pas pour faire des blagues ou jouer des mauvais tours !

Ça court, ça écrase... et ils ne comprennent pas pourquoi !

Mais si l'on prenait le temps de regarder l'herbe pousser

parviendrait-on finalement à y deviner

quelque lutin ou farfadet ?

 

 

Est-ce nous ? Est-ce eux ?

Qui a enfermé le Petit Peuple sous terre ?

Partager cet article
Repost0
8 janvier 2014 3 08 /01 /janvier /2014 20:28

 

Il est apparu ce matin, sans prévenir,

parce que j'étais un peu en avance,

parce que le soleil levant faisait briller la fenêtre,

parce qu'il y avait de la buée sur les carreaux,

parce que parce que parce que...

 

Il est apparu, aussi raté que ceux que je pouvais faire, avant.

Avant quoi ?

« Avant », c'est tout.

Il me rappelle cette récitation d'école 

Le petit bonhomme sur le carreau*.

Il me rappelle ces illusions d'enfants

qui finissent par s'éteindre si l'on n'en prend pas soin,

comme un feu de cheminée que personne n'entretient,

comme une bougie que l'on souffle quand l'électricité revient.

La petite souris prise dans une tapette

ou agonisante de mort-aux-rats,

le père noël cramé dans un poêle à bois,

le lapin de pâques bouffé à la moutarde.

Les animaux deviennent muets,

les peluches ne sont plus que d'encombrants nids de poussière,

la cabane dans la chambre se résume à de vieux draps

tendus entre l'armoire et la commode.

Sur un carreau plein de buée, sur un pare-brise enneigé,

à quel âge remplace-t-on le petit bonhomme

par des symboles obscènes

ou des mots stupides ? Et... pourquoi ?...

Et celui-là, sorti de nulle part,

où ira-t-il quand la pièce se réchauffera

et que la buée disparaîtra ?

Existe-t-il un lieu pour tous les bonshommes éphémères,

qu'ils soient de buée, de neige, d'épices ou Hiver ?

 

Il est apparu ce matin, sans prévenir...

parce que j'étais un peu en avance...

8 janvier 2014

8 janvier 2014

*Les petits bonshommes sur le carreau, Isabelle Simon & Olivier Douzou.

Partager cet article
Repost0
21 décembre 2013 6 21 /12 /décembre /2013 17:38

Actes I et II

***

 

Nous sommes deux à nous partager la fenêtre,

tantôt nous y croisant, tantôt nous y rejoignant

la plupart du temps en silence.

Elle guette, j'observe,

elle s'agite, j'attends,

mais nos regards ne s'arrêtent presque jamais aux mêmes détails...

Que sent-elle, qu'entend-elle ?

Qu'est-ce qui attire les yeux des chats ?

Que devine-t-elle que j'ignore ?

 

 

***

 

18 septembre 2013

18 septembre 2013

De ma fenêtre

je vois une brèche s'ouvrir entre les mondes

entre le monde gris et le monde bleu et blanc

entre le monde nuit et le monde jour

monde terre-à-terre, monde imaginaire :

C'est où, "ailleurs" ? C'est comment, "autrement" ?

8 novembre 2013

8 novembre 2013

***

 

Quand il est d'humeur taquine

le soleil lance une, deux, trois blagues 

toutes plus déplacées les unes que les autres.

Sa grivoiserie fait rosir tout le paysage alentour.

Et il en est fier...

19 septembre 2013

19 septembre 2013

***

 

Certains jours

la fenêtre s'ouvre sur les méandres d'un esprit embrouillé.

Enfumé par des vapeurs d'alcool et de fête ?

Troublé par des choix à faire, des décisions à prendre ?

Embrumé par des maux qui empêchent de penser ?

Encore perdu dans un rêve qui s'accroche après la nuit ?

21 septembre 2013

21 septembre 2013

***

 

Parfois

les nuages se décrochent du ciel et tombent sans se faire mal. 

Ils rient de leur maladresse

sans prêter attention aux regards blasés de la terre.

Ensuite, paresseusement, il leur faut remonter. 

21 septembre 2013

21 septembre 2013

***

 

 

La fenêtre donne sur un arbre capable de hisser le soleil à bout de branches,

toujours plus haut, jusqu'à s'en faire une couronne de lumière. 

Ainsi paré, il s'imagine que même le ciel l'envie.

Mais trop occupé à se pavaner, il finit toujours

par laisser le soleil lui échapper.

18 octobre 2013

18 octobre 2013

***

 

En blanc sur noir

l'hiver trace ses messages.

Que signifient-ils ? A qui s'adressent-ils ? 

En noir sur blanc

animaux et humains écrivent

leurs pas, leur chemin, leurs hésitations et leurs décisions.

 

***

 

Quelqu'un a trempé un pinceau dans le ciel

des courbes s'en sont échappées,

des courbes dans lequelles on peut plonger,

des courbes avec lesquelles on peut voler. 

Il suffit d'ouvrir la fenêtre et de laisser l'esprit vagabonder.

28 novembre 2013

28 novembre 2013

La fenêtre se ferme. D'autres mains la rouvriront.

Le volet se baisse. Une autre personne le remontera.

La lumière s'éteint, la clé tourne dans la serrure, une dernière fois.

 

Promesses de nouveaux paysages...

Partager cet article
Repost0
14 octobre 2013 1 14 /10 /octobre /2013 15:17

Lundi 5 août 2013

Nous regagnons Bad Deutsch-Altenburg et retrouvons l'eurovélo 6 là où nous l'avions laissée. Le temps s'éclaircit, la journée sera belle. 

 

Nous passons en Slovaquie comme nous sommes passées en Autriche : sans nous en rendre compte. C'est encore raté pour la photo du panneau indiquant la frontière. 

 

Nous arrivons au bout de notre carte préférée. Avant d'aller plus loin, il nous paraît judicieux d'acheter un dernier guide. Après avoir traversé le Donau, qui s'appelle à présent Dunaj, nous entrons donc dans Bratislava au lieu de contourner.

 

C'est encore toute une histoire pour dégoter une librairie. Nous tournons en rond (oui, c'est une de nos spécialités), tombons sur un centre commercial, décidons finalement de nous arrêter manger (tant qu'à faire...).

Désormais habituées à cet exercice, nous nous mettons en quête de l'office du tourisme le plus proche. Ils n'ont pas de carte, mais nous indiquent une librairie au coin de la rue.

Danube Bike Trail - Part 3: Slovak and Hungarian Danube - From Vienna to Budapest, de Bikeline, vient remplacer Donauradweg 2 (que nous remercions chaleureusement).

 

Ce nouveau guide nous propose 2 possibilités pour le parcours Bratislava - Komarom. La première longe le Dunaj côté Slovaque, la seconde côté hongrois. Nous optons pour la seconde, plus longue d'une trentaine de kilomètres, mais qui semble proposer plus de campings. 

C'est ainsi que nous passons notre deuxième frontière de la journée, que le Dunaj devient Duna et que nous entrons en territoire hongrois.

 

Vingt-neuvième soir : camping à Dunakiliti. Où les douches sont encore communes. Mais pas mixtes, faut pas exagérer non plus...

 

Rapidement, nous prenons conscience que notre nouvelle carte n'est pas aussi géniale que la précédente : on s'y perd un peu, entre les différents parcours et les multiples alternatives proposées. C'est sa faute (et uniquement la sienne), si nous quittons malencontreusement la véloroute et nous égarons temporairement. Très temporairement car les patelins que nous traversons apparaissent sur notre carte, et nous nous retrouvons finalement à Mosonmagyarovar, là où nous voulions arriver. Je soupçonne même que nous avons réussi sans le vouloir à raccourcir notre trajet. Mais nous retenons la leçon : il va désormais falloir prendre le temps de lire la carte correctement. 

 

De nouveau sur l'eurovélo, nous continuons jusqu'à Györ, pensant naïvement dégoter un camping après avoir passé la ville. C'est raté (comme chaque fois qu'on pense naïvement, d'ailleurs).

A défaut de camping, nous croisons un type bizarre (oui, encore un, mais pas dans le même style que le premier). Celui-ci est vautré dans le fossé, son vélo à terre également. Nous nous arrêtons. Ma co-équipière s'approche prudemment en lui demandant si tout va bien. "Il a les phalanges en sang", m'indique-t-elle. Le type sort de son état d'inconscience. Nous lui proposons de l'eau, il nous répond avec agressivité, nous partons sans demander notre reste.

Pas bien rassurée par cette rencontre, il nous paraît inconcevable de s'arrêter dormir n'importe où. Le camping le plus proche est à plus de 30 kms d'après la carte. Apparemment nous n'avons pas le choix...

Notre morosité disparaît soudain lorsqu'apparaît...

C'est la première fois que Budapest est indiqué sur nos panneaux ! En réalité, il nous reste plus que les 120 kms annoncés, mais peu importe ! Revigorées par cette image, nous nous arrêtons finalement à Bana où nous louons une zimmer (= chambre, comprendre ici "chambre d'hôte") pour la nuit. Notre hôtesse nous sert à dîner une spécialité hongroise dont nous ne retenons pas le nom. Mais qui est bien bonne. 

 

Mercredi 7 août

Après un bon petit-déjeuner, nous quittons notre confortable zimmer.

Jusqu'à Nagyszentjanos (prononcez comme vous pouvez), pas de problème. Puis la véloroute devient chemin de terre/sable moyennement praticable. Des chemins de terre, des sentiers de forêt, nous en avons déjà eu, mais jamais aussi pourris que celui-là. Ce sont des VTT qu'il nous faudrait ! Péniblement, nous regagnons une route qui nous mène jusqu'à Komarom.

Ici, notre guide nous propose à nouveau deux itinéraires. Nous choisissons en fonction des campings indiqués sur la carte : nous continuerons donc sur la rive hongroise du Duna.

 

A la sortie de Komarom, la véloroute longe la route principale numéro 1. Ce n'est ni très agréable ni très joli, mais au moins c'est sécurisé.

Les complications arrivent au niveau d'Almasfüzito (prononcez encore comme vous pouvez). La véloroute disparaît sans crier gare et nous sommes contraintes de rouler au bord de la route 1, puis de la 10, frôlées par bon nombre de camions qui se rabattent dangereusement près de nous. Il n'y a même pas un tracé au sol qui indiquerait une piste cyclable ! La situation est très inconfortable. Nous décidons de nous arrêter dès que possible.

 

Un premier camping est indiqué à l'entrée de Dunaalmas, mais en réalité, il n'y a rien au bout de la rue. Un autre panneau nous annonce un second camping un peu plus loin. Nous trouvons le bâtiment en ruines. Dépitées, nous gagnons le camping de Neszmély. Heureusement, ce dernier propose restau et piscine qui nous remontent le moral. Cependant, nous ne pouvons écarter l'idée que demain, il nous faudra retourner sur cette grande route...

 

Alors, prenant notre courage à deux mains (nan mais c'est vrai, il nous en a fallu une bonne dose...), nous remballons nos affaires et repartons. Les kilomètres jusqu'à Labatlan nous paraissent interminables. Quand, enfin, une véritable véloroute réapparaît, elle continue de longer cette même route 10, en plein soleil, sans un poil d'ombre pour une petite pause. 

 

Il doit faire plus de 40°c, et nous sommes bien contentes d'arriver à Esztergom, ancienne capitale de la Hongrie. Nous mangeons sur une petite place quasiment déserte. Il n'y a presque personne aux terrasses. Nous reprenons nos vélos pour quelques centaines de mètres et nous accordons une très longue pause au pied de la basilique (que nous ne prendrons pas le temps de visiter).

8 août 2013 - Esztergom

8 août 2013 - Esztergom

En fin d'après-midi, nouvelle traversée du Duna. Nous sommes six Français sur le bac et échangeons avec bonne humeur nos parcours respectifs. C'est là que nous rencontrons Dominique, qui roulera avec nous jusqu'à Nagymaros et nous racontera ses différents voyages. Et nous l'écouterons longuement avec, avouons-le, envie et admiration. Nous ne sommes pas encore arrivées que déjà, il nous donnerait presque envie de repartir !

 

Vendredi 9 août

53. C'est le nombre de kilomètres qui nous séparent de Budapest. Dans un dernier effort, nous nous levons à 5h30. 

9 août 2013 - Nagymaros

9 août 2013 - Nagymaros

Un dernier ferry à Vac. Une dernière petite erreur de parcours qui ne nous coûte pas grand-chose. Les panneaux routiers et véloroutiers qui entament le décompte des kilomètres, ces derniers kilomètres qui nous paraissent les plus longs...

Et, enfin, nous entrons dans la capitale hongroise. Longeant le Duna, nous apercevons le Parlement sur l'autre rive, et de nombreux autres bâtiments magnifiques. Mais l'heure n'est pas encore au tourisme, il nous faut trouver un hôtel (oui oui, un hôtel. On s'est dit qu'on le méritait bien...).

Une heure plus tard, nos vélos sont garés dans le parking du Soho, ma coéquipière pionce dans la chambre parce qu'elle a chopé une insolation, et je me dirige vers la gare pour voir s'il est possible d'avancer nos billets de train d'une journée.

 

Le bilan

33 jours de voyage (journées de pause comprises)

Environ 1 590 kms parcourus

0 crevaison

0 journée de pluie

Inutile de dire que nous sommes fières de nous ! Ce que nous ignorons encore, c'est qu'il y aura plus tard un autre bilan à dresser : celui du retour...

 

Nous avions réservé nos billets de train pour un départ de Budapest le lundi 12 août au soir. Comme nous sommes arrivées avec une journée d'avance, nous aimerions partir également une journée plus tôt. Il nous faut aussi prendre des billets pour nos vélos (ce que nous n'avions pu faire par internet).

Je ressors de la gare deux heures plus tard après avoir fait quasiment tous les guichets. Et je n'ai de réponse ni pour avancer notre départ, ni pour les vélos...

 

Le soir, nous profitons des températures très douces pour une belle balade nocturne.

 

Le lendemain, nous retournons à la gare. A nouveau envoyées de guichet en guichet, il faut deux heures aux employés pour nous dire que le train que nous avions réservé n'accepte pas les vélos.

Ok... Comment on fait alors ? Vous ne pouvez nous proposer qu'un trajet jusqu'à Vienne ?? Bon bah on va prendre ça, ça nous rapprochera déjà un peu... Combien ? Rien que trois changements juste pour aller à Vienne ?! Nan mais si, on prend ça, toute façon on n'a pas le choix...

Bien sûr, il faut imaginer cette conversation dans un anglais approximatif, et avec de l'autre côté du carreau une dame absolument pas aimable.

Nous devons quitter Budapest demain, à 7h20, depuis la gare qui se situe à l'autre extrémité du centre-ville par rapport à notre hôtel. Tout va bien. Il ne nous reste donc qu'une après-midi pour visiter. Nous optons pour les cars touristiques qui font découvrir les principaux monuments de la ville. 

10 août 2013 - Budapest : vue depuis la citadelle

10 août 2013 - Budapest : vue depuis la citadelle

Nous finissons la journée sur un petit marché artisanal avec bouffe et musiciens.

 

Dimanche 11 août 

6h15 : nous récupérons nos vélos et quittons l'hôtel.

7h20 : nous embarquons dans notre premier train.

Vers midi : arrivée à Vienne après deux changements. Nous prenons des billets jusqu'à Munich.

21h30 : arrivée à Munich.

Lundi 12 août 

4h30 : départ de Munich après une "nuit" en gare.

14h30 : arrivée en gare de Besançon.

15h : derniers coups de pédales et WELCOME HOME.

 

Bilan du retour :

11 trains

31 heures entre le départ de Budapest et l'arrivée à Besançon.

 

Dur ! MAIS nous avons réussi, nous sommes allées jusqu'à Budapest à vélo ! Nous sommes rentrées, et bientôt (très bientôt), les mauvais souvenirs, on en rira ! 

Partager cet article
Repost0
6 octobre 2013 7 06 /10 /octobre /2013 14:02

Lundi 29 juillet 2013

Après une nuit venteuse et pluvieuse, nous quittons le camping de Schalding. Le ciel est menaçant, les températures se sont sérieusement rafraîchies, mais pour l'instant il ne pleut pas, et finalement ça fait du bien de pédaler au frais. Nous évitons le centre de Passau (on a compris à quel point il est difficile de sortir des centres-villes sans tourner en rond pendant des heures...) et continuons en direction de l'Autriche. Avisant un cycliste qui prend des photos en même temps qu'il roule, nous tentons de l'imiter, mais les résultats de ces essais guère fructueux ne seront pas publiés ici.

 

Au bout de quelques heures, un doute nous envahit : quand sommes-nous censées passer la frontière ? Elle n'est pas loin de Passau, serions-nous déjà...? Les plaques de voitures nous le confirment : nous sommes en Autriche. L'effet "attention, je m'apprête à passer la frontière... ça y est !" est complètement raté. Inutile de s'attarder sur cette déception.

 

 

A Schlögen, la véloroute s'arrête tout net. Il faut prendre un petit bac, traverser le Donau et retrouver l'eurovélo sur l'autre rive. Heureusement, à deux, nous parvenons à réunir assez de monnaie pour payer la traversée.

 

 

Note à nous-mêmes : toujours avoir de la monnaie sur soi, on ne sait jamais quand une traversée par bateau sera incontournable...

 

Nous arrivons suffisamment tôt au camping d'Aschach pour un petit tour à pieds le long du Donau et faire amies-amis avec les canards du coin. Ensuite, il se met à pleuvoir à verse (alors que nous n'avions pas eu une goutte tant que nous étions à vélo !), et la journée s'arrête là.

 

Le lendemain, le temps est toujours frais et maussade. Pas terrible pour le moral, mais efficace pour les kilomètres. 

30 juillet 2013 - Ottensheim

30 juillet 2013 - Ottensheim

Nouvelle traversée par bac au niveau d'Ottensheim, puis longue halte à Linz : notre merveilleuse carte routière allemande s'arrête ici, il nous faut dégoter un autre guide. Après déambulation, nous tombons sur le centre commercial Lentia City, achetons "Donauradweg 2 Von Passau über Wien nach Bratislava" ainsi que deux menus McDo parce qu'il ne faut quand même pas se laisser aller. 

Note à nous-mêmes : McDo à emporter pour un trajet à vélo = mauvaise stratégie. 

 

Après calcul de notre itinéraire, nous réalisons que notre journée de repos à Vienne risque de tomber un dimanche. Pour éviter de renouveler l'erreur de Passau, nous décidons d'accélérer notre rythme. Rattraper le petit retard qu'il nous reste. Arriver avec une journée d'avance. Pas sûres d'y arriver, ça ne coûte rien de tenter le coup...

 

Vingt-troisième soir : camping à Au a.d. Donau.

 

Mercredi 31 juillet

Il fait de nouveau beau. La véloroute est plate, bien goudronnée, facile. Nous arrivons sans encombres à Grein (nom que nous prononçons en français et qui du coup nous fait bêtement marrer).

31 juillet 2013 - Grein

31 juillet 2013 - Grein

C'est là qu'un deuxième incident technique se produit (j'ai passé sous silence le pneu lisse qu'il a fallu changer car cela ne nous empêchait pas de rouler) : installée (de manière instable, je l'avoue) dans un parking vélo classique, ma monture se casse soudainement la figure, entraînée par les kilos de bagages. La roue avant, restée bloquée dans son emplacement, se voile. Ou plutôt, se tord au point d'être complètement hors d'usage. Un peu de chance dans notre malheur : un magasin de vélos nous tend les bras de l'autre côté de la rue. Le pneu râclant gentiment contre le garde-boue, nous traversons et expliquons au réparateur que "the tire is dead" (ce qui n'est pas tout à fait juste, le pneu va relativement bien, c'est la roue qui est morte, mais peu importe, le réparateur n'a pas besoin de cette précision pour dresser son constat).

En dix minutes, la roue est changée, et je repars plus légère de presque 70€, consciente de m'être fait arnaquer, mais n'ayant guère le choix.

 

Nous mangeons à Grein, décidons de rester sur cette rive du Donau plutôt que de traverser pour suivre la véloroute officielle (mauvais plan, nous nous retrouvons à longer une route, pas très agréable), retombons sur une variante de l'eurovélo 6 à Ybbs et terminons au camping de Granz. Granz, la ville morte. Granz, où des gens font de la rando-vélo suivis de deux voitures qui apportent tentes, barbecue, aspirateur. Là, on se dit qu'on a tout vu...

 

Juillet laisse place à août. Le paysage autrichien est vraiment plaisant : nous longeons toujours le Donau, traversant des vergers ; sur l'autre rive, quelques cultures en terrasse, des ruines auxquelles on accède par un escalier taillé dans la pierre.

1er Août 2013 - Mautern a.d. Donau

1er Août 2013 - Mautern a.d. Donau

Vingt-cinquième soir : camping à Zwentendorf (pour info : l'emplacement se paie au restaurant à côté).

 

Une quarantaine de kilomètres nous sépare de Klosterneuburg, où se situe notre prochain camping. Nous parcourons la distance dans la matinée et nous y installons en tout début d'après-midi. A la réception, on nous donne plans, dépliants et autres prospectus sur Wien. On nous explique également comment gagner la capitale.

Un car. Un métro. Et ça y est. Nous sommes vendredi 2 août. Nous avons rattrapé notre retard et pris une journée d'avance. Nous sommes à Wien ! 

 

Nous achetons un pass 48h qui donne accès à l'ensemble des transports en commun de la ville (exception faite du car Wien-Klosterneuburg, évidemment...). Il existe également une formule transports en commun + réductions dans de nombreux musées.

Fin d'après-midi, nous découvrons le château du Belvédère, son jardin, ses statues, ses fontaines.

2 août 2013 - Vienne : Château du Belvédère

2 août 2013 - Vienne : Château du Belvédère

Puis, notre pass en poche, nous embarquons dans un bus au hasard. Le soleil se couche, nous passons devant le parlement, le long du quartier des musées, devant plusieurs églises et cathédrales. 

 

Il fait nuit. Nous descendons du bus près d'une église. Sur son mur est fixé un immense écran blanc. A proximité, des dizaines de petites baraques cuisine du monde. On peut manger indien, chinois, mexicain...

Il s'agit d'un festival : chaque soir, un concert, un opéra, un ballet, un film en lien avec la musique, est projeté sur l'écran géant. Un peu partout dans le petit marché, des enceintes retransmettent la musique. Ce soir, nous sommes trop crevées pour rester, mais demain...

 

Samedi 3 août : journée de pause à Wien

Pour la première fois depuis quatre semaines, chacune part seule de son côté. Musée Klimt pour l'une, musée Freud pour l'autre. Mais même en s'organisant de cette façon, nous n'aurons jamais le temps de voir tout ce que nous voudrions.

 

Après Freud, je vais admirer l'entrée de la bibliothèque nationale puis erre un moment dans le quartier des musées.

3 août 2013 - Vienne : Quartier des musées

3 août 2013 - Vienne : Quartier des musées

Nous nous retrouvons dans la cour du Leopold-museum, mangeons un morceau dans un parc, puis prenons la direction du palais impérial pour la visite des appartements de Sissi, François-Joseph et Marie-Thérèse d'Autriche.

Retour dans le centre-ville pour quelques incursions dans les églises et vieux quartiers. Et, le rendez-vous à ne pas manquer : le festival. Ce soir est projetée La Bohême, chantée en italien sous-titrée allemand. Nous ne comprenons rien aux paroles mais profitons des voix et musiques, du petit marché, des températures douces malgré la nuit tombée. Nous sommes cependant contraintes de partir au deuxième acte, par peur de ne plus avoir de car pour rentrer au camping. 

 

Dur de se lever le lendemain. Dur de quitter Wien alors qu'il reste tant de choses à faire et à voir. Nous nous perdons dans le centre-ville (classique), parvenons à rejoindre l'eurovélo 6 au niveau du Prater et quittons la capitale autrichienne. 

 

Quelques kilomètres plus loin, la véloroute traverse une succession de plages de nudistes. Nous qui pensions avoir tout vu... 

 

Nous entamons la grande ligne droite qui figure sur notre guide. Comme on pouvait s'y attendre, c'est monotone. En plus, le temps se couvre et le camping n'est pas tout près. 

 

En chemin, un type nous parle de Dieu et essaie de nous refourguer un dépliant pour des réunions religieuses. Autant par crainte de la pluie que pour fuir ce monsieur qui pourrait nous tenir la jambe pendant des heures, nous accélérons.

Il nous faut traverser le Donau à Bad Deutsch-Altenburg puis revenir environ 6 kms en arrière sur l'autre rive pour atteindre le camping de Petronell-Carnuntum. Enfin, "camping"... c'est un bien grand mot. "Ancien micro-complexe sportif" serait plus approprié. Quelques terrains de tennis couverts entourés d'une petite cour où planter la tente ; pas de sanitaires en tant que tels, mais les anciens vestiaires avec -chez les femmes en tout cas- un unique toilette et des douches communes.

Wien nous manque déjà !!

 

Un gros orage vient clôturer cette quatrième semaine et nos 1 293 kms. Et, pour prouver que nous n'avons pas tout le temps la poisse : notre tente ne prend pas l'eau.

 

Direction la dernière semaine de route

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : La Ultima Vaca
  • : La Ultima Vaca est classée dans la catégorie "Divers", parce que la catégorie "littérature / film / actu / et-surtout-je-raconte-ma-vie" n'existe pas (encore).
  • Contact

Lorsque tu empruntes une route, tu peux toujours faire demi-tour. Tu as beau faire des centaines de kilomètres, tu peux toujours revenir en arrière.

La route hors du monde - partie 3 - Au bout du chemin

Recherche

Archives

Liens