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1 juin 2017 4 01 /06 /juin /2017 08:57

Cet épisode 3 est l’histoire d’un aller-retour en solitaire. Je dirais même plus, d’un aller-retour, parce que parcouru en solitaire. Je m’explique : dans les épisodes 1 et 2 (previously in GTJ trip) nous étions au moins deux randonneuses, nous pouvions donc déposer une voiture à la fin de l’étape, puis récupérer celle laissée au début. C’était un peu long, parfois casse-tête pour faire au plus simple, mais pratique. Hors, cette fois, me voilà seule. Je gare donc ma voiture au début de l’étape, et, arrivée à la fin, me retrouve couillonnée. Je dois donc refaire le chemin en sens inverse pour récupérer ma voiture. Je vous rassure, je ne me suis pas rendu compte du dysfonctionnement au milieu de la rando, je suis partie en toute connaissance de cause. Mais cela explique l’aller-retour.

 

27 mai : étape 6 : La Rasse – Villers-le-Lac

 

Je débarque donc seule, avec mon sac et ma Clio, samedi matin devant l’hôtel-restaurant La Rasse, dont l’adresse figurant dans le topoguide (est-elle officielle ?) est la suivante : sur les rives du Doubs. Autant vous dire que c’était un peu vague pour le GPS. Le (nouveau) propriétaire (hollandais, au cas où ça aurait son importance) de l’établissement me laisse gentiment garer la voiture sur son parking. Je ne m’attarde pas, chausse mes pompes de rando, endosse mon sac, et c’est parti !

Ce ne sera que pour 2 jours, mais c’est la première fois que je marche en itinérance depuis le GR3, en 2010, c’est-à-dire sans revenir à la voiture ou à la maison et en portant toutes les affaires dont j’aurai besoin pour ces 2 jours. J’adore cette sensation, cette impression de transporter sa maison sur son dos. En plus, il fait beau et le Doubs s’offre sous son meilleur jour.

Le Doubs, au départ de l'étape

Le Doubs, au départ de l'étape

On (le sentier et moi ? Moi, moi, moi et moi-même ?) le longe un bon moment. L’étendue d’eau porte les sons, et l’on entend quelques bruits de moteur et des voix de promeneurs sur l’autre rive. Mais de mon côté, c’est calme. Trois refuges, dont je n’ai pas retenu les noms, sont répartis sur cette portion, abris de bois pas si petits faisant face à la rivière.

 

Au niveau du troisième refuge commencent les 350m de dénivelé pour atteindre Villebasse (qui, dans les jambes, paraît bien haute). S’ensuit une portion de piste forestière dont le charme est plutôt limité (hormis quelques endroits forts mignons, il faut quand même l’admettre), mais qui présente un point d’intérêt non négligeable. Surprenant. Adorable… 

 

Un petit refuge avec une bibliothèque voyageuse !! Je n’ai qu’une envie : me poser là et terminer mon livre en cours de lecture (oui, je l’ai emmené, et après je vais me plaindre que mon sac est lourd), juste pour avoir le plaisir de le déposer dans cette boîte au milieu de nulle part que seuls des voyageurs à pied ou à vélo peuvent trouver, comme moi, par hasard. Mais il me reste trop de pages à lire, et beaucoup de chemin à faire. Je repars, mais dans un coin de ma tête, je note que je repasserai demain, sur le trajet de retour, et si j’avance suffisamment dans ma lecture d’ici là, peut-être que…

 

Je dépasse la piste des Pissoux (juste pour le fun de l’allitération) et descends au barrage du Châtelot. Dans l’escalier métallique, un bruit me fait lever les yeux. Un chamois est là, en contre-haut, pas très loin mais inaccessible, et il le sait : il m’observe aussi tranquillement que je l’observe. Je lui dis bonjour, mais comme il ne me répond pas, je continue mon chemin. Lui continue le sien, et tout en marchant, me balance des cailloux. Je n’arrive pas à déterminer si c’est volontaire ou non.

Nous voilà (vous qui lisez et moi-même) de nouveau dans les gorges, et c’est de nouveau beau.

Barrage du Châtelot - 27.05.17

Barrage du Châtelot - 27.05.17

On approche du Saut du Doubs, il y a plus de monde sur le chemin (pas difficile vu que jusqu’à présent il n’y avait personne). Le temps est de plus en plus lourd, le sac aussi me semble-t-il. J’avais oublié que quand on transporte sa maison, ce n’est pas le dos, ou les cuisses, ou les mollets, qui douillent le plus, mais les plantes des pieds, qui n’ont pas l’habitude de porter ces quelques kilos supplémentaires et finissent par chauffer.

J’arrive finalement au Saut du Doubs, et me retrouve assez déçue : la cascade est belle, mais on ne peut la voir que d’en haut (même depuis le « belvédère du bas »). On la devine impressionnante, mais on ne se rend pas vraiment compte des perspectives, de la hauteur et de la puissance de la chute.

Le Saut du Doubs - 27.05.17

Le Saut du Doubs - 27.05.17

Je fais une pause rapide à la buvette la plus proche et poursuis mon chemin. Il y a trop de monde ici.

La route entre le Saut du Doubs et Villers-le-Lac est sans grand intérêt (déjà, c’est une route, pas un chemin, donc forcément moins agréable à marcher) à part l’arrivée sur Villers, qui donne une belle impression sur la ville.

 

Je passe la nuit au gîte d’étape du Clos Rondot. D’extérieur, la petite maison ne paie pas de mine, mais à l’intérieur, c’est nickel : cuisine aménagée neuve, salon confortable, douche chaude, chambres propres… Et que dire de la gérante, au top de l’accueil ! Randonneuse également, nous discutons quasiment 1h, de randonnée, de randonneurs (des sympas et des chiants), de gîtes d’étape et de la région. J’aime randonner seule, il y a un petit côté défi à ne compter que sur soi, il y a également le respect de son propre rythme (rythme de marche, mais aussi rythme de vie), mais surtout cela libère complètement les pensées. Elles peuvent partir en tous sens, sans jamais s’arrêter sur un sujet précis, sans avoir à se rendre cohérentes en vue d’une conversation construite. Seul, on n’a pas besoin d’enfermer les sensations, les réflexions, dans des mots, des phrases, avec leur logique. Elles peuvent rester chaotiques, désordonnées. En ce qui me concerne, c’est de ce chaos, de ce désordre du laisser-aller, que nait l’inspiration. Mais je m’égare. Ce que je voulais dire, c’est que j’aime randonner seule, sans causer à qui que ce soit, mais qu’après une journée comme celle-là, une discussion animée est la bienvenue. Celle que j’ai avec la gérante du Clos Rondot est parfaite : pas prise de tête, drôle, spontanée.

 Après son départ, c’est rapide : douche, repas, lecture, dodo.

 

Bilan journée : 27 km qui permettent de dépasser les 100 km sur la GTJ, ce qui correspond au quart du GR !

Avancée GTJ : 101,8 km

 

28 mai : étape 6bis : Villers-le-Lac – La Rasse

 

Le lendemain, j’en ai plein les pattes, mais surtout, la perspective de refaire le même chemin à l’envers n’est guère motivante. Je me paye donc le luxe de faire la portion Villers – Saut du Doubs en bateau et m’épargne les 7 km de route pas terrible.

GTJ épisode 3 : La Rasse – Villers-le-Lac (there and back again)
GTJ épisode 3 : La Rasse – Villers-le-Lac (there and back again)

De nouveau, le Saut du Doubs (pas plus impressionnant que la veille) avec des gens partout sur le chemin, puis le barrage du Châtelot, sans le chamois cette fois. Je me dis que si j’avance bien, je pourrai manger dans le refuge à la bibliothèque voyageuse, et peut-être finir mon bouquin en mangeant pour le laisser sur place… Pendant ce temps, le ciel se couvre, il fait de plus en plus lourd. Au loin, l’orage gronde. Le vent se lève, il va bientôt pleuvoir. J’arrive plus tard que prévu au refuge tant espéré, mais avant la pluie. L’averse tombe pendant que je finis de manger. Pas grave, j’ai mon livre à finir ! Mais il reste décidément trop de pages. L’averse est finie, le ciel s’est éclairci, mais les nuages ne sont pas encore si loin. Qui sait combien de temps avant la prochaine pluie ! Il faut profiter de l’accalmie. A regret, je range mon livre presque fini dans mon sac et laisse derrière moi ce refuge semblable aux autres mais qui cache les histoires que ses habitants temporaires veulent bien lui laisser. Je crois que désormais, j’ouvrirai systématiquement les portes de tous les refuges pour jeter un coup d’œil à l’intérieur et voir s’ils ne cachent pas leurs propres surprises.

 

Ensuite, je ne traîne pas trop. Parce que la piste forestière n’est pas plus belle que la veille, déjà, mais surtout parce que je me souviens qu’un peu plus loin, il y a une ligne à haute tension, et que je n’ai pas envie d’être en-dessous quand l’orage va revenir (parce qu’il va revenir, c’est sûr). Je ne sais pas bien ce que ça peut avoir comme conséquences, d’être sous une ligne à haute tension en cas d’orage, mais au cas où, j’aime autant m’en éloigner. Je redescends assez rapidement les 350m de dénivelé (beaucoup plus facile dans ce sens) et me retrouve sur le petit chemin en bord de Doubs.

La pluie tombe, mais les arbres sont tellement serrés que je suis à peine mouillée. L’idée que je suis en train de revenir vers ma voiture, pour rentrer chez moi et aller travailler demain paraît presque absurde. Tout à l’heure, je vais arriver au prochain gîte d’étape, jauger son extérieur et y entrer avec une pointe d’excitation pour découvrir l’intérieur. Cette sensation-là semble beaucoup plus cohérente, et même beaucoup plus réelle tandis que je suis encore en train de marcher.

Une journée et demi d’itinérance, et ma tête est déjà partie pour un long voyage…

 

Bilan journée : 20 km

Bilan épisode : 47 km

Avancée sur la GTJ : 101,8 km

 

Et le voyage sur la GTJ se poursuit avec l'épisode 4...

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12 mai 2017 5 12 /05 /mai /2017 17:20

Histoire de vous paumer géographiquement, on se sert d’un micro-hameau comme point d’arrivée. Et histoire de vous perdre chronologiquement, on n’a pas fait les étapes dans l’ordre (question d’organisation dont on vous épargne l’explication), mais, le point le plus important nous semble-t-il, c’est que la totalité du parcours cité en titre a bien été effectuée.

 

Comme promis, c’est en compagnie de la sister que s’écrit cet épisode numéro 2. Pour la suite de l’histoire, nous l’appellerons J. parce que ça me fait plaisir.

 

Nous débarquons le vendredi soir by night à Goumois évasion, où nous allons passer 2 nuits. Nous occupons un petit chalet-dortoir de 6 places. La cuisine, les douches (chaudes) et toilettes sont dans le bâtiment principal. Il n'y a que J. et moi dans le chalet, mais aussi dans tout le centre, c’est simple et on aime. On aime encore plus le lendemain matin quand on découvre le paysage :

Vue depuis le chalet

Vue depuis le chalet

On aime un peu moins le 2ème matin, quand on se rend compte qu’officiellement, l’eau du robinet n’est pas potable. Mais comme on n’a pas été malades, on ne leur en tiendra pas rigueur.

 

29 avril : étape 3 : St Hippolyte - Goumois

 

Notre équipée un-peu-ratée-mais-bien-sympa-quand-même du mois de mars nous avait laissés à St Hippolyte, petit village pas vilain au confluent du Doubs et du Dessoubre. C’est donc de là que nous partons ce samedi matin. Nous commençons par suivre la boucle bleue mentionnée dans l’épisode 1 mais nous en séparons rapidement. Et c’est parti pour l’inconnu !

Il ne fait pas chaud, mais il fait grand beau, et c’est le plus important. Autre point non négligeable : les paysages nous plaisent bien :

Entre St Hippolyte et Soulce-Cernay

Entre St Hippolyte et Soulce-Cernay

A Soulce-Cernay (point le plus bas de la journée : 388m), nous passons de l’autre côté du Doubs. Le soleil est toujours là, les beaux paysages aussi :

Entre Soulce-Cernay et Courtefontaine

Entre Soulce-Cernay et Courtefontaine

On monte, on descend, on passe Courtefontaine, on re-monte (mais ce n’est pas encore trop difficile, j’arrive à suivre la frangine, c’est pour dire), on se plante sur le balisage, on s’en rend compte rapidement (il faut dire que quand on arrive dans un champ sans aucune indication, on se méfie) et on fait demi-tour. Pas besoin de revenir très loin, ce n’était qu’une petite erreur d’inattention (on ne peut même pas s’en prendre au balisage, qui était très bien visible) qui ne nous aura fait perdre qu’une vingtaine de minutes tout au plus.

On re-descend, accessoirement on mange, puis l’on re-re-monte sur Fessevillers. Vous avez le droit de rire de ce nom, je me sentirai moins seule. D’après le topoguide, il y a à Fessevillers des tombes gravées de maîtres verriers. Nous ne les verrons pas, trop occupées que nous sommes à observer de grosses statues, qui paraissent trop grandes pour le petit village. Un cycliste les prend toutes en photos, je me contente d’une seule, qui s’avère ratée.

Après Fessevillers, nous grimpons au point le plus élevé de la journée : le Mont, 970m. J’ai oublié de préciser un détail qui a son importance : il a neigé dans la région quelques jours plus tôt, et les endroits à l’ombre ont conservé leur petite plaque de neige. C’est pour dire comme il ne fait pas bien chaud. Sauf que du coup, on s’est faites avoir, et on a bêtement chopé un coup de soleil sur le pif (ce détail, en revanche, n’a aucune importance).

Après la petite chapelle, il y a une merdouille de balisage au moment de la descente sur Goumois, ou bien est-ce une merdouille dans le topoguide, dont le texte semble ne pas correspondre à la carte ? Quoi qu’il en soit, nous connaissons un peu les lieux, nous ne nous faisons pas avoir et regagnons sans difficultés (avec quelques doutes, c’est vrai, mais sans difficultés réelles) Goumois évasion pour la 2ème nuit dans notre petit chalet.

 

 

Bilan journée : 26,3 km.

Avancée sur la GTJ depuis le point de départ : 53,3 km.

 

30 avril : étape 4 : La Charbonnière du Haut – La Rasse

 

Sauf qu’en fait, l’étape commence par la via ferrata de Charquemont, aussi appelée « les échelles de la mort » (nous y reviendrons). Alors, certes, on était parties sur un week-end rando, mais il aurait été dommage de passer si près d’une via sans la faire. Elle valait le coup : pas trop difficile, mais avec un paysage superbe et une petite tyrolienne sympa pour finir (moins sympa quand on passe la moitié du temps à essayer de se mettre dans le sens de la route, mais passons).

Vue depuis la via ferrata de Charquemont

Vue depuis la via ferrata de Charquemont

Le retour de la via se fait par les fameuses échelles de la mort, dont on s’était fait toute une histoire, mais qui s’avèrent décevantes. A quoi s’attendait-on quand le guide précise qu’il s’agit de 3 échelles métalliques récemment rénovées ? Je ne sais pas, mais pas à ça. "ça" se passe d'ailleurs de photo. Peut-être s’imaginait-on encore au temps des contrebandiers, où les échelles n’étaient que des troncs d’arbres avec quelques barreaux…

 

Après la via, on mange un morceau, et c’est parti pour le parcours de la journée. Laissant la voiture aux Essarts Cuenot, près du belvédère des vieilles femelles (je le précise uniquement pour le plaisir de vous communiquer la poésie des noms de lieux du coin), nous rejoignons le refuge de la Charbonnière du Haut et entamons la descente vers le Doubs. Alors qu’hier, nous évoluions dans un paysage plutôt montagneux, nous nous retrouvons aujourd’hui au fond des gorges. Rien à voir, mais tout aussi beau !

Le Doubs

Le Doubs

Et plus populaire apparemment : il y a des gens partout. Hier, nous traversions des patelins sans voir personne, sans entendre d’autre bruit que les aboiements d’un chien ou deux et le chant d’un coq ; aujourd’hui, on croise je ne sais combien de personnes alors qu’il n’y a pas une habitation à la ronde !

Une fois passée l’usine du Refrain (impressionnante), le sentier se dépeuple. Arrivées au barrage du Refrain, nous sommes de nouveau seules sur le chemin. Le temps se couvre. On nous a dit qu’il neigerait demain, ça nous inquiète.

Barrage du Refrain

Barrage du Refrain

Nous parvenons à La Rasse. De là, il nous faut remonter à Blancheroche où nous avons laissé la voiture de J. Et, j’avoue, je me fais complètement ratatiner sur cette ultime montée, hors GR encore en plus ! J., elle, ne faiblit pas. Elle avance, toujours au même rythme (on se demande si elle a capté qu’il y avait une grosse montée !) et me paraît de plus en plus lointaine.

Bref, nous regagnons la voiture et allons nous installer au gîte d’étape communal de Fessevillers. Nous sommes seules dans le gîte. Le dortoir pour 16 personnes n’est pas constitué de 8 lits superposés, par exemple, mais d’UN lit superposé de 12 places (6 en haut, 6 en bas !) et d’un lit superposé de 8 places. On se dit heureusement qu’on est toutes seules : les autres n’auraient pas eu de places pour poser leurs affaires.

 

Bilan journée : une via ferrata + 13 km

Avancée GTJ : 63,8 km

 

1er mai : étape 5 : Goumois – La Charbonnière du Haut

 

Le lendemain, comme promis par la météo, qui pour une fois ne s’était malheureusement pas trompée, il neige à gros flocons quand nous nous levons. Le temps de manger, ranger nos affaires et gagner notre point de départ de la journée, il pleut. Pas trop fort, mais suffisamment pour être rapidement mouillées. J. a sorti sa capeline, comme nous appelons nos parkas/capes de pluie depuis nos vacances avec Aurélie F. en Auvergne (encore toute une aventure, qui ne vous sera pas contée). Vues les circonstances, nous décidons de ne marcher que la demi-journée. De toute façon, J. a de la route à faire pour rentrer chez elle après, autant qu’elle reparte tôt. Ce n’est pas agréable d’avoir ce temps, mais cela a l’avantage de nous donner (un peu) envie de rentrer chez nous. Sinon, on aurait eu bien du mal à repartir !

 

Retour aux Essarts-Cuenot, puis à la Charbonnière du Haut, où nous entreprenons de suivre le guide à l’envers pour regagner Goumois. Le balisage était plutôt bon jusqu’à présent, on pense pouvoir y arriver. Suffira d’être vigilantes. Et vigilante, J. l’est tellement qu’elle m’arrête soudainement en me montrant une silhouette au loin : « regarde, c’est quoi ?! ». On observe un moment cette forme brun/beige sans bouger. Elle s’éloigne tranquillement sur le chemin. Nous la suivons en débattant de ce que ça peut bien être. Malgré mes lentilles de contact, je la distingue mal, et de toute évidence, J. ne voit pas beaucoup mieux ce dont il s’agit. On hésite d’abord entre un petit chevreuil et un chien de bonne taille (c’est pour dire comme on voit bien). Mais la bestiole finit par nous repérer et s’enfuit dans les bois. J. est formelle : c’était une démarche féline. Je propose d’abord un puma (vous pouvez me rire au nez) en sachant que ce n’est pas ce mot qui convient. J’ai lu dans le guide qu’il y avait des gros chats dans le coin, mais je ne me souviens plus du nom. J. propose lynx. Après vérification, ils ont en effet été réintroduits dans les Alpes et le Jura côté suisse et, faisant fi des frontières humaines, ont ensuite colonisé le côté français.

Ce qui est sûr, c’est que, quelques pas plus loin, nous croisons un chamois, qui n’a peut-être même pas réalisé qu’il avait frôlé la mort. Ce sera le principal évènement de la journée. Nous poursuivons ensuite sur un petit chemin sentant non pas la noisette, mais l’ail des ours, et regagnons Goumois sans difficultés.

Bilan demi-journée : 12km

Bilan épisode : 51 km

Avancée sur la GTJ : 74,8 km

 

Et la suite de la GTJ, elle est écrite

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27 avril 2017 4 27 /04 /avril /2017 14:23

Et parce qu’il faut toujours préciser la signification d’un sigle la première fois qu’on l’utilise : GTJ, c’est la Grande Traversée du Jura. Environ 400 km de chemin depuis Mandeure (à côté de Montbéliard, au nord-est de Besançon, pas loin de la Suisse, bref, si vous ne savez pas où c’est, vous chercherez sur une carte) depuis Mandeure, donc, jusqu’à Culoz (pareil). 400 bornes à pinces à travers le massif jurassien. Je ne sais plus quand j’ai eu connaissance de ce GR (chemin de Grande Randonnée), sûrement peu de temps après le retour du GR3. A l’époque, j’habitais Besançon, et je me suis dit : « c’est dommage d’avoir un GR juste à côté de chez soi et de ne pas le faire ». Résultat, je suis partie de Besançon sans avoir mis un pied sur la GTJ. Et maintenant que je suis à Dijon (un peu plus loin sur la carte), j’me lance. Vieux motard que j’aimais, comme dirait la cousine.

 

25 mars : étape 1 : Mandeure - Chamesol

 

Nous étions tout un groupe pour ces 2 premières étapes : 5 humains et 2 chiens (Léon et Comète, les deux chiens, même si ce détail n’a pas d’importance particulière). L’idée était de se retrouver à Mandeure, d’aller porter une voiture à Montécheroux où nous avions loué un gîte, puis de retourner à Mandeure, toujours en voiture, pour démarrer la rando. 24 km prévus pour ce premier jour.

Mais le matin-même, un premier changement de programme intervient : il est proposé de laisser une voiture à Mandeure et de partir à pied directement depuis Montécheroux. C’est sûr, ça évite un trajet en bagnole. Mais je préviens : en faisant Montécheroux-Mandeure au lieu de Mandeure-Montécheroux, les instructions de mon super topoguide seront à l’envers. Tant pis, se dit-on, nous ferons confiance aux balisages.

Nous partons donc de Montécheroux (hors GR), rejoignons la GTJ vers Chamesol 2 km plus loin, et c’est parti ! Il ne pleut pas, mais y’a du vent et il caille. Heureusement, nous nous retrouvons rapidement dans la forêt, abrités, et une petite montée (rien de méchant) nous réchauffe. Ensuite, on a de la chance, il fait beau. Nous croisons la cabane des douaniers, continuons dans la forêt, le balisage est nickel, même pas besoin de regarder la carte ou lire les instructions, de toutes façon, elles sont à l’envers les instructions. Nous passons le Fort du Lomont et le Fort des Roches.

 

Sur les coups de midi (ou un peu plus tard, bref, quand on fait la pause pour manger), on se demande quand même où on est en. Vérification de la carte. Un truc semble bizarre. Lecture des instructions à l’envers. Un vrai doute s’insinue. Recherche de notre position via les gps des téléphones (pour celles qui en ont, ceux de Carole et moins étant trop vieux pour ça). Et là BIM. On n’est pas DU TOUT où il faudrait. Trop près de la Suisse. Re-BIM illumination : on comprend qu’on n’est pas sur le bon GR ! C’est ça, de suivre aveuglément les balisages, quand y’a un croisement de GR, on continue de suivre les traits rouges et blancs sans se rendre compte que ce ne sont plus les nôtres. En vrai, on n’a jamais passé les Forts précédemment cités.

Faire demi-tour, c’est naze (on a marché longtemps sur le mauvais chemin, en plus !), rejoindre la GTJ par les routes, c’est naze aussi. Alors nous suivons l’appli rando du téléphone d’Emilie, qui nous montre les sentiers pédestres. Abandonnant le GR Tour du pays de Montbéliard, nous nous retrouvons sur un PR (sentier de Petite Randonnée) bleu. On est toujours dans la forêt, c’est très mignon. Mais force est de constater qu’en suivant ce chemin, nous continuons de nous éloigner de la GTJ. Nous mettons un certain temps à comprendre que l’appli rando ne nous montre pas du tout les chemins pédestres. Le trait qu’on essaie de suivre sur l’écran depuis une demi-heure, c’est la délimitation de la commune (on se passe de commentaire sur un de nos plus beaux instants de nullité collective). Nous finissons par atterrir à Dannemarie, où nous nous résignons à demander notre chemin. Le mec fait une tête du genre « vous êtes pas rendus » et nous montre un sentier. Carole trouve qu’il a l’air joli (le chemin, pas le mec), et l’argument est suffisant pour que nous nous y engagions.

Comme promis par le premier homme, nous arrivons à Glay. Où, dans le doute, on redemande la direction à prendre. Mais la réponse de ce deuxième bonhomme ne nous satisfait pas. Nous trouvons un nouveau PR bleu qui va jusqu’à Thulay, et le suivons, une fois encore, aveuglément, croisant les doigts pour qu’il soit bien balisé.

Il l’est. De Thulay, nous reprenons le gps, qui nous ramène jusqu’à Mandeure.

Nous avons fait 6 km de plus que prévu, nous avons dû suivre la GTJ sur 4 km maxi, mais nous avons malgré tout relié Chamesol à Mandeure. Une première étape foireuse, donc, mais on apprendra de nos erreurs et on se concentrera mieux que ça pour la suite.

Reprenant la voiture laissée à Mandeure, nous regagnons Montécheroux.

Au gîte, nous sommes très bien accueillis par Mme Huguenin-Richard, qui a gentiment accepté que nous débarquions avec les deux chiens. Crevés, nous mangeons, et nous nous couchons.

Bilan : 30 km de marche ; équivalent GTJ (si nous avions suivi le véritable itinéraire) : 22 km + 2 hors GR pour gagner le gîte.

 

26 mars : étape 2 : Chamesol – St Hippolyte

 

Le lendemain matin est difficile pour certain/e/s d’entre-nous, tandis que d’autres sont en pleine forme. Ce qui était prévu pour ce deuxième jour, c’était 15 gentils kilomètres ralliant Chamesol à Courtefontaine. Mais avec les courbatures et les ampoules récoltées la veille, il nous faut revoir la distance. Dans le gîte, il y a des prospectus qui proposent des PR autour de St Hippolyte, de distances et niveaux variés. Nous choisissons un modeste 10 km. Ainsi, à mon grand regret, nous laissons de côté la GTJ. A mon grand regret, parce que j’étais un petit peu venue là pour ça, mais il faut savoir s’adapter aux circonstances. Et d’ailleurs, le PR bleu est très joli.

Nous montons au-dessus de St Hippolyte, un petit dénivelé qui réchauffe les muscles. Céline et Emilie trichent un peu en se faisant traîner par les chiens, ou, devrais-dire : Emilie se fait traîner par Comète tandis que Céline vole derrière un Léon pas fatigué pour deux sous qui fonce comme un boulet de canon.

GTJ épisode 1 : Mandeure – St Hippolyte

Suivant notre balisage bleu, nous atterrissons finalement non loin de… Chamesol ! Et suivons la GTJ pour revenir sur St Hippolyte. Ou du moins la suivons-nous un temps, jusqu’à ce que notre balisage bleu s’en écarte, à ma grande surprise. Mais bon, nous suivons notre couleur sans nous poser de question.

On aurait dû.

L’erreur de la veille n’aura pas été une leçon suffisante : nous nous sommes engagés sur une autre rando bleue qui croisait la nôtre. Il nous faut plus de 2 km pour nous en rendre compte. En fait, Céline s’en rend compte au moment où les traits bleus ont complètement disparu du paysage, et qu’elle ne sait plus où aller (nous autres suivions bêtement sans faire attention, comme d'hab'). Agacés, découragés ou amusés (selon le degré de fatigue et de courbature de chacun) nous faisons demi-tour, retrouvons la GTJ et descendons sur St Hippolyte.

Vue sur St Hippolyte

Vue sur St Hippolyte

Nous aurons fait 15 km au lieu de 10. On mange tranquille, à 3h de l’après-midi, sur une table de pique-nique à côté d’un banc de petits vieux qu’on écoute l’air de rien, en souriant de leurs discussions. Ensuite, on reprend nos voitures et on rentre chez nous.

Bilan journée : 15 km ; équivalent GTJ : 5 km

Bilan épisode : 45 km de marche… 27 km sur la GTJ. On fera mieux la prochaine fois !

 

Et "la prochaine fois", elle est écrite ici

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14 octobre 2013 1 14 /10 /octobre /2013 15:17

Lundi 5 août 2013

Nous regagnons Bad Deutsch-Altenburg et retrouvons l'eurovélo 6 là où nous l'avions laissée. Le temps s'éclaircit, la journée sera belle. 

 

Nous passons en Slovaquie comme nous sommes passées en Autriche : sans nous en rendre compte. C'est encore raté pour la photo du panneau indiquant la frontière. 

 

Nous arrivons au bout de notre carte préférée. Avant d'aller plus loin, il nous paraît judicieux d'acheter un dernier guide. Après avoir traversé le Donau, qui s'appelle à présent Dunaj, nous entrons donc dans Bratislava au lieu de contourner.

 

C'est encore toute une histoire pour dégoter une librairie. Nous tournons en rond (oui, c'est une de nos spécialités), tombons sur un centre commercial, décidons finalement de nous arrêter manger (tant qu'à faire...).

Désormais habituées à cet exercice, nous nous mettons en quête de l'office du tourisme le plus proche. Ils n'ont pas de carte, mais nous indiquent une librairie au coin de la rue.

Danube Bike Trail - Part 3: Slovak and Hungarian Danube - From Vienna to Budapest, de Bikeline, vient remplacer Donauradweg 2 (que nous remercions chaleureusement).

 

Ce nouveau guide nous propose 2 possibilités pour le parcours Bratislava - Komarom. La première longe le Dunaj côté Slovaque, la seconde côté hongrois. Nous optons pour la seconde, plus longue d'une trentaine de kilomètres, mais qui semble proposer plus de campings. 

C'est ainsi que nous passons notre deuxième frontière de la journée, que le Dunaj devient Duna et que nous entrons en territoire hongrois.

 

Vingt-neuvième soir : camping à Dunakiliti. Où les douches sont encore communes. Mais pas mixtes, faut pas exagérer non plus...

 

Rapidement, nous prenons conscience que notre nouvelle carte n'est pas aussi géniale que la précédente : on s'y perd un peu, entre les différents parcours et les multiples alternatives proposées. C'est sa faute (et uniquement la sienne), si nous quittons malencontreusement la véloroute et nous égarons temporairement. Très temporairement car les patelins que nous traversons apparaissent sur notre carte, et nous nous retrouvons finalement à Mosonmagyarovar, là où nous voulions arriver. Je soupçonne même que nous avons réussi sans le vouloir à raccourcir notre trajet. Mais nous retenons la leçon : il va désormais falloir prendre le temps de lire la carte correctement. 

 

De nouveau sur l'eurovélo, nous continuons jusqu'à Györ, pensant naïvement dégoter un camping après avoir passé la ville. C'est raté (comme chaque fois qu'on pense naïvement, d'ailleurs).

A défaut de camping, nous croisons un type bizarre (oui, encore un, mais pas dans le même style que le premier). Celui-ci est vautré dans le fossé, son vélo à terre également. Nous nous arrêtons. Ma co-équipière s'approche prudemment en lui demandant si tout va bien. "Il a les phalanges en sang", m'indique-t-elle. Le type sort de son état d'inconscience. Nous lui proposons de l'eau, il nous répond avec agressivité, nous partons sans demander notre reste.

Pas bien rassurée par cette rencontre, il nous paraît inconcevable de s'arrêter dormir n'importe où. Le camping le plus proche est à plus de 30 kms d'après la carte. Apparemment nous n'avons pas le choix...

Notre morosité disparaît soudain lorsqu'apparaît...

C'est la première fois que Budapest est indiqué sur nos panneaux ! En réalité, il nous reste plus que les 120 kms annoncés, mais peu importe ! Revigorées par cette image, nous nous arrêtons finalement à Bana où nous louons une zimmer (= chambre, comprendre ici "chambre d'hôte") pour la nuit. Notre hôtesse nous sert à dîner une spécialité hongroise dont nous ne retenons pas le nom. Mais qui est bien bonne. 

 

Mercredi 7 août

Après un bon petit-déjeuner, nous quittons notre confortable zimmer.

Jusqu'à Nagyszentjanos (prononcez comme vous pouvez), pas de problème. Puis la véloroute devient chemin de terre/sable moyennement praticable. Des chemins de terre, des sentiers de forêt, nous en avons déjà eu, mais jamais aussi pourris que celui-là. Ce sont des VTT qu'il nous faudrait ! Péniblement, nous regagnons une route qui nous mène jusqu'à Komarom.

Ici, notre guide nous propose à nouveau deux itinéraires. Nous choisissons en fonction des campings indiqués sur la carte : nous continuerons donc sur la rive hongroise du Duna.

 

A la sortie de Komarom, la véloroute longe la route principale numéro 1. Ce n'est ni très agréable ni très joli, mais au moins c'est sécurisé.

Les complications arrivent au niveau d'Almasfüzito (prononcez encore comme vous pouvez). La véloroute disparaît sans crier gare et nous sommes contraintes de rouler au bord de la route 1, puis de la 10, frôlées par bon nombre de camions qui se rabattent dangereusement près de nous. Il n'y a même pas un tracé au sol qui indiquerait une piste cyclable ! La situation est très inconfortable. Nous décidons de nous arrêter dès que possible.

 

Un premier camping est indiqué à l'entrée de Dunaalmas, mais en réalité, il n'y a rien au bout de la rue. Un autre panneau nous annonce un second camping un peu plus loin. Nous trouvons le bâtiment en ruines. Dépitées, nous gagnons le camping de Neszmély. Heureusement, ce dernier propose restau et piscine qui nous remontent le moral. Cependant, nous ne pouvons écarter l'idée que demain, il nous faudra retourner sur cette grande route...

 

Alors, prenant notre courage à deux mains (nan mais c'est vrai, il nous en a fallu une bonne dose...), nous remballons nos affaires et repartons. Les kilomètres jusqu'à Labatlan nous paraissent interminables. Quand, enfin, une véritable véloroute réapparaît, elle continue de longer cette même route 10, en plein soleil, sans un poil d'ombre pour une petite pause. 

 

Il doit faire plus de 40°c, et nous sommes bien contentes d'arriver à Esztergom, ancienne capitale de la Hongrie. Nous mangeons sur une petite place quasiment déserte. Il n'y a presque personne aux terrasses. Nous reprenons nos vélos pour quelques centaines de mètres et nous accordons une très longue pause au pied de la basilique (que nous ne prendrons pas le temps de visiter).

8 août 2013 - Esztergom

8 août 2013 - Esztergom

En fin d'après-midi, nouvelle traversée du Duna. Nous sommes six Français sur le bac et échangeons avec bonne humeur nos parcours respectifs. C'est là que nous rencontrons Dominique, qui roulera avec nous jusqu'à Nagymaros et nous racontera ses différents voyages. Et nous l'écouterons longuement avec, avouons-le, envie et admiration. Nous ne sommes pas encore arrivées que déjà, il nous donnerait presque envie de repartir !

 

Vendredi 9 août

53. C'est le nombre de kilomètres qui nous séparent de Budapest. Dans un dernier effort, nous nous levons à 5h30. 

9 août 2013 - Nagymaros

9 août 2013 - Nagymaros

Un dernier ferry à Vac. Une dernière petite erreur de parcours qui ne nous coûte pas grand-chose. Les panneaux routiers et véloroutiers qui entament le décompte des kilomètres, ces derniers kilomètres qui nous paraissent les plus longs...

Et, enfin, nous entrons dans la capitale hongroise. Longeant le Duna, nous apercevons le Parlement sur l'autre rive, et de nombreux autres bâtiments magnifiques. Mais l'heure n'est pas encore au tourisme, il nous faut trouver un hôtel (oui oui, un hôtel. On s'est dit qu'on le méritait bien...).

Une heure plus tard, nos vélos sont garés dans le parking du Soho, ma coéquipière pionce dans la chambre parce qu'elle a chopé une insolation, et je me dirige vers la gare pour voir s'il est possible d'avancer nos billets de train d'une journée.

 

Le bilan

33 jours de voyage (journées de pause comprises)

Environ 1 590 kms parcourus

0 crevaison

0 journée de pluie

Inutile de dire que nous sommes fières de nous ! Ce que nous ignorons encore, c'est qu'il y aura plus tard un autre bilan à dresser : celui du retour...

 

Nous avions réservé nos billets de train pour un départ de Budapest le lundi 12 août au soir. Comme nous sommes arrivées avec une journée d'avance, nous aimerions partir également une journée plus tôt. Il nous faut aussi prendre des billets pour nos vélos (ce que nous n'avions pu faire par internet).

Je ressors de la gare deux heures plus tard après avoir fait quasiment tous les guichets. Et je n'ai de réponse ni pour avancer notre départ, ni pour les vélos...

 

Le soir, nous profitons des températures très douces pour une belle balade nocturne.

 

Le lendemain, nous retournons à la gare. A nouveau envoyées de guichet en guichet, il faut deux heures aux employés pour nous dire que le train que nous avions réservé n'accepte pas les vélos.

Ok... Comment on fait alors ? Vous ne pouvez nous proposer qu'un trajet jusqu'à Vienne ?? Bon bah on va prendre ça, ça nous rapprochera déjà un peu... Combien ? Rien que trois changements juste pour aller à Vienne ?! Nan mais si, on prend ça, toute façon on n'a pas le choix...

Bien sûr, il faut imaginer cette conversation dans un anglais approximatif, et avec de l'autre côté du carreau une dame absolument pas aimable.

Nous devons quitter Budapest demain, à 7h20, depuis la gare qui se situe à l'autre extrémité du centre-ville par rapport à notre hôtel. Tout va bien. Il ne nous reste donc qu'une après-midi pour visiter. Nous optons pour les cars touristiques qui font découvrir les principaux monuments de la ville. 

10 août 2013 - Budapest : vue depuis la citadelle

10 août 2013 - Budapest : vue depuis la citadelle

Nous finissons la journée sur un petit marché artisanal avec bouffe et musiciens.

 

Dimanche 11 août 

6h15 : nous récupérons nos vélos et quittons l'hôtel.

7h20 : nous embarquons dans notre premier train.

Vers midi : arrivée à Vienne après deux changements. Nous prenons des billets jusqu'à Munich.

21h30 : arrivée à Munich.

Lundi 12 août 

4h30 : départ de Munich après une "nuit" en gare.

14h30 : arrivée en gare de Besançon.

15h : derniers coups de pédales et WELCOME HOME.

 

Bilan du retour :

11 trains

31 heures entre le départ de Budapest et l'arrivée à Besançon.

 

Dur ! MAIS nous avons réussi, nous sommes allées jusqu'à Budapest à vélo ! Nous sommes rentrées, et bientôt (très bientôt), les mauvais souvenirs, on en rira ! 

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6 octobre 2013 7 06 /10 /octobre /2013 14:02

Lundi 29 juillet 2013

Après une nuit venteuse et pluvieuse, nous quittons le camping de Schalding. Le ciel est menaçant, les températures se sont sérieusement rafraîchies, mais pour l'instant il ne pleut pas, et finalement ça fait du bien de pédaler au frais. Nous évitons le centre de Passau (on a compris à quel point il est difficile de sortir des centres-villes sans tourner en rond pendant des heures...) et continuons en direction de l'Autriche. Avisant un cycliste qui prend des photos en même temps qu'il roule, nous tentons de l'imiter, mais les résultats de ces essais guère fructueux ne seront pas publiés ici.

 

Au bout de quelques heures, un doute nous envahit : quand sommes-nous censées passer la frontière ? Elle n'est pas loin de Passau, serions-nous déjà...? Les plaques de voitures nous le confirment : nous sommes en Autriche. L'effet "attention, je m'apprête à passer la frontière... ça y est !" est complètement raté. Inutile de s'attarder sur cette déception.

 

 

A Schlögen, la véloroute s'arrête tout net. Il faut prendre un petit bac, traverser le Donau et retrouver l'eurovélo sur l'autre rive. Heureusement, à deux, nous parvenons à réunir assez de monnaie pour payer la traversée.

 

 

Note à nous-mêmes : toujours avoir de la monnaie sur soi, on ne sait jamais quand une traversée par bateau sera incontournable...

 

Nous arrivons suffisamment tôt au camping d'Aschach pour un petit tour à pieds le long du Donau et faire amies-amis avec les canards du coin. Ensuite, il se met à pleuvoir à verse (alors que nous n'avions pas eu une goutte tant que nous étions à vélo !), et la journée s'arrête là.

 

Le lendemain, le temps est toujours frais et maussade. Pas terrible pour le moral, mais efficace pour les kilomètres. 

30 juillet 2013 - Ottensheim

30 juillet 2013 - Ottensheim

Nouvelle traversée par bac au niveau d'Ottensheim, puis longue halte à Linz : notre merveilleuse carte routière allemande s'arrête ici, il nous faut dégoter un autre guide. Après déambulation, nous tombons sur le centre commercial Lentia City, achetons "Donauradweg 2 Von Passau über Wien nach Bratislava" ainsi que deux menus McDo parce qu'il ne faut quand même pas se laisser aller. 

Note à nous-mêmes : McDo à emporter pour un trajet à vélo = mauvaise stratégie. 

 

Après calcul de notre itinéraire, nous réalisons que notre journée de repos à Vienne risque de tomber un dimanche. Pour éviter de renouveler l'erreur de Passau, nous décidons d'accélérer notre rythme. Rattraper le petit retard qu'il nous reste. Arriver avec une journée d'avance. Pas sûres d'y arriver, ça ne coûte rien de tenter le coup...

 

Vingt-troisième soir : camping à Au a.d. Donau.

 

Mercredi 31 juillet

Il fait de nouveau beau. La véloroute est plate, bien goudronnée, facile. Nous arrivons sans encombres à Grein (nom que nous prononçons en français et qui du coup nous fait bêtement marrer).

31 juillet 2013 - Grein

31 juillet 2013 - Grein

C'est là qu'un deuxième incident technique se produit (j'ai passé sous silence le pneu lisse qu'il a fallu changer car cela ne nous empêchait pas de rouler) : installée (de manière instable, je l'avoue) dans un parking vélo classique, ma monture se casse soudainement la figure, entraînée par les kilos de bagages. La roue avant, restée bloquée dans son emplacement, se voile. Ou plutôt, se tord au point d'être complètement hors d'usage. Un peu de chance dans notre malheur : un magasin de vélos nous tend les bras de l'autre côté de la rue. Le pneu râclant gentiment contre le garde-boue, nous traversons et expliquons au réparateur que "the tire is dead" (ce qui n'est pas tout à fait juste, le pneu va relativement bien, c'est la roue qui est morte, mais peu importe, le réparateur n'a pas besoin de cette précision pour dresser son constat).

En dix minutes, la roue est changée, et je repars plus légère de presque 70€, consciente de m'être fait arnaquer, mais n'ayant guère le choix.

 

Nous mangeons à Grein, décidons de rester sur cette rive du Donau plutôt que de traverser pour suivre la véloroute officielle (mauvais plan, nous nous retrouvons à longer une route, pas très agréable), retombons sur une variante de l'eurovélo 6 à Ybbs et terminons au camping de Granz. Granz, la ville morte. Granz, où des gens font de la rando-vélo suivis de deux voitures qui apportent tentes, barbecue, aspirateur. Là, on se dit qu'on a tout vu...

 

Juillet laisse place à août. Le paysage autrichien est vraiment plaisant : nous longeons toujours le Donau, traversant des vergers ; sur l'autre rive, quelques cultures en terrasse, des ruines auxquelles on accède par un escalier taillé dans la pierre.

1er Août 2013 - Mautern a.d. Donau

1er Août 2013 - Mautern a.d. Donau

Vingt-cinquième soir : camping à Zwentendorf (pour info : l'emplacement se paie au restaurant à côté).

 

Une quarantaine de kilomètres nous sépare de Klosterneuburg, où se situe notre prochain camping. Nous parcourons la distance dans la matinée et nous y installons en tout début d'après-midi. A la réception, on nous donne plans, dépliants et autres prospectus sur Wien. On nous explique également comment gagner la capitale.

Un car. Un métro. Et ça y est. Nous sommes vendredi 2 août. Nous avons rattrapé notre retard et pris une journée d'avance. Nous sommes à Wien ! 

 

Nous achetons un pass 48h qui donne accès à l'ensemble des transports en commun de la ville (exception faite du car Wien-Klosterneuburg, évidemment...). Il existe également une formule transports en commun + réductions dans de nombreux musées.

Fin d'après-midi, nous découvrons le château du Belvédère, son jardin, ses statues, ses fontaines.

2 août 2013 - Vienne : Château du Belvédère

2 août 2013 - Vienne : Château du Belvédère

Puis, notre pass en poche, nous embarquons dans un bus au hasard. Le soleil se couche, nous passons devant le parlement, le long du quartier des musées, devant plusieurs églises et cathédrales. 

 

Il fait nuit. Nous descendons du bus près d'une église. Sur son mur est fixé un immense écran blanc. A proximité, des dizaines de petites baraques cuisine du monde. On peut manger indien, chinois, mexicain...

Il s'agit d'un festival : chaque soir, un concert, un opéra, un ballet, un film en lien avec la musique, est projeté sur l'écran géant. Un peu partout dans le petit marché, des enceintes retransmettent la musique. Ce soir, nous sommes trop crevées pour rester, mais demain...

 

Samedi 3 août : journée de pause à Wien

Pour la première fois depuis quatre semaines, chacune part seule de son côté. Musée Klimt pour l'une, musée Freud pour l'autre. Mais même en s'organisant de cette façon, nous n'aurons jamais le temps de voir tout ce que nous voudrions.

 

Après Freud, je vais admirer l'entrée de la bibliothèque nationale puis erre un moment dans le quartier des musées.

3 août 2013 - Vienne : Quartier des musées

3 août 2013 - Vienne : Quartier des musées

Nous nous retrouvons dans la cour du Leopold-museum, mangeons un morceau dans un parc, puis prenons la direction du palais impérial pour la visite des appartements de Sissi, François-Joseph et Marie-Thérèse d'Autriche.

Retour dans le centre-ville pour quelques incursions dans les églises et vieux quartiers. Et, le rendez-vous à ne pas manquer : le festival. Ce soir est projetée La Bohême, chantée en italien sous-titrée allemand. Nous ne comprenons rien aux paroles mais profitons des voix et musiques, du petit marché, des températures douces malgré la nuit tombée. Nous sommes cependant contraintes de partir au deuxième acte, par peur de ne plus avoir de car pour rentrer au camping. 

 

Dur de se lever le lendemain. Dur de quitter Wien alors qu'il reste tant de choses à faire et à voir. Nous nous perdons dans le centre-ville (classique), parvenons à rejoindre l'eurovélo 6 au niveau du Prater et quittons la capitale autrichienne. 

 

Quelques kilomètres plus loin, la véloroute traverse une succession de plages de nudistes. Nous qui pensions avoir tout vu... 

 

Nous entamons la grande ligne droite qui figure sur notre guide. Comme on pouvait s'y attendre, c'est monotone. En plus, le temps se couvre et le camping n'est pas tout près. 

 

En chemin, un type nous parle de Dieu et essaie de nous refourguer un dépliant pour des réunions religieuses. Autant par crainte de la pluie que pour fuir ce monsieur qui pourrait nous tenir la jambe pendant des heures, nous accélérons.

Il nous faut traverser le Donau à Bad Deutsch-Altenburg puis revenir environ 6 kms en arrière sur l'autre rive pour atteindre le camping de Petronell-Carnuntum. Enfin, "camping"... c'est un bien grand mot. "Ancien micro-complexe sportif" serait plus approprié. Quelques terrains de tennis couverts entourés d'une petite cour où planter la tente ; pas de sanitaires en tant que tels, mais les anciens vestiaires avec -chez les femmes en tout cas- un unique toilette et des douches communes.

Wien nous manque déjà !!

 

Un gros orage vient clôturer cette quatrième semaine et nos 1 293 kms. Et, pour prouver que nous n'avons pas tout le temps la poisse : notre tente ne prend pas l'eau.

 

Direction la dernière semaine de route

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1 octobre 2013 2 01 /10 /octobre /2013 12:16

Lundi 22 juillet 2013

Bye bye l'étrange jugendherberge de Günzburg, où nous étions quasiment les seules personnes entre 16 et 30 ans. 

Nous rejoignons la véloroute (quittée la veille pour entrer dans le centre de Günzburg) qui s'enfonce dans les bois. Depuis hier déjà, certains tronçons ne sont pas goudronnés et les VTC ne sont pas du luxe.

Nous prenons quelques instants pour consulter notre merveilleuse carte routière qui ne sert pas à grand-chose sur les chemins de terre. Quatre cyclistes (deux hommes, deux femmes) s'arrêtent près de nous pour vérifier les panneaux. Ils parlent français. Remarquent que nous aussi. Ils sont Suisses et vont jusqu'à Passau. Nous faisons un petit bout de chemin ensemble, puis ils partent devant, bien plus rapides que nous. Pour notre défense, ils n'avaient pas leurs bagages à transporter. Mais de toute façon, nous les rattrapons quelques kilomètres plus loin. Au carrefour suivant, pour être exacte. Ils sont encore en train de débattre de la direction à suivre. Nous les doublons, sûres de notre route. Ils nous suivent, nous doublent à nouveau. Jusqu'au carrefour suivant... Le petit jeu dure une partie de la matinée, jusqu'à ce que nos chemins se séparent. Nous suivons l'eurovélo 6, eux vont tenter une variante. Une rencontre bien sympathique. 

 

Est-ce à cause d'une mauvaise indication ou d'un moment d'inattention, nous ne saurions le dire, mais dans l'après-midi nous quittons l'eurovélo 6 sans le vouloir. Nous suivons une véloroute qui longe la nationale 16. La carte nous indique que la 16 file tout droit vers Donauwörth, notre destination. Il n'y a donc qu'à la suivre. L'eurovélo est peut-être perdue, mais pas nous ! 

 

La jugendherberge de Donauwörth affiche complet. Deux soirs de suite, ça commence à faire beaucoup. L'été est bien avancé, à peu près tout le monde doit être en vacances maintenant. Il faudrait songer à se méfier et à réserver nos prochaines chambres... La responsable de la jugendherberge, habituée, nous indique un canoë-club pas très loin d'ici où il est possible de camper. Nous nous y rendons. Il y a le minimum vital : douche et toilettes, pour pas cher. Nous n'en demandons pas plus !

22 juillet 2013 - Canoë club de Donauwörth

22 juillet 2013 - Canoë club de Donauwörth

Le lendemain, nous retrouvons la véloroute sans (trop) de difficultés (le passage par l'office du tourisme de Donauwörth est salutaire !). Tout juste le temps de faire une petite grimpette que PAF, au détour d'un carrefour, qui apparaît ? Nos quatre amis suisses croisés la veille ! Après quelques échanges sur nos parcours respectifs, le petit manège recommence : ils nous devancent ; s'arrêtent aux carrefours ; nous les rattrapons ; les dépassons... "Elles ont la carte dans la tête !" s'exclament-ils. Mais non. Nous avons seulement regardé notre itinéraire la veille au soir et lu les noms de patelins à traverser. Pour le reste, nous nous contentons de suivre les panneaux.

Nos quatre compagnons continuent leur route alors que nous nous arrêtons pour une pause près d'une petite rivière tellement glacée qu'on ne peut guère y tremper plus que les pieds. Sur le Danube, des bateaux patientent :

23 juillet 2013

23 juillet 2013

Plusieurs heures plus tard, nous nous apprêtons à entrer dans Ingolstadt, la ville où nous passerons la nuit. Et là, oui, ce sont bien eux. Nos quatre Suisses, aussi amusés que nous de ces croisements, décroisements et recroisements. Ils vont à l'hôtel, nous continuons jusqu'au camping. 

Le ciel s'est couvert, nous craignons un orage. Mais, arrivées plus tôt qu'à l'accoutumée, nous prenons le temps de faire le tour du lac à pied. C'est agréable, de marcher. 

 

Mercredi 24 juillet

Le ciel est toujours menaçant. Pour la première fois, nous couvrons nos sacoches en prévision d'une averse. 

De-ci de-là, nous rencontrons quelques soucis au niveau des panneaux indicateurs qui, sans que l'on en comprenne l'utilité, font suivre des routes qui rallongent plutôt que de longer simplement le Donau. Nous n'avançons pas aussi vite que nous le voudrions. Cela ne nous empêche pas de faire une pause.

Quatre vélos au loin. Pas possible, est-ce que ce serait encore...? Non, nos amis suisses partent plus tôt que nous et vont plus vite, ils doivent être loin devant à présent ! Pourtant, les cyclistes ralentissent. S'arrêtent. 

-C'est vraiment incroyable ! lance un des messieurs.

-Comment ça se fait que vous n'en êtes que là ? leur demande-t-on.

-Et bien pour tout dire, ce matin on a rejoint le Danube et on l'a longé. Dans le mauvais sens, avoue-t-il.

Et l'autre monsieur de préciser :

-Je t'avais dit que tu retournais direction Ulm et que je ne te suivrai pas par là ! C'est pourtant pas compliqué de suivre le courant !

Nous nous moquons gentiment et roulons de concert jusqu'à Vohburg. Là, nous faisons une petite photo de groupe pour immortaliser cette rencontre, certains que nous ne nous recroiserons plus. Ils partent de leur côté visiter le village tandis que nous reprenons la route.

24 juillet 2013

24 juillet 2013

Dans l'après-midi, le temps se fait encore plus menaçant. Le vent se lève, l'orage gronde. Comme par hasard, à ce moment-là nous sommes dans une suite de montées-descentes (majoritairement de montées, en fait...) en pleine forêt, sans véritable abri, et avec une véloroute qui risque de devenir boueuse et glissante si la pluie venait à tomber. Parfois à côté, parfois sur le vélo, nous pressons l'allure.

A la sortie de la forêt, nous arrivons sur une route. Il n'y a aucun panneau indicateur, nous tentons une direction, apprécions une bonne descente. C'est une fois en bas que les panneaux routiers nous indiquent notre erreur. Il nous faut remonter tout ce que nous avons descendu. Pour couronner le tout, les vélos déraillent une fois chacun.

Enfin, nous arrivons sur Kelheim. Vu le temps, il serait peut-être plus judicieux de dormir à l'auberge de jeunesse. Après un passage obligé par l'office du tourisme, nous appelons la jugendherberge. Pu de place. Il se met à pleuvioter. Ne manquerait plus qu'une crevaison pour que le tableau soit complet. Heureusement, cela n'arrive pas, et nous gagnons sans trop de problèmes le camping d'Herrnsaal. Camping à la ferme, pas cher. Toujours ça d'économisé. 

 

Jeudi 25 juillet

Au matin, toute la vallée est plongée dans le brouillard. Il semble faire très gris, cela n'est guère encourageant. Mais les nuages se lèvent très vite et nous partons sous le soleil.

(Note à  nous-même : se méfier des lapins de ferme qui bouffent les fils de tente)

 

 

Nous déjeunons à Regensburg et fêtons avec joie la moitié du parcours ! Entre les problèmes de vélo et la rage de dent (sans compter les maux de fesses et de cuisses !) qui aurait cru que nous arriverions jusque-là ?     

 

Le soir, nous optons pour Wörth a.d. Donau. Il n'y a pas de camping dans le village mais quelques entrées de champs paraissent prometteuses. Nous posons à peine pied à terre près de l'église qu'une femme en voiture s'arrête. Elle ne parle pas anglais mais connait les bases du français. Plutôt surprenant ! Nous lui expliquons que nous cherchons un endroit pour dormir. Elle nous emmène jusqu'à la pension, mais une fois encore, c'est complet. 

"Venez chez moi", décide-t-elle. 

Nous la suivons. Elle commence par nous offrir une glace pour le goûter pendant que nous nous demandons où nous allons bien pouvoir planter notre tente sans abîmer le beau gazon. Puis elle nous fait descendre au sous-sol. Là, Ô surprise ! Elle nous fait visiter un magnifique appartement ! Salon, cuisine, salle de bain et chambre, tout cela rien que pour nous ! Nous nous extasions, nous débarbouillons, nous extasions encore. Si nous avons la poisse avec le matériel et les jugendherberge, nous avons une chance inouïe quant aux gens que nous croisons sur notre chemin. Mais notre chance ne s'arrête pas à ce superbe appartement... Après nous avoir présenté sa fille, son fils, sa petite-fille et son mari, notre hôtesse nous invite à dîner ! Nous mangeons avec elle et son mari. Celui-ci ne parle ni anglais ni français, et sa femme doit jouer les interprètes. Malgré les difficultés de compréhension, nous passons une bonne soirée. 

 

Le lendemain matin, le petit-dèj' nous attend. Le couple nous informe que les températures devraient avoisiner les 40°C pour toute la fin de semaine. Ils nous questionnent sur notre itinéraire du jour. Nous prenons congé en notant leur adresse, leur promettant de leur envoyer une carte à notre arrivée à Budapest. Comme dernière marque d'attention, la femme monte sur son vélo et nous remmène jusqu'à la véloroute. Elle s'assure que nous la reprenions dans le bon sens avant de nous saluer et de tourner vers le village. 

 

Déjeuner à Straubing.

 

Le soir, nous dégotons un petit camping quelques kilomètres avant Deggendorf. Il se situe le long de la véloroute, on dirait un camping à la ferme, sur le coup c'est parfait. Mais en fait, le tarif nous paraît élevé au vu des services proposés. Et la petite route est très utilisée la nuit : contrairement aux apparences, le coin n'est pas calme du tout. Nous dormons très mal. Surtout que, nous souvenant des conseils de nos hôtes ce matin, nous avons décidé de nous lever plus tôt afin de pédaler à la fraîche.

27 juillet 2013

27 juillet 2013

Inutile de dire que le réveil est difficile.

Il est 6 heures. Nous avons au moins droit à un beau lever de soleil...

 

Nous arrivons à Vilshofen a.d. Donau vers 13h après avoir longé une nationale un brin dangereuse (les panneaux de la véloroute nous paraissaient suspects, nous n'avons pas osé les suivre. ERREUR). Il fait tellement chaud que nous nous dégotons une petite cahute au bord du Donau et restons plusieurs heures dans un état larvaire, immobiles et transpirantes. Heureusement que les vélos sont là pour prouver notre statut de cycliste, sinon on passerait presque pour des clodos.

Ce n'est que vers 16h30 que nous trouvons le courage de bouger. Après les petites difficultés classiques pour retrouver la véloroute et la prendre dans le bon sens, nous repartons.

Nous réservons deux nuits au camping de Schalding, à quelques kilomètres de Passau.

Passau, notre première vraie journée de pause depuis que nous sommes parties ! (Fridingen ne compte pas vues les circonstances) 

 

Dimanche 28 juillet

Aujourd'hui, nous ne touchons pas aux vélos ! Pour gagner Passau, nous prenons le bus. Il nous dépose au centre-ville. A peine avons-nous marché un quart d'heure que déjà, notre enthousiasme retombe. Dimanche. Tout est fermé. Les rues sont presque désertes, seuls les touristes sont de sortie. Les églises sont fermées à cause de la messe. Il semble n'y avoir absolument rien à faire. Errance dans les rues... C'est là que, fait inattendu, nous repérons deux personnes un peu plus loin...

-Ce seraient pas deux de nos Suisses ?! s'étonne ma co-équipière.

-Tu crois ? (je n'ai jamais été particulièrement physionomiste, et pour ma défense, ils ne portaient plus leurs casques et leurs lunettes de soleil, et ça change TOUT)

-Bah oui, je crois...

-ça fait deux jours qu'on ne les a pas croisés, ce serait un truc de fou...

-Si ! Si, c'est eux, je reconnais le sac de la dame ! 

Le sac. LE détail qui nous permet de nous approcher et de lancer un joyeux bonjour. C'étaient bien eux. Nous discutons de ce qui nous est arrivé depuis la dernière fois, trois jours plus tôt. Puis nous nous séparons, pour de bon cette fois, puisque l'équipe suisse s'arrête ici. Nous continuerons seules.

Midi. Heureusement, les restos sont ouverts. Il commence à faire très chaud. Après manger, nous nous réfugions dans une église -à présent accessible au public- dont l'architecture et la décoration nous occupent un certain temps. Faut l'avouer : c'est très joli. Au bout d'un moment, je ressors déambuler dans les rues, m'arrête écouter un petit orchestre qui joue à la terrasse d'un café, marche jusqu'au confluent du Donau, de l'Inn et de l'Ilz. Les eaux qui se rencontrent ici ont chacune une couleur différente. Le résultat est surprenant. 

Je retrouve ensuite mon équipière dans l'église, pas tout à fait là où je l'avais laissée mais presque. S'ensuivent ensuite une série de cocas et de glaces, puis un trempage de pieds dans une des fontaines. Nous reprenons le bus en faisant des traces d'eau, et moi un vieux "schpouik schpouik". 

 

Un peu déçue de notre journée de repos, nous ne regrettons pas de quitter Passau. S'il y avait des choses à voir (et il y en avait, à n'en pas douter), nous les avons manquées. 

 

Passau clôture notre troisième semaine de voyage. Nous en sommes à 911 kms et avons toujours un peu de retard sur notre planning de départ. Demain, nous gagnons l'Autriche...

Direction lundi 29 juillet

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24 septembre 2013 2 24 /09 /septembre /2013 12:56

Lundi 15 juillet 2013

(pour la semaine précédente : ici)

Nous nous pointons à l'office du tourisme de Schaffhausen.

Coup de chance : il existe dans la ville un magasin de réparation qui ouvre le lundi après-midi !

Le hic : il faut s'y rendre en bus.

Heureusement, ici, les vélos sont acceptés dans les transports en commun. MAIS entre les sacoches, les sacs de couchage et le reste, nos vélos sont deux fois plus larges que la moyenne (et aussi bien plus lourds, n'oublions pas !). Nous effectuons donc notre trajet en bloquant l'allée et l'ouverture de la porte centrale, tenant nos vélos instables et nous-mêmes avec difficultés, se demandant comment réussir à descendre sans se casser la figure (réflexions qui s'avèrent inutiles puisque je me casse quand même la figure en descendant).

Nous arrivons devant le magasin avec plus d'une heure d'avance sur l'ouverture, pleines d'espoir, même si la perspective de poireauter dans cette pseudo-zone commerciale le long de cette grande route, à côté de cette station-service sans toilettes gâche un peu notre bonne humeur. Et cette bonne humeur déjà bancale s'étiole à mesure que les minutes s'égrènent, que l'heure d'ouverture approche et que le réparateur n'apparaît pas. L'heure d'ouverture passe. Les minutes continuent de s'égrener. Toujours rien. Prises d'un sérieux doute, nous interrogeons la dame qui gère le magasin voisin. Elle nous indique que le réparateur de vélos est exceptionnellement absent aujourd'hui, c'est écrit en gros sur la vitrine.

 

Note à nous-mêmes : prochain voyage à l'étranger, connaître les mots "magasin fermé" ainsi que les jours de la semaine...

 

Après un retour en bus aussi périlleux que l'aller, nous décidons de parcourir les 18 kms qui nous séparent de Stein am Rhein, dépitées d'avoir perdu du temps.

Le vélo pétouille, merdouille et déraille plus que jamais, mais nous parvenons à destination.

 

Huitième soir : camping à Stein am Rhein.

 

Mardi matin. Nous nous précipitons chez le réparateur de vélo de la petite ville. A l'aide d'un anglais approximatif, de gestes et de bruitages (très importants, les bruitages), nous lui expliquons le problème. Il accepte de réparer le vélo dans la matinée. Cela nous laisse le temps de déambuler dans la grande rue de Stein am Rhein.

Toutes les façades sont couvertes de fresques, différentes d'une maison à l'autre. Certaines chargées, d'autres plus softs, les couleurs varient, les thèmes se suivent parfois sans logique. Quelles sont les histoires de ces maisons ? Pourquoi cette scène sur ce mur ?

15 juillet 2013 - Stein am Rhein

15 juillet 2013 - Stein am Rhein

Nous récupérons le vélo, mangeons, puis quittons Stein am Rhein en début d'après-midi. Direction le Lac de Constance... et l'Allemagne. 

16 juillet 2013 - Lac de Constance

16 juillet 2013 - Lac de Constance

Arrivées à Radolfzell, nous réalisons que nous avons manqué le raccourci qui relie Schaffhausen à Donaueschingen (la source du Danube). Deux choix s'offrent alors à nous :

- suivre le parcours "officiel" de l'eurovélo 6 : c'est à dire rejoindre Donaueschingen depuis Radolfzell (mais cela nous fait revenir vers l'ouest, alors que la suite du parcours va plein est).

- prendre un raccourci qui nous amène directement à Tuttlingen (mais alors nous ne verrons pas la source du Danube).

Il faut voir les choses en face : nous avons déjà deux jours de retard sur notre planning. Déçues, nous choisissons la seconde option. 

Nous achetons au passage une carte routière de l'Allemagne et pédalons encore quelques kilomètres pour nous poser au camping de Wahlwies.

 

Mercredi 17 juillet

Le jour qui restera dans nos mémoires comme "l'étape Tuttlingen", ou "l'étape-la-plus-difficile-de-notre-parcours", ou "l'étape-qui-n'en-finissait-pas-de-monter". Les différents témoignages sur internet avaient prévenu : ça grimpe. Nos cuisses et mollets le confirment. Ils le hurlent, même. Péniblement, nous arrivons au point le plus élevé. Et enfin, nous entamons la descente sur Tuttlingen. 

... où nous ne trouvons pas de camping. Pas le choix, nous passons notre chemin malgré la fatigue.

 

Quelques kilomètres plus loin, nous croisons un serpent qui faisait bronzette sur le bitume (détail d'une importance négligeable, je vous l'accorde).

 

Depuis Tuttlingen, nous longeons le Danube (Donau) et, à Fridingen, prenons le temps de faire un peu plus ample connaissance avec ce nouveau compagnon de route.

17 juillet 2013 - Fridingen

17 juillet 2013 - Fridingen

Ce soir-là, nous atterrissons finalement quelque part entre Fridingen et Beuron, sur une presqu'île privée louée par une colonie de vacances allemande. Les monos et la directrice nous laissent nous installer un peu à l'écart, nous autorisent à squatter douches et toilettes et nous servent même une énorme assiette de crudités et charcuteries. Quelques-uns parlent français, les autres anglais, nous échangeons avec gaieté nos expériences véloroutardes respectives.

 

Le lendemain, un nouveau problème nous tombe dessus : une rage de dent. Comme pour le vélo : ça couvait depuis plusieurs jours, mais à présent, impossible de l'ignorer plus longtemps ! Nous ne pouvons pas continuer avec une cycliste qui ne dort plus, ne mange plus et souffre 24h/24. Nos monos préférés nous indiquent que le dentiste le plus proche se trouve à Fridingen. 

Je passe les détails médicaux. Sachez simplement que le dentiste de Fridingen prend sans rendez-vous, qu'il parle anglais et qu'il est très sympathique. Mais malgré toute sa bonne volonté, il ne parvient pas à soulager la douleur aujourd'hui. Il nous faut revenir demain pour une nouvelle tentative. 

La directrice de la colo nous autorise à rester une nuit de plus avec eux. 

Nous sommes coincées ici, frustrées de ne pas pouvoir repartir alors que nous étions sur le point de rattraper notre retard, inquiètes quant au rendez-vous dentaire du lendemain, et très douloureuse pour l'une de nous.

18 juillet 2013 - Entre Fridingen et Beuron

18 juillet 2013 - Entre Fridingen et Beuron

On ne va pas faire durer le suspens plus longtemps : le lendemain, le dentiste parvient (non sans mal) à soigner la dent malade. Nous quittons la presqu'île après avoir chaleureusement remercié la directrice et les monos.

 

Douzième soir : camping de Sigmaringen.

 

 

Journée suivante : rien de particulier à signaler. Nous avons pris pas mal de retard, serons-nous capable de le rattraper ? 

Nous campons à quelques kilomètres d'Ehingen, près d'un lac. Il ne s'agit pas d'un camping à proprement parler, juste d'un emplacement limité sur la "plage" où les tentes sont autorisées. Du coup, nous avons failli passer à côté sans le voir. Le type de la cabane à frites nous demande 8€ pour la nuit. Je le soupçonne de nous avoir arnaquées...

 

Dimanche 21 juillet

Après une mauvaise nuit (merci à nos voisins particulièrement bruyants), une petite baignade dans le lac (les douches étant 1. payantes, 2. crades, on s'en est passé...), nous partons direction Ulm. 

 

Ulm semble être une jolie ville. "semble", car nous n'en voyons pas grand-chose : un festival a lieu (justement) ce week-end et tout le centre-ville est fermé. Incapables de retrouver la véloroute, nous tournons un peu en rond, jusqu'à ce qu'un monsieur avec des faux-airs de père noël (il a une barbe blanche, c'est un critère suffisant), un vélo en guise de traineau, nous propose son aide. Habitué, il nous guide à travers rues et boulevards jusqu'à ce que nous retrouvions notre chemin. Il s'assure que nous le reprenions dans le bon sens, puis s'éloigne.

 

Nous arrivons sur Günzburg en tout début de soirée. Suivons un panneau "camping" sans jamais trouver le camping en question. Dégotons un autre panneau pour un autre camping que nous ne trouverons jamais non plus. Tentons de suivre les indications "Jugendherberge" [auberge de jeunesse] dont la prononciation nous échappe toujours mais que nous savons reconnaître visuellement. Pas mieux. Les indications laissent à désirer. Il nous faut interroger plusieurs personnes pour dégoter la Jugendherberge (non sans avoir tenté de suivre l'unique panneau "zeltplatz"...).

Etrange, la Jugendherberge de Günzburg. Accueil fermé à 18h, il faut téléphoner à la responsable qui ne cause ni français, ni anglais... Pratique. Heureusement, un couple nous vient en aide et passe le coup de fil pour nous.

Pas de bol : l'établissement est complet.

Un peu désespérées, nous repérons le camping le plus proche sur une carte accrochée dans le hall, notons les noms des rues à emprunter pour y parvenir et repartons. Deux rues plus loin, nous sommes déjà paumées et revenons à la Jugendherberge. Nous demandons au couple (patients et très serviables, ces gens) de téléphoner à nouveau à la responsable : nous avons une tente, pouvons-nous la planter dans le jardin de l'auberge, quitte à payer quelque chose pour l'eau des douches et l'accès aux toilettes ? 

Retournement de situation : une chambre est libre au premier étage ! Il est 21h. Il nous a fallu plus de deux heures pour trouver un endroit où dormir...

 

Fin de la deuxième semaine, 589 kms depuis le début du voyage au lieu de 600 et quelques. Fatiguées, un peu découragées, mais contentes de dormir dans un vrai lit !

La suite en Semaine 3 !

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17 septembre 2013 2 17 /09 /septembre /2013 21:54

L'idée est venue comme ça, peu de temps après l'achat de nos vélos et nos premiers coups de pédales sur la véloroute en bas de chez nous.

J'ai dit : "Je crois que cette véloroute va jusqu'à Budapest, j'aimerais bien essayer d'y aller, un jour".

Ma voisine a répondu : "C'est parti, on y va".

C'était il y a un an. 

 

Alors certes, on a préparé nos étapes et acheté un minimum de matériel. Mais globalement, on peut dire qu'on est parties un peu à l'arrache.

Exemple 1 : pas de carte.

Exemple 2 : pas d'entraînement (environ une sortie de 30 kms à vélo toutes les deux semaines, seulement sur mai et juin).

Exemple 3 : aucune connaissance technique, ne serait-ce que pour changer une chambre à air.

Mais on part quand même, au pire on avisera en chemin.

 

Nous sommes le 8 juillet 2013. Il fait beau. La véloroute est -relativement- plate. On se dit "trop facile". C'est sans compter sur le poids des bagages auquel il faut s'habituer (les sacoches n'ont pas été pesées avant le départ, mais entre la tente, les sacs de couchage, les fringues et autres trousses à pharmacie, on doit bien en avoir pour au moins 10 kgs sur chaque vélo) et le vent de face (vislard, le vent de face). Bref, au rythme de deux nanas n'ayant presque jamais fait de vélo, nous prenons la route. 

08.07.2013

08.07.2013

Premier soir : camping à Isle-sur-le-Doubs. Nous avons fait 66 (misérables) kilomètres et avons déjà mal partout. Aurions-nous vu un peu grand ?

 

Le lendemain, tant bien que mal, nous repartons. 

Il fait toujours beau (mais je vais arrêter de le préciser, ça va vite devenir répétitif), la véloroute est bien goudronnée, le chemin bien indiqué, tout se passe plutôt bien. Sauf que nous n'atteindrons jamais l'étape prévue (voir paragraphe précédent : on a de plus en plus mal partout) et qu'il n'y a pas de camping dans le coin.

Qu'à cela ne tienne. Un monsieur fort sympathique (il y en aura un certain nombre le long du trajet) nous indique une aire de stationnement pour campings-cars à Montreux-Château. Nous y trouvons un coin d'herbe pour planter la tente, pas bien sûres que ce soit autorisé. Partant du principe qu'on ne fait rien de mal et qu'on sera polies avec les voisins, nous restons. 

 

09.07.2013 Montreux-Château

 

Et finalement, personne ne nous vire. 

 

10.07.2013 Près de Mulhouse

 

 

Le troisième jour, nous passons Mulhouse. Nous n'avons toujours pas de carte. Du côté de Kembs, nous restons perplexes devant les panneaux qui nous font tourner en rond. La route le long des canaux est facile et agréable. 

 

 

 

Troisième soir : camping de Huningen (dont la localisation nécessite un peu de persévérance). Ce sera notre première rencontre avec "les Coléoptères" (qui n'en sont peut-être pas, mais c'est ce à quoi ils ressemblent le plus, d'après nos connaissances limitées en entomologie), de gros insectes qui ne sortent qu'au coucher du soleil et se rentrent dès que la nuit devient fraîche. A priori pas dangereux (en tout cas, ils ne piquent pas), ils n'en sont pas moins désagréables.

Une micro-promenade nocturne à pieds nous amène à traverser la Passerelle des Trois Pays (France, Allemagne et Suisse), record du monde de la plus longue passerelle réservée aux piétons et vélos, d'après Wikipédia.

Demain, nous serons en Suisse.

 

Quatrième jour : l'entrée dans Bâle est compliquée par de gros travaux. Il nous faut un peu de temps pour trouver le centre, et surtout s'y repérer. Ce soir, ce sera auberge de jeunesse. Nous y laissons vélos et bagages et passons l'après-midi et début de soirée à marcher au hasard dans la ville.

11.07.2013 Basel Town's Hall - Bâle

Posées au bord du Rhin, nous observons avec curiosité les nageurs qui se laissent dériver dans le fleuve, leurs affaires enfermées dans des sacs étanches.

 

Bâle est une belle ville, quand on y est, on n'a pas envie d'en repartir. Et même quand on a envie, on a bien du mal. En ressortir est un vrai calvaire, les panneaux semblent se contredire. Il nous faut bien deux heures pour réussir à quitter la ville en étant à peu près sûres d'être dans la bonne direction. Là, nous prenons conscience qu'une carte ne serait pas du luxe. 

 

12.07.2013

Les deux jours qui suivent Bâle sont géographiquement un peu flous.

Heureusement la véloroute est plutôt bien indiquée : tant qu'on reste dessus, on n'est pas perdues ! 

 

Cinquième soir : nous n'avons aucune idée de l'endroit où nous sommes, et encore moins s'il y a un camping dans les environs. Le soleil déclinant dangereusement, nous nous arrêtons dans une ferme et demandons asile. La propriétaire des lieux nous laisse installer la tente à côté de l'enclos à chevreuils. Un peu plus loin, des autruches vivent leur vie sans se soucier de notre arrivée.

 

 

Le lendemain, nous passons Koblenz, notre seul point de repère digne de ce nom. Un des vélos commence à faire des siennes (en fait, il faisait des siennes depuis le début, mais disons que les problèmes ont subitement empiré). Soucis de dérailleur, certaines vitesses ne passent plus. C'est samedi après-midi, tous les magasins de réparation sont fermés... et ne rouvriront pas avant mardi, aux dires des gens qui tentent (vainement) de nous venir en aide.

13.07.2013 Bad Zurzach

 

En fin d'après-midi, nous atteignons une grande aire de pique-nique au bord du Rhin. Le paysage est magnifique, il y a des tables, des bancs, de quoi faire des barbec', des bateaux, la possibilité de se baigner. Pas de chance : interdiction de camper ici. On nous indique un hôtel à quelques kilomètres de là. Pas motivées par la perspective de payer une chambre, nous tentons une nouvelle fois notre chance auprès des habitants.

Au milieu de nulle part : une ferme. Nous sommes chaleureusement accueillies par le chien, puis la propriétaire du chien et des lieux. Habituée à recevoir des groupes, elle nous indique un petit bout de pré pentu pour la tente, puis une salle de bain et des toilettes aménagés dans une partie de la grange. Elle nous propose même à manger, mais nous n'osons abuser de son hospitalité.

Quand nous repartons le lendemain, les propriétaires sont absents, nous ne pouvons les remercier et leur dire au-revoir. Nous nous promettons de leur envoyer une carte de Budapest (ouais, on reste optimistes).

 

Cahin-caha, le nombre de vitesses se réduisant de plus en plus sur le vélo "malade", nous continuons de longer le Rhin. Le fleuve offre plusieurs petites plages où se poser, se reposer et se baigner. Nous profitons de l'une d'elle pour une longue pause.

Surprise : ici aussi des gens se laissent tranquillement dériver. Jusqu'où vont-ils ? Comment reviendront-ils ? En tout cas, les voir passer en se laissant simplement flotter et porter par le courant donne envie d'en faire autant. Une autre fois peut-être, nous, il nous faut continuer sur le chemin...

14.07.2013

Septième soir : nous dormons à l'auberge de jeunesse de Schaffhausen. Les magasins de réparation sont fermés les lundis, nous a-t-on dit, mais nous irons quand même à l'office du tourisme demain, histoire de voir s'ils ne peuvent pas nous renseigner. Parce qu'il faut dire ce qui est : c'est la galère ce vélo. 

 

N'empêche, nous achevons notre première semaine de voyage ! 315 kms environ. Alors certes, nous sommes en retard sur notre planning, mais pour des gens qui n'avaient jamais fait de vélo, ça reste un bon début.  

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La route hors du monde - partie 3 - Au bout du chemin

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