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1 octobre 2013 2 01 /10 /octobre /2013 12:16

Lundi 22 juillet 2013

Bye bye l'étrange jugendherberge de Günzburg, où nous étions quasiment les seules personnes entre 16 et 30 ans. 

Nous rejoignons la véloroute (quittée la veille pour entrer dans le centre de Günzburg) qui s'enfonce dans les bois. Depuis hier déjà, certains tronçons ne sont pas goudronnés et les VTC ne sont pas du luxe.

Nous prenons quelques instants pour consulter notre merveilleuse carte routière qui ne sert pas à grand-chose sur les chemins de terre. Quatre cyclistes (deux hommes, deux femmes) s'arrêtent près de nous pour vérifier les panneaux. Ils parlent français. Remarquent que nous aussi. Ils sont Suisses et vont jusqu'à Passau. Nous faisons un petit bout de chemin ensemble, puis ils partent devant, bien plus rapides que nous. Pour notre défense, ils n'avaient pas leurs bagages à transporter. Mais de toute façon, nous les rattrapons quelques kilomètres plus loin. Au carrefour suivant, pour être exacte. Ils sont encore en train de débattre de la direction à suivre. Nous les doublons, sûres de notre route. Ils nous suivent, nous doublent à nouveau. Jusqu'au carrefour suivant... Le petit jeu dure une partie de la matinée, jusqu'à ce que nos chemins se séparent. Nous suivons l'eurovélo 6, eux vont tenter une variante. Une rencontre bien sympathique. 

 

Est-ce à cause d'une mauvaise indication ou d'un moment d'inattention, nous ne saurions le dire, mais dans l'après-midi nous quittons l'eurovélo 6 sans le vouloir. Nous suivons une véloroute qui longe la nationale 16. La carte nous indique que la 16 file tout droit vers Donauwörth, notre destination. Il n'y a donc qu'à la suivre. L'eurovélo est peut-être perdue, mais pas nous ! 

 

La jugendherberge de Donauwörth affiche complet. Deux soirs de suite, ça commence à faire beaucoup. L'été est bien avancé, à peu près tout le monde doit être en vacances maintenant. Il faudrait songer à se méfier et à réserver nos prochaines chambres... La responsable de la jugendherberge, habituée, nous indique un canoë-club pas très loin d'ici où il est possible de camper. Nous nous y rendons. Il y a le minimum vital : douche et toilettes, pour pas cher. Nous n'en demandons pas plus !

22 juillet 2013 - Canoë club de Donauwörth

22 juillet 2013 - Canoë club de Donauwörth

Le lendemain, nous retrouvons la véloroute sans (trop) de difficultés (le passage par l'office du tourisme de Donauwörth est salutaire !). Tout juste le temps de faire une petite grimpette que PAF, au détour d'un carrefour, qui apparaît ? Nos quatre amis suisses croisés la veille ! Après quelques échanges sur nos parcours respectifs, le petit manège recommence : ils nous devancent ; s'arrêtent aux carrefours ; nous les rattrapons ; les dépassons... "Elles ont la carte dans la tête !" s'exclament-ils. Mais non. Nous avons seulement regardé notre itinéraire la veille au soir et lu les noms de patelins à traverser. Pour le reste, nous nous contentons de suivre les panneaux.

Nos quatre compagnons continuent leur route alors que nous nous arrêtons pour une pause près d'une petite rivière tellement glacée qu'on ne peut guère y tremper plus que les pieds. Sur le Danube, des bateaux patientent :

23 juillet 2013

23 juillet 2013

Plusieurs heures plus tard, nous nous apprêtons à entrer dans Ingolstadt, la ville où nous passerons la nuit. Et là, oui, ce sont bien eux. Nos quatre Suisses, aussi amusés que nous de ces croisements, décroisements et recroisements. Ils vont à l'hôtel, nous continuons jusqu'au camping. 

Le ciel s'est couvert, nous craignons un orage. Mais, arrivées plus tôt qu'à l'accoutumée, nous prenons le temps de faire le tour du lac à pied. C'est agréable, de marcher. 

 

Mercredi 24 juillet

Le ciel est toujours menaçant. Pour la première fois, nous couvrons nos sacoches en prévision d'une averse. 

De-ci de-là, nous rencontrons quelques soucis au niveau des panneaux indicateurs qui, sans que l'on en comprenne l'utilité, font suivre des routes qui rallongent plutôt que de longer simplement le Donau. Nous n'avançons pas aussi vite que nous le voudrions. Cela ne nous empêche pas de faire une pause.

Quatre vélos au loin. Pas possible, est-ce que ce serait encore...? Non, nos amis suisses partent plus tôt que nous et vont plus vite, ils doivent être loin devant à présent ! Pourtant, les cyclistes ralentissent. S'arrêtent. 

-C'est vraiment incroyable ! lance un des messieurs.

-Comment ça se fait que vous n'en êtes que là ? leur demande-t-on.

-Et bien pour tout dire, ce matin on a rejoint le Danube et on l'a longé. Dans le mauvais sens, avoue-t-il.

Et l'autre monsieur de préciser :

-Je t'avais dit que tu retournais direction Ulm et que je ne te suivrai pas par là ! C'est pourtant pas compliqué de suivre le courant !

Nous nous moquons gentiment et roulons de concert jusqu'à Vohburg. Là, nous faisons une petite photo de groupe pour immortaliser cette rencontre, certains que nous ne nous recroiserons plus. Ils partent de leur côté visiter le village tandis que nous reprenons la route.

24 juillet 2013

24 juillet 2013

Dans l'après-midi, le temps se fait encore plus menaçant. Le vent se lève, l'orage gronde. Comme par hasard, à ce moment-là nous sommes dans une suite de montées-descentes (majoritairement de montées, en fait...) en pleine forêt, sans véritable abri, et avec une véloroute qui risque de devenir boueuse et glissante si la pluie venait à tomber. Parfois à côté, parfois sur le vélo, nous pressons l'allure.

A la sortie de la forêt, nous arrivons sur une route. Il n'y a aucun panneau indicateur, nous tentons une direction, apprécions une bonne descente. C'est une fois en bas que les panneaux routiers nous indiquent notre erreur. Il nous faut remonter tout ce que nous avons descendu. Pour couronner le tout, les vélos déraillent une fois chacun.

Enfin, nous arrivons sur Kelheim. Vu le temps, il serait peut-être plus judicieux de dormir à l'auberge de jeunesse. Après un passage obligé par l'office du tourisme, nous appelons la jugendherberge. Pu de place. Il se met à pleuvioter. Ne manquerait plus qu'une crevaison pour que le tableau soit complet. Heureusement, cela n'arrive pas, et nous gagnons sans trop de problèmes le camping d'Herrnsaal. Camping à la ferme, pas cher. Toujours ça d'économisé. 

 

Jeudi 25 juillet

Au matin, toute la vallée est plongée dans le brouillard. Il semble faire très gris, cela n'est guère encourageant. Mais les nuages se lèvent très vite et nous partons sous le soleil.

(Note à  nous-même : se méfier des lapins de ferme qui bouffent les fils de tente)

 

 

Nous déjeunons à Regensburg et fêtons avec joie la moitié du parcours ! Entre les problèmes de vélo et la rage de dent (sans compter les maux de fesses et de cuisses !) qui aurait cru que nous arriverions jusque-là ?     

 

Le soir, nous optons pour Wörth a.d. Donau. Il n'y a pas de camping dans le village mais quelques entrées de champs paraissent prometteuses. Nous posons à peine pied à terre près de l'église qu'une femme en voiture s'arrête. Elle ne parle pas anglais mais connait les bases du français. Plutôt surprenant ! Nous lui expliquons que nous cherchons un endroit pour dormir. Elle nous emmène jusqu'à la pension, mais une fois encore, c'est complet. 

"Venez chez moi", décide-t-elle. 

Nous la suivons. Elle commence par nous offrir une glace pour le goûter pendant que nous nous demandons où nous allons bien pouvoir planter notre tente sans abîmer le beau gazon. Puis elle nous fait descendre au sous-sol. Là, Ô surprise ! Elle nous fait visiter un magnifique appartement ! Salon, cuisine, salle de bain et chambre, tout cela rien que pour nous ! Nous nous extasions, nous débarbouillons, nous extasions encore. Si nous avons la poisse avec le matériel et les jugendherberge, nous avons une chance inouïe quant aux gens que nous croisons sur notre chemin. Mais notre chance ne s'arrête pas à ce superbe appartement... Après nous avoir présenté sa fille, son fils, sa petite-fille et son mari, notre hôtesse nous invite à dîner ! Nous mangeons avec elle et son mari. Celui-ci ne parle ni anglais ni français, et sa femme doit jouer les interprètes. Malgré les difficultés de compréhension, nous passons une bonne soirée. 

 

Le lendemain matin, le petit-dèj' nous attend. Le couple nous informe que les températures devraient avoisiner les 40°C pour toute la fin de semaine. Ils nous questionnent sur notre itinéraire du jour. Nous prenons congé en notant leur adresse, leur promettant de leur envoyer une carte à notre arrivée à Budapest. Comme dernière marque d'attention, la femme monte sur son vélo et nous remmène jusqu'à la véloroute. Elle s'assure que nous la reprenions dans le bon sens avant de nous saluer et de tourner vers le village. 

 

Déjeuner à Straubing.

 

Le soir, nous dégotons un petit camping quelques kilomètres avant Deggendorf. Il se situe le long de la véloroute, on dirait un camping à la ferme, sur le coup c'est parfait. Mais en fait, le tarif nous paraît élevé au vu des services proposés. Et la petite route est très utilisée la nuit : contrairement aux apparences, le coin n'est pas calme du tout. Nous dormons très mal. Surtout que, nous souvenant des conseils de nos hôtes ce matin, nous avons décidé de nous lever plus tôt afin de pédaler à la fraîche.

27 juillet 2013

27 juillet 2013

Inutile de dire que le réveil est difficile.

Il est 6 heures. Nous avons au moins droit à un beau lever de soleil...

 

Nous arrivons à Vilshofen a.d. Donau vers 13h après avoir longé une nationale un brin dangereuse (les panneaux de la véloroute nous paraissaient suspects, nous n'avons pas osé les suivre. ERREUR). Il fait tellement chaud que nous nous dégotons une petite cahute au bord du Donau et restons plusieurs heures dans un état larvaire, immobiles et transpirantes. Heureusement que les vélos sont là pour prouver notre statut de cycliste, sinon on passerait presque pour des clodos.

Ce n'est que vers 16h30 que nous trouvons le courage de bouger. Après les petites difficultés classiques pour retrouver la véloroute et la prendre dans le bon sens, nous repartons.

Nous réservons deux nuits au camping de Schalding, à quelques kilomètres de Passau.

Passau, notre première vraie journée de pause depuis que nous sommes parties ! (Fridingen ne compte pas vues les circonstances) 

 

Dimanche 28 juillet

Aujourd'hui, nous ne touchons pas aux vélos ! Pour gagner Passau, nous prenons le bus. Il nous dépose au centre-ville. A peine avons-nous marché un quart d'heure que déjà, notre enthousiasme retombe. Dimanche. Tout est fermé. Les rues sont presque désertes, seuls les touristes sont de sortie. Les églises sont fermées à cause de la messe. Il semble n'y avoir absolument rien à faire. Errance dans les rues... C'est là que, fait inattendu, nous repérons deux personnes un peu plus loin...

-Ce seraient pas deux de nos Suisses ?! s'étonne ma co-équipière.

-Tu crois ? (je n'ai jamais été particulièrement physionomiste, et pour ma défense, ils ne portaient plus leurs casques et leurs lunettes de soleil, et ça change TOUT)

-Bah oui, je crois...

-ça fait deux jours qu'on ne les a pas croisés, ce serait un truc de fou...

-Si ! Si, c'est eux, je reconnais le sac de la dame ! 

Le sac. LE détail qui nous permet de nous approcher et de lancer un joyeux bonjour. C'étaient bien eux. Nous discutons de ce qui nous est arrivé depuis la dernière fois, trois jours plus tôt. Puis nous nous séparons, pour de bon cette fois, puisque l'équipe suisse s'arrête ici. Nous continuerons seules.

Midi. Heureusement, les restos sont ouverts. Il commence à faire très chaud. Après manger, nous nous réfugions dans une église -à présent accessible au public- dont l'architecture et la décoration nous occupent un certain temps. Faut l'avouer : c'est très joli. Au bout d'un moment, je ressors déambuler dans les rues, m'arrête écouter un petit orchestre qui joue à la terrasse d'un café, marche jusqu'au confluent du Donau, de l'Inn et de l'Ilz. Les eaux qui se rencontrent ici ont chacune une couleur différente. Le résultat est surprenant. 

Je retrouve ensuite mon équipière dans l'église, pas tout à fait là où je l'avais laissée mais presque. S'ensuivent ensuite une série de cocas et de glaces, puis un trempage de pieds dans une des fontaines. Nous reprenons le bus en faisant des traces d'eau, et moi un vieux "schpouik schpouik". 

 

Un peu déçue de notre journée de repos, nous ne regrettons pas de quitter Passau. S'il y avait des choses à voir (et il y en avait, à n'en pas douter), nous les avons manquées. 

 

Passau clôture notre troisième semaine de voyage. Nous en sommes à 911 kms et avons toujours un peu de retard sur notre planning de départ. Demain, nous gagnons l'Autriche...

Direction lundi 29 juillet

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24 septembre 2013 2 24 /09 /septembre /2013 12:56

Lundi 15 juillet 2013

(pour la semaine précédente : ici)

Nous nous pointons à l'office du tourisme de Schaffhausen.

Coup de chance : il existe dans la ville un magasin de réparation qui ouvre le lundi après-midi !

Le hic : il faut s'y rendre en bus.

Heureusement, ici, les vélos sont acceptés dans les transports en commun. MAIS entre les sacoches, les sacs de couchage et le reste, nos vélos sont deux fois plus larges que la moyenne (et aussi bien plus lourds, n'oublions pas !). Nous effectuons donc notre trajet en bloquant l'allée et l'ouverture de la porte centrale, tenant nos vélos instables et nous-mêmes avec difficultés, se demandant comment réussir à descendre sans se casser la figure (réflexions qui s'avèrent inutiles puisque je me casse quand même la figure en descendant).

Nous arrivons devant le magasin avec plus d'une heure d'avance sur l'ouverture, pleines d'espoir, même si la perspective de poireauter dans cette pseudo-zone commerciale le long de cette grande route, à côté de cette station-service sans toilettes gâche un peu notre bonne humeur. Et cette bonne humeur déjà bancale s'étiole à mesure que les minutes s'égrènent, que l'heure d'ouverture approche et que le réparateur n'apparaît pas. L'heure d'ouverture passe. Les minutes continuent de s'égrener. Toujours rien. Prises d'un sérieux doute, nous interrogeons la dame qui gère le magasin voisin. Elle nous indique que le réparateur de vélos est exceptionnellement absent aujourd'hui, c'est écrit en gros sur la vitrine.

 

Note à nous-mêmes : prochain voyage à l'étranger, connaître les mots "magasin fermé" ainsi que les jours de la semaine...

 

Après un retour en bus aussi périlleux que l'aller, nous décidons de parcourir les 18 kms qui nous séparent de Stein am Rhein, dépitées d'avoir perdu du temps.

Le vélo pétouille, merdouille et déraille plus que jamais, mais nous parvenons à destination.

 

Huitième soir : camping à Stein am Rhein.

 

Mardi matin. Nous nous précipitons chez le réparateur de vélo de la petite ville. A l'aide d'un anglais approximatif, de gestes et de bruitages (très importants, les bruitages), nous lui expliquons le problème. Il accepte de réparer le vélo dans la matinée. Cela nous laisse le temps de déambuler dans la grande rue de Stein am Rhein.

Toutes les façades sont couvertes de fresques, différentes d'une maison à l'autre. Certaines chargées, d'autres plus softs, les couleurs varient, les thèmes se suivent parfois sans logique. Quelles sont les histoires de ces maisons ? Pourquoi cette scène sur ce mur ?

15 juillet 2013 - Stein am Rhein

15 juillet 2013 - Stein am Rhein

Nous récupérons le vélo, mangeons, puis quittons Stein am Rhein en début d'après-midi. Direction le Lac de Constance... et l'Allemagne. 

16 juillet 2013 - Lac de Constance

16 juillet 2013 - Lac de Constance

Arrivées à Radolfzell, nous réalisons que nous avons manqué le raccourci qui relie Schaffhausen à Donaueschingen (la source du Danube). Deux choix s'offrent alors à nous :

- suivre le parcours "officiel" de l'eurovélo 6 : c'est à dire rejoindre Donaueschingen depuis Radolfzell (mais cela nous fait revenir vers l'ouest, alors que la suite du parcours va plein est).

- prendre un raccourci qui nous amène directement à Tuttlingen (mais alors nous ne verrons pas la source du Danube).

Il faut voir les choses en face : nous avons déjà deux jours de retard sur notre planning. Déçues, nous choisissons la seconde option. 

Nous achetons au passage une carte routière de l'Allemagne et pédalons encore quelques kilomètres pour nous poser au camping de Wahlwies.

 

Mercredi 17 juillet

Le jour qui restera dans nos mémoires comme "l'étape Tuttlingen", ou "l'étape-la-plus-difficile-de-notre-parcours", ou "l'étape-qui-n'en-finissait-pas-de-monter". Les différents témoignages sur internet avaient prévenu : ça grimpe. Nos cuisses et mollets le confirment. Ils le hurlent, même. Péniblement, nous arrivons au point le plus élevé. Et enfin, nous entamons la descente sur Tuttlingen. 

... où nous ne trouvons pas de camping. Pas le choix, nous passons notre chemin malgré la fatigue.

 

Quelques kilomètres plus loin, nous croisons un serpent qui faisait bronzette sur le bitume (détail d'une importance négligeable, je vous l'accorde).

 

Depuis Tuttlingen, nous longeons le Danube (Donau) et, à Fridingen, prenons le temps de faire un peu plus ample connaissance avec ce nouveau compagnon de route.

17 juillet 2013 - Fridingen

17 juillet 2013 - Fridingen

Ce soir-là, nous atterrissons finalement quelque part entre Fridingen et Beuron, sur une presqu'île privée louée par une colonie de vacances allemande. Les monos et la directrice nous laissent nous installer un peu à l'écart, nous autorisent à squatter douches et toilettes et nous servent même une énorme assiette de crudités et charcuteries. Quelques-uns parlent français, les autres anglais, nous échangeons avec gaieté nos expériences véloroutardes respectives.

 

Le lendemain, un nouveau problème nous tombe dessus : une rage de dent. Comme pour le vélo : ça couvait depuis plusieurs jours, mais à présent, impossible de l'ignorer plus longtemps ! Nous ne pouvons pas continuer avec une cycliste qui ne dort plus, ne mange plus et souffre 24h/24. Nos monos préférés nous indiquent que le dentiste le plus proche se trouve à Fridingen. 

Je passe les détails médicaux. Sachez simplement que le dentiste de Fridingen prend sans rendez-vous, qu'il parle anglais et qu'il est très sympathique. Mais malgré toute sa bonne volonté, il ne parvient pas à soulager la douleur aujourd'hui. Il nous faut revenir demain pour une nouvelle tentative. 

La directrice de la colo nous autorise à rester une nuit de plus avec eux. 

Nous sommes coincées ici, frustrées de ne pas pouvoir repartir alors que nous étions sur le point de rattraper notre retard, inquiètes quant au rendez-vous dentaire du lendemain, et très douloureuse pour l'une de nous.

18 juillet 2013 - Entre Fridingen et Beuron

18 juillet 2013 - Entre Fridingen et Beuron

On ne va pas faire durer le suspens plus longtemps : le lendemain, le dentiste parvient (non sans mal) à soigner la dent malade. Nous quittons la presqu'île après avoir chaleureusement remercié la directrice et les monos.

 

Douzième soir : camping de Sigmaringen.

 

 

Journée suivante : rien de particulier à signaler. Nous avons pris pas mal de retard, serons-nous capable de le rattraper ? 

Nous campons à quelques kilomètres d'Ehingen, près d'un lac. Il ne s'agit pas d'un camping à proprement parler, juste d'un emplacement limité sur la "plage" où les tentes sont autorisées. Du coup, nous avons failli passer à côté sans le voir. Le type de la cabane à frites nous demande 8€ pour la nuit. Je le soupçonne de nous avoir arnaquées...

 

Dimanche 21 juillet

Après une mauvaise nuit (merci à nos voisins particulièrement bruyants), une petite baignade dans le lac (les douches étant 1. payantes, 2. crades, on s'en est passé...), nous partons direction Ulm. 

 

Ulm semble être une jolie ville. "semble", car nous n'en voyons pas grand-chose : un festival a lieu (justement) ce week-end et tout le centre-ville est fermé. Incapables de retrouver la véloroute, nous tournons un peu en rond, jusqu'à ce qu'un monsieur avec des faux-airs de père noël (il a une barbe blanche, c'est un critère suffisant), un vélo en guise de traineau, nous propose son aide. Habitué, il nous guide à travers rues et boulevards jusqu'à ce que nous retrouvions notre chemin. Il s'assure que nous le reprenions dans le bon sens, puis s'éloigne.

 

Nous arrivons sur Günzburg en tout début de soirée. Suivons un panneau "camping" sans jamais trouver le camping en question. Dégotons un autre panneau pour un autre camping que nous ne trouverons jamais non plus. Tentons de suivre les indications "Jugendherberge" [auberge de jeunesse] dont la prononciation nous échappe toujours mais que nous savons reconnaître visuellement. Pas mieux. Les indications laissent à désirer. Il nous faut interroger plusieurs personnes pour dégoter la Jugendherberge (non sans avoir tenté de suivre l'unique panneau "zeltplatz"...).

Etrange, la Jugendherberge de Günzburg. Accueil fermé à 18h, il faut téléphoner à la responsable qui ne cause ni français, ni anglais... Pratique. Heureusement, un couple nous vient en aide et passe le coup de fil pour nous.

Pas de bol : l'établissement est complet.

Un peu désespérées, nous repérons le camping le plus proche sur une carte accrochée dans le hall, notons les noms des rues à emprunter pour y parvenir et repartons. Deux rues plus loin, nous sommes déjà paumées et revenons à la Jugendherberge. Nous demandons au couple (patients et très serviables, ces gens) de téléphoner à nouveau à la responsable : nous avons une tente, pouvons-nous la planter dans le jardin de l'auberge, quitte à payer quelque chose pour l'eau des douches et l'accès aux toilettes ? 

Retournement de situation : une chambre est libre au premier étage ! Il est 21h. Il nous a fallu plus de deux heures pour trouver un endroit où dormir...

 

Fin de la deuxième semaine, 589 kms depuis le début du voyage au lieu de 600 et quelques. Fatiguées, un peu découragées, mais contentes de dormir dans un vrai lit !

La suite en Semaine 3 !

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17 septembre 2013 2 17 /09 /septembre /2013 21:54

L'idée est venue comme ça, peu de temps après l'achat de nos vélos et nos premiers coups de pédales sur la véloroute en bas de chez nous.

J'ai dit : "Je crois que cette véloroute va jusqu'à Budapest, j'aimerais bien essayer d'y aller, un jour".

Ma voisine a répondu : "C'est parti, on y va".

C'était il y a un an. 

 

Alors certes, on a préparé nos étapes et acheté un minimum de matériel. Mais globalement, on peut dire qu'on est parties un peu à l'arrache.

Exemple 1 : pas de carte.

Exemple 2 : pas d'entraînement (environ une sortie de 30 kms à vélo toutes les deux semaines, seulement sur mai et juin).

Exemple 3 : aucune connaissance technique, ne serait-ce que pour changer une chambre à air.

Mais on part quand même, au pire on avisera en chemin.

 

Nous sommes le 8 juillet 2013. Il fait beau. La véloroute est -relativement- plate. On se dit "trop facile". C'est sans compter sur le poids des bagages auquel il faut s'habituer (les sacoches n'ont pas été pesées avant le départ, mais entre la tente, les sacs de couchage, les fringues et autres trousses à pharmacie, on doit bien en avoir pour au moins 10 kgs sur chaque vélo) et le vent de face (vislard, le vent de face). Bref, au rythme de deux nanas n'ayant presque jamais fait de vélo, nous prenons la route. 

08.07.2013

08.07.2013

Premier soir : camping à Isle-sur-le-Doubs. Nous avons fait 66 (misérables) kilomètres et avons déjà mal partout. Aurions-nous vu un peu grand ?

 

Le lendemain, tant bien que mal, nous repartons. 

Il fait toujours beau (mais je vais arrêter de le préciser, ça va vite devenir répétitif), la véloroute est bien goudronnée, le chemin bien indiqué, tout se passe plutôt bien. Sauf que nous n'atteindrons jamais l'étape prévue (voir paragraphe précédent : on a de plus en plus mal partout) et qu'il n'y a pas de camping dans le coin.

Qu'à cela ne tienne. Un monsieur fort sympathique (il y en aura un certain nombre le long du trajet) nous indique une aire de stationnement pour campings-cars à Montreux-Château. Nous y trouvons un coin d'herbe pour planter la tente, pas bien sûres que ce soit autorisé. Partant du principe qu'on ne fait rien de mal et qu'on sera polies avec les voisins, nous restons. 

 

09.07.2013 Montreux-Château

 

Et finalement, personne ne nous vire. 

 

10.07.2013 Près de Mulhouse

 

 

Le troisième jour, nous passons Mulhouse. Nous n'avons toujours pas de carte. Du côté de Kembs, nous restons perplexes devant les panneaux qui nous font tourner en rond. La route le long des canaux est facile et agréable. 

 

 

 

Troisième soir : camping de Huningen (dont la localisation nécessite un peu de persévérance). Ce sera notre première rencontre avec "les Coléoptères" (qui n'en sont peut-être pas, mais c'est ce à quoi ils ressemblent le plus, d'après nos connaissances limitées en entomologie), de gros insectes qui ne sortent qu'au coucher du soleil et se rentrent dès que la nuit devient fraîche. A priori pas dangereux (en tout cas, ils ne piquent pas), ils n'en sont pas moins désagréables.

Une micro-promenade nocturne à pieds nous amène à traverser la Passerelle des Trois Pays (France, Allemagne et Suisse), record du monde de la plus longue passerelle réservée aux piétons et vélos, d'après Wikipédia.

Demain, nous serons en Suisse.

 

Quatrième jour : l'entrée dans Bâle est compliquée par de gros travaux. Il nous faut un peu de temps pour trouver le centre, et surtout s'y repérer. Ce soir, ce sera auberge de jeunesse. Nous y laissons vélos et bagages et passons l'après-midi et début de soirée à marcher au hasard dans la ville.

11.07.2013 Basel Town's Hall - Bâle

Posées au bord du Rhin, nous observons avec curiosité les nageurs qui se laissent dériver dans le fleuve, leurs affaires enfermées dans des sacs étanches.

 

Bâle est une belle ville, quand on y est, on n'a pas envie d'en repartir. Et même quand on a envie, on a bien du mal. En ressortir est un vrai calvaire, les panneaux semblent se contredire. Il nous faut bien deux heures pour réussir à quitter la ville en étant à peu près sûres d'être dans la bonne direction. Là, nous prenons conscience qu'une carte ne serait pas du luxe. 

 

12.07.2013

Les deux jours qui suivent Bâle sont géographiquement un peu flous.

Heureusement la véloroute est plutôt bien indiquée : tant qu'on reste dessus, on n'est pas perdues ! 

 

Cinquième soir : nous n'avons aucune idée de l'endroit où nous sommes, et encore moins s'il y a un camping dans les environs. Le soleil déclinant dangereusement, nous nous arrêtons dans une ferme et demandons asile. La propriétaire des lieux nous laisse installer la tente à côté de l'enclos à chevreuils. Un peu plus loin, des autruches vivent leur vie sans se soucier de notre arrivée.

 

 

Le lendemain, nous passons Koblenz, notre seul point de repère digne de ce nom. Un des vélos commence à faire des siennes (en fait, il faisait des siennes depuis le début, mais disons que les problèmes ont subitement empiré). Soucis de dérailleur, certaines vitesses ne passent plus. C'est samedi après-midi, tous les magasins de réparation sont fermés... et ne rouvriront pas avant mardi, aux dires des gens qui tentent (vainement) de nous venir en aide.

13.07.2013 Bad Zurzach

 

En fin d'après-midi, nous atteignons une grande aire de pique-nique au bord du Rhin. Le paysage est magnifique, il y a des tables, des bancs, de quoi faire des barbec', des bateaux, la possibilité de se baigner. Pas de chance : interdiction de camper ici. On nous indique un hôtel à quelques kilomètres de là. Pas motivées par la perspective de payer une chambre, nous tentons une nouvelle fois notre chance auprès des habitants.

Au milieu de nulle part : une ferme. Nous sommes chaleureusement accueillies par le chien, puis la propriétaire du chien et des lieux. Habituée à recevoir des groupes, elle nous indique un petit bout de pré pentu pour la tente, puis une salle de bain et des toilettes aménagés dans une partie de la grange. Elle nous propose même à manger, mais nous n'osons abuser de son hospitalité.

Quand nous repartons le lendemain, les propriétaires sont absents, nous ne pouvons les remercier et leur dire au-revoir. Nous nous promettons de leur envoyer une carte de Budapest (ouais, on reste optimistes).

 

Cahin-caha, le nombre de vitesses se réduisant de plus en plus sur le vélo "malade", nous continuons de longer le Rhin. Le fleuve offre plusieurs petites plages où se poser, se reposer et se baigner. Nous profitons de l'une d'elle pour une longue pause.

Surprise : ici aussi des gens se laissent tranquillement dériver. Jusqu'où vont-ils ? Comment reviendront-ils ? En tout cas, les voir passer en se laissant simplement flotter et porter par le courant donne envie d'en faire autant. Une autre fois peut-être, nous, il nous faut continuer sur le chemin...

14.07.2013

Septième soir : nous dormons à l'auberge de jeunesse de Schaffhausen. Les magasins de réparation sont fermés les lundis, nous a-t-on dit, mais nous irons quand même à l'office du tourisme demain, histoire de voir s'ils ne peuvent pas nous renseigner. Parce qu'il faut dire ce qui est : c'est la galère ce vélo. 

 

N'empêche, nous achevons notre première semaine de voyage ! 315 kms environ. Alors certes, nous sommes en retard sur notre planning, mais pour des gens qui n'avaient jamais fait de vélo, ça reste un bon début.  

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7 septembre 2013 6 07 /09 /septembre /2013 18:10
17 septembre 2012

17 septembre 2012

Pour ceux qui auraient manqué l'acte I, c'est ici. Une année s'est écoulée depuis, année durant laquelle j'ai continué de prendre des photos avec mon vieil appareil à l'écran toujours aussi sale. Pas de surprise côté paysage : c'est toujours exactement le même. Si j'avais habité sur la face ouest de l'immeuble, j'aurais pu faire une série sur l'avancée des travaux du tram'. Mais comme ce n'est pas le cas, il faudra se contenter de ces bons vieux levers de soleil.

 

Il y a les timides, ceux qui osent à peine pointer le bout de leurs rayons. La colline pour coulisse, ils tentent de gérer leur trac, jettent des regards inquiets derrière le rideau, jusqu'à ce que la nécessité de leur apparition les pousse subitement en avant-scène.

5 septembre 2012

5 septembre 2012

Il y a les impatients, ceux qui ne veulent pas attendre leur tour. Ils ne se préoccupent pas des répliques de la nuit, des nuages ou de la brume. Ils débarquent soudainement et coupent la parole. Il n'y a pas de mauvaise intention, juste un empressement mal contenu. Alors la nuit oublie son texte, la brume tente de le lui souffler, les nuages ne sont plus certains de leurs déplacements... Et le soleil fait éclater au grand jour cet embrouillamini de gris pas tout à fait gris et de rose embarrassé. 

11 octobre 2012

11 octobre 2012

11 octobre bis

11 octobre bis

Il y a les perfectionnistes, ceux qui connaissent la musique, les pas, leur texte et celui des autres. Ils apparaissent pile au bon moment, celui où ils produiront le plus bel effet. La réplique, pourtant récitée depuis des années, est lancée avec autant d'emphase que s'il s'agissait de la première représentation.

22 décembre 2012

22 décembre 2012

Et puis il y en a toujours un ou deux, trop sûrs d'eux, prêts à n'importe quoi pour épater la galerie. Ils veulent bien faire, ils y mettent toute leur énergie. Mais, pas toujours maîtrisé, le jeu est parfois légèrement fouillis, un peu flou. Qu'importe ! La lumière éclate en un tourbillon qui ravit le spectateur.

8 novembre 2012

8 novembre 2012

Enfin, il y a les oubliés, les petits rôles qui paraissent sans importance mais sans qui la pièce perd de sa profondeur : la nuit, qui n'a que quelques répliques (mais que serait un lever de soleil s'il n'était précédé de la nuit ?), les étoiles, les lumières aux fenêtres des bâtiments, les flocons. Autant de figurants qui préparent silencieusement l'arrivée du premier rôle.

7 février 2013

7 février 2013

Et le public, aux premières loges...​​​​​​​

Un an depuis ma fenêtre : Besançon (Planoise) - acte II
Un an depuis ma fenêtre : Besançon (Planoise) - acte II
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27 janvier 2013 7 27 /01 /janvier /2013 20:12

Après le rite du Lancer de lentilles dans la forêt et l'essai désatreux du Ticket de bus qui devait faire une fleur, après Les radis dans la jardinière et Le ficus mort (et les primevères, et la menthe, et la ciboulette et quoi d'autre encore...), voici venir Robert L'Oignon. Il a débarqué jeudi soir chez la voisine, en plein milieu des préparatifs de la raclette, cheveux au vent, sûr de lui. 

-Oh ! Celui-là on le garde ! On va faire une expérience !

ça, c'était moi, avec tout l'émerveillement et l'enthousiasme dont je suis capable, et qui étonnent de moins en moins mes voisins.

Résultat, après avoir bouffé trop de fromage et bu quelques verres, j'ai complètement zappé l'oignon et je suis rentrée sans lui. 

 

Et puis le lendemain :

Ma voisine : Au fait, t'as oublié ça hier.

Moi : Tu l'as pas jeté ?!

-T'as dit "on le garde" alors je te l'ai gardé...

C'est à ce moment-là qu'il s'est soudainement prénommé Robert. 

 

Alors bien sûr, Raya aurait été là, Robert se serait rapidement trouvé affublé d'un petit regard furieux ou d'un sourire débonnaire tracé avec le premier crayon/feutre/stylo venu (la vision de quatre Moi-patates ou d'une famille PQ me revient tout de suite en mémoire). Mais Raya n'est pas là, et moi j'ai la flemme (et la trouille de rater, bien sûr, ça m'embêterait de défigurer Robert).

Bref, je retrouve un vieux fond de terreau, un pot de fleur, je fous un coup de flotte et voilà le travail.

 

Les cactus prennent des paris sur la durée de vie de Robert. Zaza la-bouture-d'orchidée-donnée-par-une-mamie espère qu'il va survivre, elle en a marre d'être la seule plante autre qu'un cactus. Elle se dit qu'à deux, ils seront plus forts pour supporter les moqueries piquantes de ces petits ¤µ#* qui se prennent pour des survivors. Robert, lui, il vient de réaliser qu'il a très mal choisi son moment pour se faire remarquer, et maintenant il n'en mène plus très large...

 

 

On lui souhaite bon courage pour la suite.

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11 janvier 2013 5 11 /01 /janvier /2013 11:26

-Il est toujours là.

-Qui ça ?

-Ben, tu sais… Le Bruit

C’est par ces mots que Suzanne, 85 ans, m’accueille à mon retour de vacances (après m’avoir préalablement et joyeusement souhaité une bonne année).

Petit retour en arrière…

 

J’habite, avec quelques autres « jeunes », dans un logements-foyer, résidence pour personnes âgées autonomes. Et depuis quelques temps, nous avons « un bruit ».

L’année dernière, déjà, d’étranges petits coups retentissaient quasiment tous les soirs vers 20h30 et/ou 22h. Le rythme était plutôt rapide, et cela ne durait jamais très longtemps. « Quelqu’un qui fait de la sculpture » ou « quelqu’un qui plante une punaise avec un petit marteau », selon les descriptions. Plus étrange encore, toute la colonne 8 était victime de ce « bruit » (c’est lors d’une discussion réunissant les mamies des appartements 38, 48, 68, ma voisine du 98 et moi-même résidant au 88 que nous nous en étions rendu compte). Le mystère a alimenté nos bavardages pendant quelques temps, puis les coups ont finalement cessé du jour au lendemain. Nous n’avons jamais su de quoi il s’agissait.

 

Mais ce qui nous arrive à présent est différent.

Tout a commencé quelques semaines avant les vacances de Noël. A nouveau quelque chose qui tapait, mais plus lentement, aussi bien en soirée qu’au milieu de la nuit.

Rebelote : discussion, conseil de guerre, constats, comparaisons : « y’a un bruit qui m’a réveillé à 5h du matin – ah, vous l’entendez aussi ? – Toi aussi ? J’ai cru que j’étais folle ! – ça fait comment ce que vous avez entendu ? … ».

La colonne 8 est encore la première touchée, sauf que cette fois, certaines personnes des colonnes 7 et 9 entendent aussi les coups, bien que plus faiblement. « On croirait quelqu’un avec une jambe de bois qui se déplace avec difficulté ». Au départ, tout le monde croyait que c’était la faute de sa voisine du dessus. Bon. Les jours passent, le bruit reste, rien de nouveau, je pars en vacances.

 

Et nous voilà donc au temps présent : retour de vacances et discussion avec Suzanne :

-Il est toujours là.

-Qui ça ?

-Ben, tu sais… Le Bruit

(On lui met désormais des majuscules parce qu’il a pris une telle place dans la vie du foyer qu’on parle de lui comme d’une personne qui pourrait être physiquement présente)

Effectivement, il est toujours là. Mais il a changé…

Les coups qu’on n’entendait que la nuit retentissent maintenant en journée, et de plus en plus fréquemment. Et surtout, de plus en plus fort… Tout le monde y va de son hypothèse sur sa localisation (personnellement, j’opte pour la tuyauterie de la salle de bain). Il a au moins été établi que ça ne pouvait pas être quelqu’un qui tapait, cela ne se répercuterait pas ainsi dans trois colonnes ! Pourtant, quelques dames un peu têtues restent persuadées que c’est leur voisine du-dessus qui est à l’origine des coups. Alors pour la faire taire, elles tapent à leur tour sur le mur, le plafond ou encore les tuyaux de radiateurs. Ces gestes agacés se répercutant à leur tour dans la colonne, inutile de vous décrire le concert de « boum boum » et « gling gling » qui retentit certains soirs… sans jamais avoir l’effet escompté. Le Bruit ne se tait pas.

 

« Rien de bien méchant, tout ça, me dira-t-on finalement, juste un problème dans la tuyauterie ».

Ouais, c’est ce qu’on croyait aussi, au départ. Sauf que pour l’instant, personne n’a su le réparer, ce problème. Les techniciens sont pourtant allés jusqu’à monter sur le toit, à tout hasard. Et puis, ce serait faire abstraction des portes automatiques qui parfois ne s’ouvrent que pour laisser passer un courant d’air. Des deux fauteuils à l’accueil qui de temps en temps poussent des soupirs las. De Founotte-la-chatte, qui s’installe dans un des placards pour pleurer. La première fois, je croyais l’avoir enfermée par mégarde. Je me précipite, me sentant déjà coupable… pour constater que la porte est grande ouverte. Assise au milieu des fringues, Founotte m’observe un instant, surprise de mon arrivée un peu brusque, puis regarde autour d’elle et se remet à pousser des miaulements plaintifs. J’ai eu beau la questionner, impossible d’en tirer une explication concrète.

Avec tous ces éléments en main, les mamies ont eu tôt fait de tirer les conclusions qui s’imposaient :

Mme C. (qui réside au foyer depuis 1985) : Y’a sûrement un esprit.

Paulette (qui nous a fourni la description de la jambe de bois) : Oui, quelqu’un qui serait mort en réparant la tuyauterie.

Suzanne : Ou une résidente tombée dans la colonne. Et peut-être qu’un chat est mort dans ton placard et que Founotte sent encore sa présence.

(Visualisez bien cette discussion, qui se déroule dans le plus grand sérieux, autour d’une crème liégeois)

Moi : Y’a de quoi écrire une histoire !

Mme C. : Vous pourrez l’écrire ?

Moi : Seulement si vous me la dictez…

 

Cela fait au moins un mois que Le Bruit a élu domicile au foyer. Nous n’avons toujours pas pris le temps d’écrire son histoire. D’où vient-il ? Comment le déloger ? Il réussit à faire parler de lui sans que personne ne l’ait jamais vu, localisé ou identifié.

Je suis tentée d’appeler la cousine Raya à la rescousse (elle est actuellement en train de développer ses compétences en chamanisme et d’apprendre l’islandais, ça peut servir). Parce que mine de rien, l’ascenseur s’est bloqué ce week-end. Avec deux personnes dedans… Elles ont été libérées depuis, mais quand-même…

 

 

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25 septembre 2012 2 25 /09 /septembre /2012 18:04
Planoise - 27 août 2012

Planoise - 27 août 2012

Bon, on se doute bien que je n'ai pas passé 24h/24 à ma fenêtre pendant 365 jours. Mais disons que ça fait un an que j'ai emménagé à Planoise (Besançon, France). Ok, peut-être pas un an JOUR pour JOUR, mais à peu près quoi.

 

Alors pour tout dire, mon appartement est orienté à l'est, ce qui m'a valu de très beaux levés de soleil. Et, un coup de temps en temps, j'ai eu le réflexe de prendre l'appareil photo. Alors lui, l'appareil, c'est pas de la haute qualité : genre dans les premiers prix d'il y a 5 ans, c'est pour dire. En plus son écran est dégueulasse. Mais bon, on fait avec les moyens du bord.

 

 

Au final, ce sont toujours les mêmes barres d'immeubles, la même tour, les mêmes collines et le même peuplier qui vont revenir à peu près à chaque fois, avec simplement des couleurs différentes...

5 novembre 2011

5 novembre 2011

Comment trier ces photos ? Du point de vue de la thématique ? De l'esthétisme (alors là, c'était raté d'avance !) ? Elles sont bêtement restées dans l'ordre chronologique, alors après l'hiver viendra le printemps.

18 janvier 2012

18 janvier 2012

3 février 2012

3 février 2012

19 février 2012

19 février 2012

19 avril 2012

19 avril 2012

27 mai 2012

27 mai 2012

Par contre, il ne faudrait pas croire qu'il ne pleut jamais. C'est juste que dans ces cas-là, le réflexe "photo" n'intervient pas. OU les photos sont particulièrement ratées.

5 juillet 2012

5 juillet 2012

5 juillet 2012 bis

5 juillet 2012 bis

27 août 2012

27 août 2012

27 août 2012 bis

27 août 2012 bis

Ma petite frustration est d'avoir manqué deux arcs-en-ciel, des envolées de corneilles et les couleurs d'automne. Peut-être que je pourrai rattraper le coup cette année...

Pour le savoir, c'est ici : acte II

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8 septembre 2012 6 08 /09 /septembre /2012 16:59

Le tournage de Rêver plus loin, long-métrage amateur, a eu lieu du 11 au 24 juillet 2012. Il s'agit d'ailleurs d'un titre provisoire en attendant de trouver quelque chose qui nous fasse "tilt" à tous. Du genre : "Ah mais oui ! C'est ça !".

 

 

Malgré de petits problèmes de météo (souvenez de ce début de juillet pourri...), nous avons pu (presque) tout mettre en boite. Ce fut l'occasion de quelques belles rencontres (ou retrouvailles !) et de très bons moments ! 

Espérons qu'il y aura eu aussi suffisamment de sérieux pour que le résultat soit présentable, mais j'ai bon espoir.

 

L'histoire : 

Emma et sa sœur Juliette sont battues par leur père. Dès que Juliette est suffisamment âgée pour travailler, elles partent. Colin est un petit garçon qui vit dans une famille ordinaire. Mais un jour, il fait une crise de colère sur le parking d’un supermarché sans se douter que cela va changer sa vie. Hugues a une très étrange habitude : chaque matin, il nettoie une tombe. Lou se fait harceler par son patron. Elle décide de démissionner mais n’a nulle part où aller.

Emma (Jeanne Quibel), Colin (Camille Sauvé), Juliette (Charlie Clé), Hugues (Thomas Grandsire) & Lou (Julie Michel)

Emma (Jeanne Quibel), Colin (Camille Sauvé), Juliette (Charlie Clé), Hugues (Thomas Grandsire) & Lou (Julie Michel)

Voici les cinq membres de cette étrange famille, et les cinq protagonistes de cette histoire. Non, il en manque un sixième : le camping-car. Il porte en lui tous les rêves de ses habitants. Le voyage, une famille, l’assurance qu’à l’intérieur, rien ne peut arriver de mal. Pourtant, c’est lui qui, le premier, fera entrer une pointe de réalité : il tombe en panne.

 

Mais il en faut bien plus pour arrêter le rêve. L’aire du Vieil Etienne devient le théâtre de nombreuses rencontres : rencontres avec les gens (l’employé communal, des vacanciers, une musicienne), rencontres avec le mystère d’une tombe étrange et d’une cabane inquiétante.

 

Et puis, finalement, la rencontre avec la réalité.

 

Tout cela, sous l'oeil vigilant de notre camerawomen, Charlotte Lakits, qui aura certainement fait plus de cascades que les acteurs, mais sans jamais faillir. 

 

 

 

 

 

Nous avons beaucoup de monde à remercier, et je ne prendrai pas le risque d'en faire une liste, j'ai trop peur d'oublier quelqu'un (je préfère attendre le générique du film, c'est plus sûr !).

Tout ce que je peux dire à l'heure actuelle, c'est que ce tournage aurait été impossible sans tous les acteurs interprétant les seconds rôles et tous les figurants, avec qui ça a été un vrai plaisir de tourner ; mais aussi sans le concours de la Communauté de Commune Vièvre-Lieuvin, les différentes mairies et tous les particuliers qui nous ont laissé tourner sur leur propriété. Et sans compter le Foyer Rural du Lieuvin, les gens qui ont prêté des accessoires, ceux qui ont démonté des roues de camping-car, ceux chez qui nous avons mangé, les parents qui ont amené leurs enfants... (ça y est, même en restant vague j'ai l'impression d'oublier plein de monde, alors je vais essayer de ne vexer personne en concluant par :) Bref, merci à tous !

 

L'équipe

L'équipe

Sauf problème de dernière minute, les deux dernières scènes devraient être tournées demain (dimanche 9 septembre) et le montage devrait bientôt débuter.  J'espère pouvoir en donner des nouvelles prochainement.

 

La suite de l'histoire est .

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28 mai 2012 1 28 /05 /mai /2012 11:51

Peu de suspens, tout est dans le titre.

 

Plus d'un mois et demi après, j'ai pensé qu'il était temps de donner des nouvelles de ce fameux ticket de bus qui était censé faire une fleur (pour l'épisode précédent, c'est ici).

 

Les pousses apparaissent au bout d'une à trois semaines, telle était la promesse écrite sur le bout de papier biodégradable. Au bout d'une semaine : rien. Je ne me suis donc pas inquiétée outre mesure, persuadée d'être tombée sur des pousses feignasses. Et de prendre mon mal en patience pour encore une semaine ou deux. Ou trois. Ou quatre... 

L'incertitude tourna en déception quand j'admis enfin que l'aventure du ticket de bus était finie avant même d'avoir commencée. Il fallait se rendre à l'évidence, rien ne se produirait. Aucune pousse n'apparaîtrait, et je n'aurai pas la joie de découvrir la couleur de ma fleur. Déçue, donc, mais pas surprise.

 

Déjà, je n'ai jamais eu la main verte. La seule plante que j'arrivais à maintenir en vie, c'était la menthe, truc increvable par excellence. 

 

Mais en plus, depuis quelques temps, même la menthe meurt, victime de parasites non identifiés. Il souffle ici un mauvais vent.

 

Seuls les cactus sont épargnés, mais comme ils ne ressemblent plus à rien, on ne s'étendra pas là-dessus...    

 

 

 

 

 

Une bonne nouvelle, quand même : le papier du ticket de bus était réellement biodégradable, aucune trace n'en a été retrouvée...

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8 avril 2012 7 08 /04 /avril /2012 11:49

"Un ticket de bus 100 % nature avec le ticket qui pousse".

Voilà ce que je lis un matin en m'installant dans le bus. Perplexe, j'essaie d'en savoir plus. L'histoire se déroule entre le 1er et le 7 avril : les tickets de bus à 4€ valables toute la journée seront faits d'un papier biodégradable dans lequel auront été incrustées des graines de fleurs. Ce n'est qu'hier soir en écrivant cet article que j'ai compris que cette opération était réalisée à l'occasion de la semaine du développement durable...

 

Sagit-il d'une simple opération "coup de pub" ou d'une tentative de sensibilisation écologique, je ne saurais dire. Quoi qu'il en soit, ça m'intrigue. Je me décide donc à acheter un ticket journée à 4€, non par réflexe citoyen (ou écologique, ou autre), mais par pure curiosité : Est-ce que ça va vraiment marcher ? Si oui, à quoi va ressembler la fameuse fleur ? Gros suspens.

Bref, j'achète, consciente que s'il ne s'agit que d'une opération coup de pub, ça fonctionne très bien avec moi. 

Au verso : 

"Prendre le ticket ensemensé, le faire tremper 30 mn, le planter dans du terreau léger, arroser, exposer au soleil à l'abri du froid. Les pousses apparaissent entre 1 à 3 semaines".

Bon. Je m'exécute. Pour mettre toutes les chances de mon côté, je mets un compte à rebours pour la période de trempage.

 

 

Et puis le doute m'envahit : est-ce que mon reste de terreau de l'année dernière est léger ? Ai-je arrosé ou noyé ? Et, le comble, il n'y a actuellement pas de soleil. Des tas de bonnes raisons pour que ça rate. A priori, je serai fixée dans une à trois semaines. 

J'attends, donc, avec la plus grande perplexité, à la limite du scepticisme. 

Mais si vous, vous ne voulez pas attendre, la réponse est ici.

 

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La route hors du monde - partie 3 - Au bout du chemin

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